Site internet François de Laval 2008 Fête du Bienheureux - 6 mai 2008 - Fêtes de François de Laval
entête  

 6 mai 2008
Réception offerte par le Séminaire de Québec à
l'occassion du 300e de la mort de François de Laval 
  


 

Bienheureux François de Laval
6 mai

Seigneur tu as envoyé le bienheureux évêque François de Laval pour étendre le règne du Christ au Canada ; accorde-nous par son intercession d’accomplir l’œuvre missionnaire que nous devons faire comme chrétiens et chrétiennes.

Extrait de la seconde lettre de saint Paul à Timothée, chapitre 4, verstes 1 à 5.
Je te le demande solennellement au nom de la manifestation et de son Règne : proclame la Parole… avec une grande patience et avec le souci d’instruire… travaille à l’annonce de l’Évangile, accomplis jusqu’au bout ton ministère.

Extrait de l’Évangile de Jean au chapitre10, versets 11 à 16.
Moi, je suis le bon pasteur ; Je connais mes brebis et mes brebis me connaissent… et je donne ma vie pour mes brebis.

Qu’à l’exemple du bienheureux François de Laval
qui consacra toute sa vie à faire connaître l’Évangile
nous puissions nous aussi être des témoins
de bouche et de cœur.

« Voici que le semeur est sorti pour semer » (Marc 13, 3)

FRANÇOIS DE LAVAL

« Celui qu’on avait tant de plaisir de voir vivre et dont la mémoire ne mourra jamais. »
Oraison funèbre, 9 mai 1708

1623 - Naissance
1647 - Ordination presbytérale
1658 - Consécration épiscopale à Saint-Germain-des-Prés à Paris comme Vicaire apostolique au Canada (8 décembre)
1663 - Fondation du Séminaire des Missions Étrangères de Québec (26 mars)
1668 - Fondation du Petit Séminaire de Québec
1674 - Bulle d’Érection du Diocèse de Québec – Évêque de Québec
1680 - Donation de tous ses biens au Séminaire de Québec
1708 - Décès (6 mai)
1980 - Béatification de François de Laval par Jean-Paul II (22 juin)

Nous n’arrêtons pas de répéter sur tous les tons que nous vivons dans un monde qui apporte à tout instant des nouveautés, qui ne cessent de nous émerveiller mais aussi de nous questionner. Peut-il être porteur d’un message qui prend en considération la dignité de l’être humain ? Peut-il lui donner la possibilité de se réaliser à travers ces multiples changements ? Au cours des siècles passés, bien des générations ont porté ce même questionnement devant les changements et les nouveautés auxquels  le monde a dû faire face. Elles n’ont trouvé de réponse qu’en s’aventurant sur des chemins neufs avec l’audace au cœur. François de Laval au XXVIIe siècle, se révèle pour la Nouvelle France un de ces personnages audacieux qui n’aura pas peur de « quitter » pour se laisser inspirer afin d’ensemencer cette terre nouvelle du message évangélique.

L’année 2008 sera l’occasion de célébrer la fondation de la ville de Québec et de ses 400 ans d’existence. Le peuple pourra, grâce à la fête, plonger dans ses racines et vivre la rencontre du passé, du présent et du futur comme gage d’espoir pour ce monde d’aujourd’hui.  En 2008 aussi, le Séminaire de Québec désire célébrer, par une année jubilaire, le 350e anniversaire de l’ordination épiscopale de François de Laval et le 300e anniversaire de sa mort. Une année jubilaire qui veut souligner par différentes activités l’audace de François de Laval, pionnier de la Nouvelle-France, premier évêque du Diocèse de Québec et fondateur du Séminaire de Québec.

François de Laval, un personnage de notre histoire qui nous inspire à prendre aujourd’hui le chemin de l’Évangile en nous rendant disponibles pour : quitter, annoncer, créer  et espérer.

L’AUDACE DE FRANÇOIS DE LAVAL DE « QUITTER ».
« Quitte ton pays, ta parenté, la maison de ton père pour le pays que je te montrerai. » (Gn 12, 1)

Cette invitation qu’un jour Abraham reçoit, demeure l’inspiration fondamentale de l’histoire du peuple de Dieu. Elle revient en écho pour tous ceux et celles que Dieu appelle à remplir une mission. Elle fait partie intégrante de la vocation de François de Laval. « Le pays que je te montrerai » devient le défi principal pour ce jeune évêque de 35 ans. Le 16 avril 1709, il fait ses premiers pas sur ce pays.
« Lève les yeux et, du lieu où tu es, regarde au nord, au sud, à l’est et à l’ouest. Oui tout le pays que tu vois, je te le donne ainsi qu’à ta descendance, pour toujours. » Gn 13, 14

François de Laval prendra pays non pour le posséder mais pour l’enrichir de la semence de l’Évangile afin que les générations futures puissent s’en nourrir.
À pied et en canot, il explore ce grand territoire rempli d’imprévus et plein de nouveautés. Du cœur de François de Laval émergera un seul désir : mettre en valeur la vie pour implanter l’Église de Québec. C’est pourquoi il ne ménage rien de sa vie pour la donner.

Un défi nous est lancé, celui de retrouver l’audace pour découvrir d’abord que cette terre peut être à nouveau ouverte et être ensemencée d’une Parole de vie.  Ainsi,  permettre à cette portion de l’Église universelle qu’est le Québec, de continuer de grandir.

L’AUDACE DE FRANÇOIS DE LAVAL D’ANNONCER
Car si j’annonce l’Évangile, je ne peux pas m’en vanter : je le fais par contrainte, et malheur à moi si je n’annonçais pas l’Évangile. (1Co 9, 16)

La tentation aurait pu être  grande de vouloir imposer à tout prix le christianisme à ces peuples établis en Nouvelle-France et que François de Laval découvre. Ce ne fut pas le cas. Au contraire, avec ses compatriotes il sait trouver les mots pour que le message de l’évangile puisse rejoindre leur cœur, comme aussi ceux des indigènes. Ce qui prime d’abord c’est l’amour.

Annoncer l’Évangile pour François de Laval est une question d’amour. Il aime ce pays, il aime toutes ces personnes qu’il rencontre. Il aime leurs différences. Il aime les possibilités que cette nouvelle terre lui offre pour annoncer le règne de Dieu. Proclamant que ce règne est là au milieu du quotidien, il prend d’abord le temps de bien connaître ce quotidien, de l’aimer au point d’en faire la priorité de sa mission.  Il se met au service de cette humanité-là et y découvre l’ouverture pour « annoncer ».

L’AUDACE DE FRANÇOIS DE LAVAL DE CRÉER
« En vérité, en vérité, je vous le dis : si quelqu’un croit en moi, il fera lui aussi les œuvres que je fais, et comme je retourne vers le Père, il en fera de plus grandes encore. » (Jn 14, 12)

Pendant que François de Laval découvre ce pays neuf, il discerne les possibilités que lui offre ce lieu, ce temps, pour bâtir son diocèse. En partenariat avec les autorités civiles,  les religieuses et religieux missionnaires, il voit à l’implantation de l’Église. Il ne se contentera pas de reproduire mais il veut créer. Devant l’immensité de ce territoire, alors que son presbyterium est dispersé, il se préoccupe de le rassembler. La fondation du Séminaire des Missions Étrangères de Québec (le Séminaire de Québec) devient une de ses grandes œuvres dont nous pouvons bénéficier encore aujourd'hui. Cette fondation se ramifie en différentes œuvres telles: le Grand Séminaire (depuis 1663), le Petit Séminaire (1668-1987), l’Université Laval (1852-1970), La Maison François-de-Laval, centre de vocation (depuis 1977), le Centre d’animation François de Laval depuis 1993, le Service de formation continue (depuis 1994), le Centre d’évangélisation Québec IXTHUS depuis le 6 mai 2004).

L’AUDACE DE FRANÇOIS DE LAVAL D’ESPÉRER.
« Le Christ est le Seigneur, le seul Saint que reconnaîtra votre cœur. Soyez toujours prêts à défendre l’espérance qui est en vous dès que quelqu’un vous demande vos raisons. Mais faites-le toujours avec calme et respect. » (1P 3, 15)

La vie de François de Laval est sous le signe de l’espérance. Le travail est immense, tout est à faire. Mais parce qu’un jour il s’est attaché à la Parole qui l’invitait à tout quitter, il a appris à vivre de cette parole de Dieu à Abraham : « Ne crains pas, je serai avec toi. » Sa spiritualité sera teintée de l’assurance de cette parole, elle est la clé de son espérance. Il pourra ainsi transmettre à travers son ministère non pas le désir de tout réussir mais la joie d’être pasteur : Quand j’étais avec eux je gardais en ton nom ceux que tu m’as donné, j’ai veillé sur eux (Jean 17, 12). François de Laval est ministre de communion. « Je me suis fait tout à tous pour les conduire tous à Jésus Christ. » (1 Co 9, 22). Son zèle le porte à avoir un amour préférentiel pour les plus pauvres, les petits, non pour faire la leçon aux grands, aux riches mais parce que son cœur est en communion avec le cœur du Père, un cœur miséricordieux qui veut le bien de tous. Fort de son espérance, aux uns comme aux autres, il annonce le Salut, cette Bonne Nouvelle au monde.

MOURIR AU SEIN DE MON ÉGLISE
« Quand tu étais plus jeune tu te mettais ta ceinture et tu allais où tu voulais. Mais quand tu seras vieux, tu étendras les bras… » (Jn 21, 18)

François de Laval a consacré 50 ans de sa vie dans la Nouvelle France comme pionnier, évêque et fondateur. Après avoir parcouru cette terre nouvelle de long  en large il s’arrête et comme Abraham « il donne tous ses biens » (Gn 25, 5).  Il ne lui reste plus qu’à étendre les bras pour accueillir avec amour et dans une grande pauvreté ceux et celles qu’il avait guidés comme pasteur. Sa prière monte vers Dieu pour lui demander de bénir ce peuple qui prend son envol sur une terre nouvelle et un ciel nouveau.
Le 6 mai 1708 il remet sa vie  à Dieu afin que nous puissions encore 300 plus tard nous inspirer de son esprit pour continuer avec audace de quitter, d’annoncer, de créer et d’espérer. C’est ainsi que l’Évangile du Christ continue d’être la lumière qui éclaire les pas des hommes et des femmes d’aujourd’hui.

Que l’année jubilaire François de Laval 2008 soit l’occasion de célébrer l’audace de cet homme qui a oeuvré pour que l’Église du Québec reste toujours une Église pour le monde ce de temps : « l’Église a le devoir, à tout moment, de scruter les signes des temps et de les interpréter à la lumière de l’Évangile, de telle sorte qu’elle puisse répondre, d’une manière adaptée à chaque génération, aux questions éternelles des hommes sur le sens de la vie présente et future et sur leurs relations réciproques. » (Gaudium et Spes, 4,1)

« Voici que  le semeur est sorti pour semer. » (Marc 13, 3) Si aujourd’hui nous le célébrons comme Bienheureux (22 juin), nous pouvons aussi affirmer avec fierté que François de Laval est prophète. Déjà de son vivant, il y a au-delà de 300 ans, ses paroles et ses gestes semaient une « espérance » qui n’a cessé de grandir dans la société québécoise en perpétuels changements. À nous de reprendre l’audace pour ouvrir cette terre et continuer de l’ensemencer de l’Évangile.

Jacques Gourde, ptre
 

 
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