Site internet François de Laval 2008 Le bienheureux - Fêtes de François de Laval
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François de Laval, le bienheureux 

Béatification de François de Laval

17 mai 1956
Publication de la Positio, recueil de documents mettant en relief la vie vertueuse et héroïque de François de Laval.

28 février 1960
Le Pape Jean XXIII signe le décret d’héroïcité des vertus.

1960-1979
Les Évêques du Canada font des demandes répétées auprès du  pape pour obtenir la béatification de François de Laval sans examen de miracles.

10 avril 1980
Le cardinal Maurice Roy, archevêque de Québec annonce la béatification prochaine du vénérable François de Laval.

22 juin 1980
Le pape Jean-Paul II a béatifié François de Laval le 22 juin 1980 et il l’a nommé « Père de la Patrie ». Lors de sa visite au Canada en 1984, Jean-Paul II a prié dans l’ancienne chapelle funéraire de François de Laval. « François de Laval rejoignit en 1659 une Église naissante, fruit de l’action courageuse de prêtres, de religieux et de religieuses,  porteurs de l’Évangile en cette terre. Vicaire apostolique, il contribua, sans épargner sa peine, à rassembler les premiers habitants convertis avec les colons chrétiens dans l’unité de ce qui serait bientôt un diocèse, tout en participant personnellement à l’action missionnaire et en prenant sa part dans les épreuves des pionniers. Il avait connu en France la vitalité d’une chrétienté en train de se renouveler sous l’impulsion de nombreux fondateurs et de spirituels remarquables dont il partageait le sens de Dieu et la charité » (PP 17). François de Laval a vécu au moment d’un renouvellement de l’Église, sous l’impulsion de nombreux fondateurs contemporains. À titre d’exemple, François de Laval a écrit un témoignage pour la cause de béatification de Vincent de Paul le 8 novembre 1702.

François de Laval

François de Laval a connu une période de l’histoire de l’Église ayant des points communs avec la nôtre. Il naît après l’importante réforme du concile de Trente. Encore jeune prêtre, il évolue au sein de l’Église de France en pleine épopée missionnaire. Depuis un siècle, l’Église de France s’applique à mettre en oeuvre les grandes orientations du concile de Trente. Toute cette effervescence spirituelle et religieuse engendre un dynamisme nouveau au sein de l’Église du XVIIe siècle. François de Laval s’inspire de la réforme conciliaire et des efforts de renouveau jaillis de grands courants mystiques et missionnaire de son temps, à la fois pour sa vie spirituelle et pour son ministère pastoral.

Extrait de :
Prier 15 jours avec François de Laval
Doris Lamontagne
© Nouvelle Cité 2007
Domaine d’Arny - 91680 Bruyères-le-Châtel


François de Laval
Un témoin majeur dans l’histoire de notre Église
et de notre Pays
par Marc Bouchard, prêtre

 

Deux faits au sujet de François de Laval 
Le premier, qui peut nous étonner : il a été déclaré bienheureux sans qu’on ait eu à apporter la preuve d’un miracle. Après qu’il ait été assuré de sa vie, le pape Jean-Paul II a voulu considérer le fait qu’il ait fondé une Église dans des circonstances difficiles comme un signe évident que l’Esprit du Seigneur a vraiment marqué toute sa vie et tout son ministère pastoral.

L’autre fait, c’est que François de Laval n’a pas laissé d’écrits importants dans le sens où pourrait dire qu’ils révèlent chez lui un maître en spiritualité ; il n’a pas écrit sur l’expérience spirituelle, il n’a pas laissé de documents autobiographiques dans lesquels il raconterait l’action de la grâce dans sa démarche spirituelle. Je voudrais faire porter la réflexion que je vous propose sur ce deuxième fait. 

 

La correspondance de François de Laval
Les écrits de François de Laval que nous connaissons ne sont pas des textes traitant vraiment de la vie spirituelle. Nous disposons surtout de sa correspondance, celle qui a été conservée. Ce dont ces lettres traitent est souvent en lien avec la fonction, le ministère qui lui avaient été confiés, et aussi avec les responsabilités qu’il devait en conséquence assumer. Nous avons aussi des lettres à l’adresse de ses prêtres, d’autres écrites à des amis.   

C’est intéressant parce que cela le rend, d’une certaine manière, plus proche de nous. Il a vraiment été entièrement pris par son travail pastoral, par ses très nombreux déplacements à travers son vaste diocèse, par le rôle qu’il avait à jouer dans la naissance d’une Église et d’un pays, par le désir qu’il avait de convertir les Indiens, par les liens qu’il devait entretenir avec la France. Toute sa vie, il a été un pasteur, et donc un animateur, un organisateur, un bâtisseur, dans tous les sens de ce mot.  

La source principale de sa spiritualité
Ce qu’on retrouve surtout dans ses écrits, c’est la conscience qu’il avait de la présence de Dieu toujours agissant dans sa vie et son ministère, et aussi dans la vie de cette Église dont il était le pasteur, dans ce pays qu’il voulait rendre chrétien. Là était la source principale de sa vie spirituelle, une vie qu’il nourrissait, en toute simplicité, dans la prière, la célébration des sacrements et, comme le dit saint Paul dans sa deuxième lettre à Thimothée (4,2) « La Parole de Dieu qu’il proclamait à temps et à contretemps, dénonçant le mal, encourageant, avec une grande patience et avec le souci d’instruire »  

Joseph de la Colombière, un prêtre du Séminaire, écrivait à son sujet : « Comme il avait puisé dans le Cœur de Jésus Christ les flammes dont le sien était embrasé, et qu’il avait travaillé longtemps à amortir le feu de son tempérament, on voyait dans les saillies les plus impétueuses de son zèle un mélange de force et de douceur, de hardiesse et de prudence, de sévérité et de compassion, de fermeté et de facilité, et une latitude de cœur qui lui faisait embrasser toutes les occasions de faire le bien » 

Sa recherche spirituelle
Ce qu’on sait aussi de lui, c’est qu’au centre de sa recherche spirituelle, et c’est très présent dans sa correspondance, il y avait  le Christ, le Ressuscité, le Vivant. Très occupé par une vie pleine d’activités, il lui fallait se lever très tôt s’il voulait pouvoir donner du temps à la prière, ce qu’il a fait toute sa vie. Il voulait que sa vie tellement bousculée ne lui fasse jamais quitter le Seigneur et qu’avec lui il soit toujours en marche vers la Jérusalem céleste. Ce sont des expressions qu’on retrouve dans ses lettres.   

Il écrivait à ses prêtres, et je pense qu’il nous dit à nous ce soir : « Il faut tâcher d’éviter deux extrémités  en ce qui concerne la conversion des âmes : trop espérer ou trop désespérer. (…) À la vue des grandes difficultés dans l’entreprise de la conversion des gens, qu’on se souvienne que la semence de la Parole de Dieu porte son fruit dans la patience »  

Ses valeurs
Il revenait souvent sur l’amour et la patience, dont il disait que c’étaient, que ce sont les deux grandes qualités du missionnaire. Si on donne à ce mot missionnaire un sens très large, cette exhortation de François de Laval est tout à fait d’actualité. Dans le contexte où nous vivons notre foi aujourd’hui, n’avons-nous pas besoin de nous faire inviter à l’amour et à un amour plein de patience. Il faut souvent nous rappeler que notre Dieu est un Dieu d’amour et de patience.

 L’expression : « grandes difficultés » ! Disciples du Seigneur, à l’appel et à l’exemple de François de Laval, nous avons à ne jamais nous laisser troubler et à témoigner nous aussi, comme il le disait, « de cette espérance qui va plus loin que ce que l’on espère » 

Le semeur, dans la parabole du Seigneur, est appelé à s’en remettre à Dieu pour la croissance et à attendre l’heure où elle portera des fruits.
 François de Laval écrivait encore : « Tout ce que la main de Dieu fait nous sert admirablement, quoique nous n’en voyions pas sitôt les effets. Il y a bien des années que la Providence conduit cette Église, et nous par conséquent, par des voies fort pénibles et crucifiantes tant pour le spirituel que pour le temporel ». 

La prière de François de Laval
François de Laval a laissé une seule prière, la seule qu’on ait et qui ait été écrite par lui. Cette prière a toujours été reprise le 8 décembre de chaque année par les prêtres du Séminaire.

Je cite quelques passages de cette prière : « Adorable Jésus, Sauveur du monde, poussés dans le désir de nous voir dans la fidèle correspondance que vous désirez de vos serviteurs, nous voici prosternés à vos pieds, où nous vous promettons, comme aussi à la Très Sainte Vierge votre Mère, le plus de tout pour obtenir de votre bonté et miséricorde par son intercession et par ses mérites la conversion de ce pays. Recevez donc, ô sacrée Reine des anges et des hommes, sous votre sainte protection ce peuple que nous vous présentons ». 

Remarquons que cette prière à la Vierge Marie s’adresse d’abord au Seigneur et que ce qui est demandé à Marie, c’est de conduire le peuple, notre peuple à son Fil«. François de Laval n’était pas un grand théologien,  mais son enseignement était toujours très juste. Si on ne se laisse pas déranger par le langage et le style de l’époque, on peut sans crainte reprendre aujourd’hui ce qu’il disait et écrivait.    

 

 Il est bon aussi de savoir qu’il avait une grande dévotion à quelques saints plus particuliers : la Sainte Famille et les Anges Gardiens ; François de Sales, Louis IX, roi de France, François-Xavier. Des saints qu’il a donnés comme patrons aux communautés paroissiales qu’il a fondées.  À sa cathédrale, il a d’abord donné le nom de Notre-Dame de la Paix puis celui de l’Immaculée-Conception, deux siècles avant la proclamation de ce dogme. 

 

La simplicité de sa vie spirituelle
Une caractéristique du  bienheureux François de Laval : la simplicité de sa quête spirituelle, de son expérience spirituelle. Cela nous dit que la recherche est possible à tous les disciples du Seigneur. Le témoignage de sa vie nous rappelle que la grâce de Dieu peut agir, agit, germe et produit des fruits dans ce terreau qu'est toute vie humaine vécue dans l'ordinaire du quotidien.



Icône du Bienheureux François de Laval

Icône du Bienheureux François de LavalÉcrire en couleurs le portrait spirituel de François de Laval, c’est témoigner de ce qui l’a rendu « lumière dans le Seigneur ». Cette planche presque entièrement recouverte de feuille d’or reflète la splendeur du lieu où habite désormais le serviteur de Dieu. Le langage iconique comporte des symboles qui traduisent les circonstances culturelles et historiques de la vie de François de Laval et, à travers celles-ci, un message théologique. L`ensemble de la présentation s’inscrit dans la tradition bysantine, mais avec une adaptation d’impression française, ainsi, la décoration de la chape est garnie de pointes de diamants.

Revêtu d’une chape, habit de célébrant, l’évêque participe ainsi à la liturgie céleste. Sa calotte rouge traditionnelle rappelle non seulement son rang de service mais aussi qu’il fut martyr dans son cœur.  Les plis du vêtement n’ont rien de réalistes, mais traduisent une certaine élévation. François de Laval a éveillé les êtres autour de lui,  les a aimés et amenés à une vie meilleure.  C’était le Pasteur : cette attitude toute recueillie dans la proximité de Dieu, rempli de l’Esprit de Dieu, il la communique avec zèle : « Il faut mettre toute sa force et sa confiance en Dieu ».

À gauche du tableau, la sainte Famille représente l’événement où Jésus est retrouvé au temple par ses parents, Marie et Joseph, modèle de notre vie quotidienne. À droite, sont tracés en filigranes les édifices de la Basilique et du Séminaire de Québec. Ils symbolisent les projets que portait François de Laval, l’évêque missionnaire.


Le visage du Bienheureux s’écrit en des accents d’un homme de Dieu, rempli de sagesse, par des cheveux et la moustache aux mèches blanches. Le nez effilé, la bouche mince, les rides de lumière, les contours du visage sans ombre soulignent les traits de l’homme transfiguré irradiant la douce et paisible communion à Dieu.  « Seigneur, tu dévoiles ton visage en ton saint serviteur ; quand vers lui, j’ai crié, il a écouté ». (ps 22).

Marthe Bélanger, rjm
et Céline Boucher
Pastorale-Québec avril 2001 

 
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