QUEBECOIS MOYEN...ET DIEU
Le journaliste Jean-Simon Gagné commentant ces statistiques note que le Québec moyen a beaucoup changé depuis 1973. Les femmes représentent 50,4 % de la population. En 1973, le Québécois moyen avait 31 ans, en 1996, il en avait 37 et en 2006 il a 39 ans.

ET DIEU DANS TOUT ÇÀ?

Si on continue de lire le dossier du "Soleil", il ressort que sur le plan religieux, le Québécois moyen ne fréquente plus guère les lieux de culte, mais plus de 80% continuent à croire en Dieu. Trois petits québécois sur quatre reçoivent encore le sacrement de baptême. Contrairement à ce qu'on peut croire, la présence de la religion et du spirituel est tenace et l'éloignement de la pratique ne veut pas dire que la dimension religieuse et spirituelle est escamotée dans la vie du Québécois moyen.

Le déclin de la pratique religieuse s'accompagne d'un divorce de plus en plus grand avec les enseignements de l'Église. La moitié des québécois font favorables à la contraception (90%), à l'avortement (70%), au mariage gai (63%).

AUTRES CONSTATATIONS

En 2005, au Québec, le nombre des mariages a augmenté pour la première fois depuis 1987. Et le nombre de divorces ne cesse de baisser depuis 15 ans.

À la fin des année 60, le Québécois moyen avait à peine complété sa sixième année. Aujourd'hui plus des deux tiers des québécois (68%) possèdent un diplôme d'études secondaires. Plus d'un million sur environ 7 millions d'habitants détiennent un diplôme universitaire.

Le Québécois moyen utilise régulièrement le courrier électronique (60,5%), considère l'environnement comme une priorité incontournable (85%) et prendra sa retraite à 60,6 ans (en théorie).

Source: le Québec chiffres en main 2006, Institut de la Statistique du Québec, Statistique Canada et différents sondages en 2004, 2005 et 2006


Notes tirées du journal "Le Soleil" du 9 septembre 2006
Rédigé par Webmestre le Lundi 18 Septembre 2006
ASSISE 2006...POUR LA PAIX
En octobre 1986, le pape Jean-Paul II convoqua à Assise la Journée mondiale de Prière pour la paix, un événement historique sans précédent qui a vu à côté du souverain pontife, les représentants des grandes religions mondiales réunis, du Dalaï Lama à l’archevêque de Canterbury.

Commençait alors un parcours qui fête aujourd’hui ses 20 ans, que la Communauté de Sant’Egidio a suivi de manière particulière en organisant les Rencontres Hommes et Religions. Ces rencontres ont traversé, année après année, les principales villes italiennes et les capitales européennes ; en constituant une occasion extraordinaire de dialogue et de dépassement des oppositions culturelles et religieuses.

Pour un monde paix. Religions et cultures en dialogue sera le thème de la rencontre internationale et de la journée de prière pour la paix organisées les 4 et 5 septembre 2006 par la Communauté de Sant’Egidio, à Assise, en collaboration avec la Conférence épiscopale d’Ombrie.

A une époque marquée par le terrorisme et la guerre, comme par les efforts de dialogue et de réconciliation, les religions ont un rôle important dans l’espace public alors qu’elles sont toujours plus confrontées au défi de l’instrumentalisation extrémiste.

Parmi d’autres, seront notamment présents le Grand Rabbin Cohen de Haïfa, les rabbins Toaf et De Segni de Rome, Ibrahim Ezzedine, conseiller de la Présidence aux Emirats arabes unis, le secrétaire de la Fédération luthérienne mondiale, Noko, le président de la Conférence des Eglises Européennes, Jean-Arnold de Clermont, les cardinaux Paul Poupard et Stanislas Dziwisz et des représentants de toutes les confessions chrétiennes d’Orient et d’Occident, avec une forte présence de régions de « frontières » comme Israël et le Moyen Orient, le Pakistan, l’Extrême Prient et la Méditerranée.

Pour plus de détails Cliquez ici

Tiré de Cathobel
Agence d'information religieuse



Voici des extraits du texte du Message de Benoît XVI pour le 20e anniversaire des Rencontres d'Assise

Agence Fides
06/09/2006

Le Pape Benoît XVI rappelle les nombreuses initiatives jaillies de la Rencontre de 1986, qui « chacune avec sa spécificité, mettent en évidence la valeur de l’intuition de Jean-Paul II, et en montrent l’actualité à la lumière des événements arrivés ces vingt dernières années et de la situation présente de l’humanité ». En outre le Message souligne que pour construire la paix « les voies d’ordre culturelles, politique, et économiques sont certes importantes. Mais en premier lieu la paix se construit dans les cœurs. C’est là en effet que se développent des sentiments qui peuvent l’alimenter, ou au contraire la menacer, l’affaiblir, l’étouffer. Le cœur de l’homme, d’autre part, est le lieu des interventions de Dieu. Par conséquent, à côté de la dimension « horizontale » des rapports avec les autres hommes, d’une importance fondamentale, se révèle, dans ce domaine, la dimension « verticale » du rapport de chacun avec Dieu, dans lequel chaque chose a son fondement ».

Dans sa conclusion, le Saint-Père Benoît XVI rappelle le choix de la Cité d’Assise, « universellement connue pour la figure de Saint François » et souligne : « Le témoignage qu’il rendit à son époque en fait un point de repère naturel pour tous ceux qui encore aujourd’hui cultivent l’idéal de la paix, du respect de la nature, du dialogue entre les personnes, entre les religions et les cultures. Il est cependant important de rappeler, si l’on ne veut pas trahir son message, que ce fut le choix radical du Christ de lui fournir la clé de la compréhension de la fraternité à laquelle tous les hommes sont appelés, et à laquelle les créatures inanimées - depuis « frère soleil » à « sœur lune » - participent aussi d’une certaine manière. J’aime par conséquent rappeler que, en coïncidence avec le vingtième anniversaire de l’initiative de prière pour la paix de Jean-Paul II, a lieu aussi le huitième centenaire de la conversion de Saint François. Les deux commémorations s’éclairent réciproquement. C’est dans les paroles qui lui sont adressées par le Crucifix de Saint Damien - « Va, François, répare ma maison… », dans son choix de pauvreté radicale, dans le baiser au lépreux dans lequel s’exprime sa nouvelle aptitude à voir et à aimer le Christ dans ses frères souffrants, que commençait cette aventure humaine et chrétienne qui continue à fasciner de nombreux hommes de notre temps et fait de cette Cité le but d’innombrables pèlerinages ».

Rédigé par Cathobel le Vendredi 8 Septembre 2006
DIX NOUVEAUX SÉMINARISTES
La communauté du Grand Séminaire de Québec comptera donc au total 31 séminaristes dont 10 sont actuellement en stage dans leur diocèse respectif. Les activités reprendront du côté du Grand Séminaire dans les prochaines semaines alors que les 21 séminaristes résidents viendront progressivement s’installer. Au terme de la journée du 28 août, tous seront rendus pour débuter l’année de formation.


J’ai le bonheur aussi de vous informer que Monsieur le Cardinal Ouellet, archevêque de Québec, a renouvelé pour 3 ans les mandats de mesdames Céline Lamonde et Charlotte Plante ainsi que celui de l’abbé Gilles Nadeau comme membres de l'Équipe de formation. Nous y reconnaissons la satisfaction et la confiance du Cardinal Ouellet à l’égard de l’équipe de formation que nous constituons.

Nombreuses sont les ordinations en cette année 2006 alors que ce n’est pas moins de 6 candidats qui auront été ordonnés prêtres depuis janvier : Julio Duran pour Trois-Rivières, Norman jr Poisson-Rioux pour Sherbrooke, Martin Pelletier pour Ste-Anne-de-la-Pocatière, Tony Deblois pour Gaspé, Miché Paré pour Québec, le 27 août prochain, et Jean-Paul Lacroix également pour Québec, le 17 septembre prochain. Il faut remonter à l’année 1991 pour constater un tel nombre d’ordinations de candidats ayant fait leur formation à Québec. La prochaine année sera sans aucun doute plus modeste à ce niveau puisque seulement 2 séminaristes sont en 4e étape.

En terminant, monsieur Pierre Robitaille, diacre séminariste, quittera la maison le 31 août prochain pour vivre un stage diaconal à la paroisse Notre-Dame de l’Annonciation de l’Ancienne-Lorette. Pierre poursuivra à temps partiel la rédaction de sa thèse de doctorat.


Mario Côté, ptre Supérieur du Grand Séminaire de Québec

24 août 2006

Rédigé par Mario Côté le Vendredi 25 Août 2006
MOT DU SUPERIEUR GENERAL
La communauté des prêtres du Séminaire de Québec annoncera officiellement le 25 septembre 2006 qu’en 2008, dans le cadre du 400e anniversaire de la fondation de Québec, une ANNÉE JUBILAIRE sera consacrée au Bienheureux François de Laval commémorant les 350 ans de son ordination comme évêque et vicaire apostolique de la Nouvelle-France et les 300 ans de son décès. Nous vous tiendrons au courant des développements de ce projet au cours de l’année.

Merci de votre visite.

Hermann Giguère, ptre
Rédigé par Hermann Giguère le Vendredi 25 Août 2006

Actualité

LE PADRE DES CADETS
En début de semaine, il terminait un stage en tant qu'intervenant en pastorale au camp musical des cadets de Saint-Gabriel-de-Valcartier. Les campeurs l'appellent affectueusement « le Padre ». Un surnom qu'il aime bien, puisqu'il a choisi de devenir prêtre.

Cet ancien mécanicien automobile vient de compléter sa première année d'études au Grand Séminaire de Québec. Une fois ordonné, Jean-Philippe s'occupera du diocèse de Baie-Comeau, dans son patelin.

Il ne sait toutefois pas ce qu'il l'attend, avec les églises qui ne sont plus remplies comme avant. Il assiste, note-t-il, à la transformation de l'Église, et s'aventure en terrain inconnu. « Les choses changent beaucoup, l'évêque ne sait même pas comment on va me payer plus tard ». À propos de sa vie future, il se dit toutefois inconfortable avec l'idée de vivre dans un presbytère.

Questions incontournables

Les sujets controversés touchant l'Église, Jean-Philippe les aborde prudemment. « Je m'étais préparé pour ça », dit-il en souriant aux différentes questions. Il dit partager la vision de l'Église au sujet du mariage gai. « Ce n'est pas dans la manière de penser de la vie conjugale : la procréation et la survie de l'espèce. » Le mariage des prêtres ? Il croit que le célibat va de pair avec le sacerdoce : « Il y a des hommes mariés dans l'Église, comme les diacres (clercs qui ont reçu l'ordre immédiatement inférieur à la prêtrise). Personne ne m'impose ça. »

Bien entendu, opter pour le célibat a été difficile. Or, le Grand Séminaire offre des cours du type « comment bien vivre son célibat » et des cours de sexualité, nécessaires selon le futur prêtre. Il souhaite d'ailleurs compléter sa maîtrise en sciences humaines, sur le sujet, afin d'être le mieux outillé possible.

Et qu'advient-il du stéréotype de vie religieuse rangée ? Cigarette au bec, Jean-Philippe clarifie les faits : les séminaristes ont le droit de boire de l'alcool et de fumer. Le jeune homme est aussi un grand adepte de plein air et fait du sport dès qu'il peut. « On est dans le trafic ! », assure-t-il.

Paru dans le journal "Le Solei" du 16 août 2006 dans la rubrique VIVRE ICI
Laurie Richard

Rédigé par Laurie Richard le Jeudi 17 Août 2006
Lancement album ÉMERGENCES
C'est avec enthousiasme et fierté que l'équipe du Centre Québec Ixthus du Séminaire de Québec consacré à la nouvelle évangélisation auprès des jeunes adultes vous convie au lancement officiel d'un album unique en son genre : Émergences, le lundi 13 mars prochain, de 18 h à 20 h, au Centre d'art La Chapelle dans le quartier Vanier à Québec.

Lorsque 26 jeunes artistes joignent leurs talents et idéaux pour créer un album alliant engagement social et spiritualité, le résultat est saisissant…

Nous vous présentons le produit de quinze mois de gestation fébrile : une compilation composée de douze pièces de styles très divers – pop, folk-rock, progressif- à l'image des goûts et valeurs des artistes qui l'ont modelée.

Émergences est un projet audacieux… Permettre à de jeunes auteurs, compositeurs et interprètes de vivre une première expérience d'enregistrement professionnel, dans un esprit de coopération, de complicité et d'engagement, qui se démarque des productions habituelles.

Justice sociale, sens, cohérence, amour, humanisme, paix, foi intégrée… « Par la musique, toucher des âmes, des cœurs, des consciences, pour que le monde change un peu », confie Marylène Hains, auteure-compositrice-interprète, et professeure de philosophie. Pour sa part, l'auteur-compositeur-interprète Rami Renno, dont les origines sont musulmanes, lance un message radical de fraternité et d'accueil, en se joignant à ce projet porté par la foi chrétienne catholique.

Le lundi 13 mars prochain, venez assister au lancement d'Émergences, durant lequel vous aurez la chance de rencontrer les artisans de l'album, et d'assister à une présentation spéciale : cinq pièces de l'album version spectacle, en grande première !

Quand : Le lundi 13 mars 2006
Heure : 18 h à 20 h
· 18 h : Accueil, rencontre des artistes
· 18 h 30 : Spectacle : Cinq pièces de l'album en grande première !
· 19 h : Temps disponible pour entrevues et rencontre des artistes
Lieu : Centre d'art La Chapelle, 620, av. Plante, Vanier (Québec)

Au plaisir de s'y retrouver !

Valérie Roberge-Dion
Centre Québec Ixthus du Séminaire de Québec


www.quebecixthus.com


Tiré de SME-Infonet http://www.webzinemaker.com/sme/, webzine publié par la Société des prêtres du Séminaire de Québec.


Rédigé par Valérie Roberge-Dion le Mercredi 1 Mars 2006
ENCORE UNE FOIS....
Encore une fois, les projets et les souhaits fusent de partout. Les jours qui passent sont remplis d'imprévus et de nouveautés. Restons éveillés et attentifs aux beautés de la vie qui se déploie de si multiples façons.

Le webzine du Séminaire de Québec (SME) met à la dispostion d'un large public et du cercle de nos amis et amies un lieu de rencontre et de partage en même temps qu'un contact constant entre nous.

Vous avez à côté de ce texte une reproduction de l'affiche du Musée de la Civilisation à Québec qui présente une exposition permanente sur l'Oeuvre du Séminaire au cours de l'histoire.

Site internet consacré à celle-ci: http://www.mcq.org/seminaire/


Bonne lecture et au plaisir de vous revoir.


Hermann Giguère
Supérieur général du Séminaire de Québec

le 5 janvier 2006

Rédigé par Hermann Giguère le Jeudi 5 Janvier 2006

Réflexions

MARY, UN GRAND FILM
Magali Van Reeth, diocèse de Lyon
[03/01/2006]
Dans le monde d’aujourd’hui, symbolisé à l’écran par une grand ville américaine, à la fois fascinante dans ses lumières du soir et repoussante dans ses boyaux, Abel Ferrara met en scène plusieurs aspects de la religion et des grandes religions monothéistes à la travers la figure du Christ, qu’elles ont en commun.

Il y a tout d’abord Mary, une actrice célèbre qui, après avoir interprétée une Marie-Madeleine à l’écran, quitte sa vie et ses certitudes pour aller à Jérusalem chercher un sens à sa vie, sur les traces du Christ et dans les violences de la société israélienne. Il y a un présentateur télé d’une émission religieuse très populaire, qui n’est pas croyant. Un réalisateur de cinéma, cherchant la polémique et la confrontation en présentant un Jésus qui heurte certaines communautés religieuses mais qui fait parler de lui. Et des religieux fanatiques de tous bords qui utilisent le moindre prétexte pour engendrer la violence, sous couvert d’exigence de la vérité.

Film foisonnant par toutes les pistes et les questions qu’il soulève, Mary n’est jamais un film racoleur. Quand il dénonce les comportements violents, il ne laisse jamais au spectateur la possibilité de tomber dans le voyeurisme. Tout est suggéré, rien n’est imposé. De même, les images qui suscitent l’émotion ne sont pas manipulatrices. L’émotion qui survient alors ne nous anéantit pas. Elle nous touche mais elle nous laisse libre face à l’image et au propos du réalisateur. Ainsi, on peut cheminer tout au long du film, avec les différents personnages et, à travers leurs doutes, affronter nos propres interrogations.

Les deux personnages principaux sont interprétés par Juliette Binoche, pleine de grâce, serrait-on tenté de dire tellement elle irradie chacune des images où elle apparait. Et par Forest Whitaker qui exprime la colère et le repentir avec une justesse qui fait frissonner ! Ces deux personnages, l’une blanche et lumineuse, l’autre noir et sombre, n’étant que les deux mêmes faces d’une seule humanité à la recherche de son Père ou, pour ceux qui n’y croient pas, à la recherche du sens de la vie, dans un monde contemporain qui se laisse trop souvent berner par des images éphémères.

A la Mostra de Venise, ce film a obtenu le prix Signis.


Source : Diocèse de Lyon et InXL6, le portail jeune de l'Église de France

Un film de Abel Ferrara, France/Italie/Etats-Unis, 2005, 1h25. Sélection officielle au Festival du film américain de Deauville. Lion d’argent et prix Signis à la 62ème Mostra de Venise, avec Juliette Binoche, Forest Whitaker, Heather Graham, Marion Cotillard.

Tiré de SME-Infonet http://www.webzinemaker.com/sme/, webzine publié par la Société des prêtres du Séminaire de Québec.

Rédigé par Magali Van Reeth le Jeudi 5 Janvier 2006
QUESTIONS EXISTENTIELLES
Extraits des fiches sur le film québécois: LA NEUVAINE

Solitude et questions existentielles

Ce film parle notre langue, se déroule dans des paysages qui nous sont familiers et il nous replonge dans  notre univers culturel québécois.  Comme l’écrit Martin Bilodeau : »Ce troisième long métrage de fiction de Bernard Émond met en question la solitude spirituelle des Québécois après la révolution tranquille.  Comment répondre désormais, dans le monde sans Dieu, aux questions existentielles ? » (Martin Bilodeau, Le Devoir, 26 août 2005.)

« De fait, le film d’Émond coule comme le fleuve sur la berge duquel son action se déroule.  Pour Jeanne, ce fleuve est un abîme.  Pour François, il est une pulsation.  Pour la cathédrale, que ce catholique athée filme avec un immense respect, il est un miroir.  Enfin, pour les spectateurs, il est le fil qui rattache les vies inventées par Bernard Émond à celles, pareilles ou différentes, de ses contemporains. »(Martin Bilodeau dans l'article cité du Devoir).

Traversée initiatique qui nous révèle à nous même ?

La revue cinématographique « 24 images » parle ainsi de la réalisation de Bernard Emond : «La neuvaine est une traversée initiatique par laquelle le réalisateur nous redit le chemin terrible qu’il faut toujours parcourir pour parvenir jusqu’à soi,  nous redit la nécessité que nous avons tous de passer par l’ailleurs pour parvenir chez soi, dans ce qui nous est propre. »(Stéphane Lépine 24 images, no 123, septembre 2005, 58).

« Nous, c’est Jeanne, cette part de nous qui a perdu toutes ses illusions et qui ne croit plus en qui que ce soit  (homme ou Dieu) ou en quoi que ce soit (science ou religion). »

« Nous, c’est François,  cette part de nous contrainte à vivre le deuil d’êtres chers et sujette à la perte, à l’abandon et à la solitude. »

« Nous, cent fois hélas ! c’est le mari violent, cette part de nous qui ne sait pas comment faire face aux frustrations et comment résoudre les conflits autrement qu’en s’imposant aux autres et en détruisant tout ce qui résiste à son emprise. »(Marcel Gaumond, Magazine Le Clap, n o 126, 9 septembre/27 octobre 2005.)


Une oeuvre aérienne

« Le film de Bernard Émond s’adresse tant au cœur qu’à l’intelligence. C’est une œuvre riche, honnête et aérienne, spirituelle au sens premier du terme, une œuvre qui ne prend pas le spectateur en otage et qui lui offre au contraire un espace de liberté suffisant pour lui permettre de respirer, de comprendre et d’interpréter. Nous nous trouvons manifestement à des années-lumière du divertissement qui prend le spectateur d’assaut et lui donne tout cuit dans le bec.

Elise Guilbault et Partick Drolet parviennent à s’investir profondément dans leur personnage respectif. Chacun d’eux porte une charge symbolique différente, complexe, lourde de signification. A travers eux, deux visions du Québec et, par extension, du monde, s’opposent.

La photographie signée Jean-Claude Labrecque met en valeur le cadre naturel de la côte de Beaupré et celui de Charlevoix, sans trop s’appuyer, en intégrant les éléments du décor et la lumière d’automne aux impératifs du récit.

La bande sonore du film, une musique pour cordes de Robert M. Lepage, toute en suspensions, suggère à peine et questionne beaucoup. Elle agit à la manière d’une bouteille jetée à la mer. Par moments, elle fait aussi penser à une sonde fragile lancée dans l’immensité du cosmos. Assurément, elle laisse aux spectateurs la possibilité de lire l’ouvrage. Jamais elle ne l’interprète à sa place.

Considérant le dépouillement de l’œuvre et la mesure qui caractérise l’ensemble de la démarche réalisée par Bernard Émond, il est clair que La Neuvaine, à l’instar de celle que les croyants continuent à pratiquer de nos jours, reste avant tout une affaire de courage, de foi, de conviction et de ferveur.» (Richard Boisvert « Avec la ferveur d’un convaincu », Le Soleil, 27 août 2005, G3.)



Pourquoi des films de cette trempe sont-ils nécessaires aujourd’hui ?



Céline Lamonde

Tiré de SME-Infonet http://www.webzinemaker.com/sme/, webzine publié par la Société des prêtres du Séminaire de Québec.
Rédigé par Céline Lamonde le Jeudi 10 Novembre 2005

Réflexions

ACTS OF GOD (???)
Les sciences de la terre peuvent de plus en plus comprendre le fonctionnement des plaques tectoniques qui bougent et font trembler, l'interaction des courants marins et aériens chauds ou froids, etc. Mais nous demeurons encore impuissants à les contrôler. Devant la fatalité, nous disons encore : Acts of God. Dieu serait-il la grande force qui manoeuvre tout cela indépendamment de notre présence et de ses conséquences pour nous? Qu'est-ce que l'oeuvre de Dieu?

Devant certaines catastrophes, il ne faut pas tant chercher l'origine que l'appel qui nous est fait. Des personnes massacrées par les soldats, une tour en construction qui s'effondre en tuant les travailleurs (cf. Lc 13, 1-5), et Jésus répond : « Convertissez-vous, sinon vous périrez tous de même! ». Et Jésus dit bien que ces victimes n'étaient pas plus coupables que les autres. L'événement n'est donc pas une punition de Dieu envers de grands pécheurs, mais il nous appelle à une conversion. Laquelle?

Une première conversion serait sans doute d'accepter la fragilité de la vie. Nous sommes des êtres fragiles qui habitent une terre qui bouge, change, évolue constamment. Tsunamis, ouragans, séismes existaient bien avant l'apparition de l'homme et continueront d'exister bien après sa disparition sur la planète terre. Nous-mêmes, nous sommes en perpétuel évolution : de l'ovule fécondée au vieillard qui s'éteint doucement, notre corps ne cesse de changer, se transformer. Notre pensée aussi. Où cela mène-t-il? Quel est le sens de la vie? Dans ce passage fragile et éphémère, ne serait-ce pas l'oeuvre de Dieu de nous appeler à lui, de nous dire son désir que nous partagions sa vie? Les employés de la tour de Siloé sont morts aveugles sur leur vraie grandeur aux yeux de Dieu. Convertissez-vous, sinon vous mourrez sans savoir de quel amour vous êtes l'objet.

Une deuxième conversion serait dans la ligne de la justice. On remarque que les catastrophes touchent les populations les plus pauvres. Les plus riches s'installent sur des terres plus « sécuritaires » dans des édifices capables de mieux résister. Il reste aux plus pauvres les secteurs plus vulnérables, dans des habitations qui ne répondent pas aux normes de sécurité. L'oeuvre de Dieu ne serait-elle pas d'inciter les hommes à plus de justice? Connaissant de mieux en mieux les endroits susceptibles de mal subir les effets d'une catastrophe naturelle, ne faudrait-il pas prévenir quant aux lieux à bâtir et à bâtir mieux sans pénaliser les plus pauvres? L'oeuvre de Dieu ne peut se faire sans notre prise de conscience et notre décision d'agir ou d'amener nos gouvernements à agir. Nous ne serons jamais les maîtres des forces de la nature, mais en les comprenant mieux, nous pourrions prévenir tant de souffrances. En nous appelant à la conversion, Jésus nous renvoyait aussi à nos responsabilités. Exploitons-nous la terre au profit de quelques uns, ou la « soumettons-nous (selon le mot de Gen 1, 28) » pour le bien de tous?

Bonne réflexion à tous et toutes!

Bernard St-Hilaire
St-Damien de Buckland (Québec)
Rédigé par Bernard St-Hilaire le Samedi 22 Octobre 2005
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