A VOIR: L'OEUVRE DU SÉMINAIRE
Fondé en 1663, le Séminaire de Québec a tenu un rôle de premier plan dans l’évolution de la société québécoise, notamment en jetant les bases du système d’éducation du Québec et en créant la première université francophone en Amérique du Nord en 1852. Lieu d’enseignement mais aussi lieu de vie, découvrez toute la richesse de ce patrimoine sur une période de plus de 340 ans.

Si vous vous promenez dans le Vieux-Port de Québec et que vous levez les yeux vers la haute ville, inévitablement vous voyez l’une des admirables lanternes du Séminaire de Québec qui, malgré ses 342 ans, n’a rien perdu de sa prestance d’origine. On connaît sa mission religieuse et sa vocation éducative, mais mesure-t-on vraiment l’ampleur de son rôle économique et social dans le développement de la société québécoise? Situé sur le site même du Séminaire, le Musée de l’Amérique française rend hommage à cette institution phare en présentant, dès le 4 mai, l’exposition permanente L’Œuvre du Séminaire de Québec.

« Il y a dix ans, le jeune Musée de la civilisation intégrait le plus ancien musée d’histoire au Canada. Une telle intégration enrichissait notre collection nationale et nous héritions d’un patrimoine d’une valeur inestimable. Nous ne pouvions passer sous silence le travail remarquable de tous les prêtres unis et animés par la même volonté de faire du Séminaire de Québec un guide spirituel, une institution d’enseignement d’avant-garde, un acteur majeur du développement de notre société et même un modèle d’organisation pour l’établissement de plusieurs séminaires sur le territoire québécois », a affirmé madame Claire Simard, directrice générale du Musée de la civilisation lors de l’inauguration.

Dans un décor rappelant les longs corridors étroits des résidences religieuses, L’Oeuvre du Séminaire de Québec présente 120 objets – et de nombreuses photos anciennes – tirés des riches collections du Séminaire, dont certains n’ont jamais été admirés par le public. C’est le cas de l’immense carte représentant la ville en 1860 qui ornait les murs de la résidence des prêtres, ainsi que l’imposant étalage de clés anciennes et récentes qui permettaient aux prêtres, aux élèves, au personnel du Séminaire de passer d’un bâtiment à l’autre, d’un local à l’autre. Cette zone d’introduction nous fait donc prendre conscience de l’ampleur de ce bijou unique d’architecture historique où se côtoient aujourd’hui élèves du secondaire, universitaires, gens d’Église et visiteurs.

Ils sont prêtres…

Afin de permettre à la foi catholique et à la langue française de prendre racine et de s’épanouir en Amérique, Mgr François de Laval fonde le Séminaire des missions étrangères de Québec (SME) en 1663. Il dote ainsi l’Église de Nouvelle-France d’un cœur solide où réside une communauté de prêtres qui portent les sacrements et le message de l’Évangile aux colons et aux autochtones et où sont formés de jeunes gens, issus du pays, en vue du sacerdoce. Sous le régime anglais, le Séminaire de Québec s’impose comme un rempart contre l’invasion religieuse et culturelle anglaise en prenant la relève pédagogique des Jésuites et en continuant de célébrer et de propager la foi catholique tel que permis par la couronne britannique pour le maintien de la paix.

Les prêtres du Séminaire célèbrent la grandeur divine avec un certain décorum, comme en témoignent les objets de culte (calice, ciboire, patène, bibles) et objets personnels (cœur de dévotion, bagues épiscopales et fauteuil d’apparat). Un bel exemple de pérennité se trouve en l’une des plus belles pièces d’orfèvrerie de la collection, le calice dit de Mgr de Laval, fabriqué en France en 1673, emprunté il y a moins d’un mois par le cardinal Marc Ouellet.

… entrepreneurs, propriétaires terriens

Les âmes s’élèvent, mais il faut nourrir les corps! Pour assurer la subsistance de son institution, Mgr de Laval acquiert, en plus du fief de Sault-au-Matelot, la grande seigneurie de Beaupré et l’île d’Orléans, qu’il échange pour l’île Jésus, près de Montréal. Sages gestionnaires, les prêtres du Séminaire font fructifier ce précieux patrimoine territorial qui s’étend de Château-Richer à Baie-Saint-Paul, en passant par Saint-Joachim et Cap-Tourmente. On compte aussi des terres et domaines à Sillery, à la Canardière (devenu Maizerets) et à l’île aux Coudres. Sur ses propriétés, le Séminaire construit, entretient des bâtiments, exploite des moulins à farine, des moulins à scie, des pêcheries et des dizaines de fermes. Il fut un temps où 1 800 âmes résidaient sur le site du Séminaire de Québec, tandis qu’en ville et en région s’activaient couturières, cordonniers, ébénistes, sans compter les scieries, les pêcheries, les érablières. La survie d’innombrables travailleurs et leur famille dépendait de l’institution. Ces activités vont contribuer largement au maintien de la vitalité économique de la ville et de la région lorsque, à la fin du XIXe siècle, la construction navale décline.

Pour superviser et coordonner toute cette effervescence administrative, une seule personne : le procureur. C’est à la fois un ministre des Finances, des Travaux publics, de l’Agriculture, des Terres et des Forêts. Il voit à tout, il sait tout. L’importance de sa fonction est révélée par son trousseau de clés, la prestance de son fauteuil, ainsi que sa montre dernier cri.

… enseignants, érudits et artistes

L’ouverture d’esprit des prêtres du Séminaire de Québec est probablement ce qui caractérise le plus l’institution. Grands pédagogues, passionnés de connaissances, ils croyaient fermement que l’enseignement devait se greffer à la pratique. Voilà pourquoi ils n’hésitaient pas à faire de grands voyages aux États-Unis, en Europe, en Afrique, pour se procurer les meilleurs outils pour diffuser la connaissance. On initie aussi les étudiants à la discussion, aux échanges d’idées ainsi qu’à des activités novatrices, comme le théâtre, le dessin et la fanfare! Il en résulte un immense savoir dont l’aboutissement est la fondation de l’Université Laval en 1852, première université francophone en Amérique du Nord.

Ainsi, en formant l’élite cléricale et professionnelle (médecins, avocats, prêtres, politiciens, hommes d’affaires et artistes), le Séminaire de Québec permet aux francophones de se tailler une place dans un contexte social et politique dominé par les anglophones.

Circuit familial et projections audiovisuelles

Dans chaque zone de l’exposition, des photos d’époque sélectionnées parmi l’imposante collection iconographique présentent le visage humain de l’institution : séminaristes dans les jardins, pensionnaires dans la cour des petits, étudiants dans les laboratoires. On a concocté également un circuit famille afin que les plus jeunes puissent faire le tour avec intérêt et échanger avec leurs parents. Ils devront répondre à des questions identifiées par une clé. Par exemple : « De quoi est fabriqué l’encens utilisé dans les églises? », « On nomme le quartier où se situe le Séminaire le quartier latin. Pourquoi? » « Pouvez-vous nommer les quatre facultés fondatrices de l’Université Laval? » De plus, une vitrine consacrée à la vie d’un étudiant de la fin du XIXe siècle leur permettra de voir combien c’est différent d’aujourd’hui.

Parcourir L’Œuvre du Séminaire de Québec, c’est entrer au cœur du Séminaire de Québec où tout inspire la durée, la solidité, la noblesse et la force tranquille.

À voir au Musée de l’Amérique française!

Consultez notre complément virtuel
http://www.mcq.org/seminaire/

Renseignements :
Agnès Dufour (418) 528-2358
Relations de presse






Nous profitons de l'occasion pour vous présenter brièvement une autre exposition permanente qui concerne lâ Société des prêtres du Séminaire.


Histoire des collections du Séminaire de Québec
Le parcours et l'héritage d'une institution


Pendant plus de trois siècles, le Séminaire de Québec a amassé un imposant patrimoine matériel composé de véritables trésors de toutes sortes : œuvres d’art, orfèvrerie, archives, livres rares et anciens, instruments scientifiques et plus encore. Depuis le 5 mai 1999, le Musée de l’Amérique française nous invite à admirer les objets les plus significatifs de ces collections dans l’exposition permanente Histoire des collections du Séminaire de Québec.

L’esprit de l’exposition

Cette exposition nous fait découvrir, par le biais d’objets témoins, l’ampleur et la diversité des collections du Séminaire de Québec amassées au fil des ans autant à des fins éducatives que pour l’exercice du culte et la propagation de la foi. Il est étonnant de voir représentés autant de champs de la connaissance : de la physique à l’ornithologie en passant par la botanique et l’ethnologie étrangère.

L’exposition Histoire des collections du Séminaire de Québec est composée de quatre salles dont la première présente une vue d’ensemble des différents types de collections tandis que les trois « écrins » mettent en valeur des secteurs forts de collectionnement rattachés aux grands axes de la mission du Séminaire soit la religion, l’éducation et la culture.

Fine fleur et nature des collections
Un superbe ensemble d’objets portant des figurations de fleurs, de la nature ou encore du règne animal, végétal ou minéral illustrent les archives, la bibliothèque ancienne et les quelque dix-sept autres collections dont celles des meubles, des textiles, de numismatique et de philatélie. Cette présentation donne un excellent aperçu des champs d’intérêt des prêtres et démontre la richesse, l’ampleur et la variété des collections du Séminaire de Québec.

Écrin religieux : une école de formation aux valeurs chrétiennes

Les prêtres du Séminaire de Québec célèbrent la grandeur divine avec un certain décorum qu’on retrouve dans le faste des vêtements et ornements liturgiques ainsi que dans de véritables chefs-d’œuvre d’orfèvrerie. Cet écrin brille des feux de ces superbes pièces qui rappellent l’importance du Séminaire comme foyer de propagation de la foi, première mission du Séminaire en terre d’Amérique.

Écrin beaux-arts : la formation du goût et l’amour de la beauté

Les prêtres du Séminaire étaient des inconditionnels de l’art. De l’époque de Mgr de Laval au 19e siècle, ils ne cessent d’enrichir leur collection qui devient un des fleurons de l’institution. Sa composition, sa variété et sa richesse en ont fait un instrument d’éducation au sein de l’institution et de prestige social auprès de la communauté. Plusieurs tableaux faisant partie de cette collection ont exercé une grande influence sur la relève artistique québécoise. Les oeuvres choisies pour cet écrin offrent un panorama tant stylistique qu’historique et sont représentatives des principaux artistes de la collection tels Joseph Légaré, Antoine Plamondon, Théophile Hamel et Marc-Aurèle de Foy Suzor-Côté.

Écrin scientifique : témoin d’une science en progrès

Cette collection est le fruit du travail passionné de prêtres qui croyaient fermement que l’enseignement devait se greffer à la pratique. Les abbés Demers, Holmes, Hamel et Laflamme sont les principaux instigateurs de cette méthode. Toujours à l’affût du développement des nouveaux procédés scientifiques, ils enrichissent leurs collections et les mettent au service de l’enseignement. Cette passion permet au Séminaire de Québec de se comparer aux meilleurs établissements européens ou américains.

Environ vingt-cinq instruments scientifiques figurent dans cet écrin et certains d’entre eux sont très rares aujourd’hui, telle la machine d’Atwood fabriquée à Londres vers 1836 qui permet de vérifier les lois du mouvement et de la chute des corps. Ou encore la machine électrostatique de Wimshurst fabriquée à Chicago vers 1896 et destinée à plusieurs expériences dont la plus spectaculaire : la production de la foudre en miniature.

Parcourir l’exposition Histoire des collections du Séminaire de Québec, c’est remonter à l’origine de ces collections et en suivre le développement, c’est revivre l’aventure de ces enseignants, de ces savants et de ces collectionneurs animés par la passion de la connaissance, de la pédagogie et de l’histoire.

Renseignements :
Agnès Dufour(418) 528-2358
Relations de presse

Rédigé par Webmestre le Mardi 3 Mai 2005

Actualité

GOLF ET PIANO
UN DÉMÉNAGEMENT DIFFICILE POUR LE PIANO PAPAL, titre La Repubblica.

Le piano du nouveau pape n'est pas encore arrivé dans son appartement du Vatican. Les déménageurs n'ont pas réussi à faire passer l'instrument ni dans les escaliers ni par les fenêtres de l'édifice. Probablement qu'on démontera l'instrument pour le remonter dans l'appartement pontifical.

UNE "DIVINE" GOLF À VENDRE

Le concessionnaire qui a revendu la Volkswagen Jetta Golf 1999 de Benoît XVI alors qu'il était encore cardinal l'an passé, assurait l'acheteur que cette voiture avait un "côté divin".

Cet acheteur, Benjamin Halde, la met en vente sur eBay. L'encan est actuellement rendu à $80,000 dollars américains pour une voiture que le cardinal avait payé vendue environ $16,000 dollars américains.

L'offre la plus élevée atteignait 42.070 euros vendredi. Benjamin Halbe, 21 ans, qui affirme être le propriétaire de l'ancienne voiture du souverain pontife a déclaré avoir acheté le véhicule pour seulement 10.000 euros en janvier alors que Joseph Ratzinger était encore cardinal.

"Personne n'aurait pu imaginer alors que Ratzinger deviendrait soudain si célèbre", souligne-t-il. "Jusqu'à la semaine dernière, ma Golf était simplement une voiture normale de cardinal."

M. Halbe déclare avoir scanné des preuves et les avoir mises en ligne. Un document d'immatriculation affiché sur le site allemand d'eBay précise ainsi: "Dernier propriétaire connu: Josef Cardinal Ratzinger". Il écorche au passage le prénom de l'ancien gardien du dogme au Vatican.

Les affirmations de M. Halbe sur l'identité du précédent propriétaire ne pouvaient être confirmées dans l'immédiat.

Le modèle cinq portes couleur anthracite avait été immatriculé en mars 1999, affiche 75.000 kilomètres au compteur et est en "très bon état", selon les informations détaillées sur le site.

Selon eBay, il y a eu jusqu'ici 117 offres dans le cadre de la vente aux enchères, qui s'achèvera le 5 mai. Le site précise avoir dû retirer de nombreuses offres qui n'étaient "pas sérieuses".

Une note pour les amateurs de vins, en terminant. Le site de eBay allemand (ebay.de) offre aux participants et participantes à l'encan pour la voiture du cardinal Ratzinger devenu le pape Benoît XVI une possibilité gratuite de miser sur des Grands Vins de Bordeaux.

Pour ceux et celles qui lisent l'allemand, voici l'invitation:

Werte Besucher der Papst-Golf-Auktion !
Herzlich Willkommen bei Weinfundus, Grands Vins de Bordeaux...


Chaleureuse bienvenue à "Weinfundus" qui est un site d'encan de vins de bordeaux.



le 2 mai 2005






Rédigé par Webmestre le Lundi 2 Mai 2005
L`EGLISE EST VIVANTE

Chers Frères et Sœurs

Par trois fois, au cours de ces jours si intenses, le chant des litanies des saints nous a accompagné : durant les funérailles de notre Saint-Père Jean-Paul II ; à l’occasion de l’entrée des Cardinaux en Conclave, et aujourd’hui encore, nous les avons chantées à nouveau, accompagnées de l’invocation : Tu illum adiuva – soutiens le nouveau Successeur de saint Pierre. Chaque fois, de manière toute particulière, j’ai ressenti, pendant cette prière chantée, une grande consolation. Combien nous nous sommes-nous sentis abandonnés après le départ de Jean-Paul II ! Pendant plus de 26 ans, ce Pape a été notre pasteur et notre guide sur le chemin à travers ce temps. Il a franchi le seuil vers l’autre vie – entrant dans le mystère de Dieu. Mais il n’accomplissait pas ce passage tout seul. Celui qui croit n’est jamais seul – il ne l’est pas dans la vie, et pas même dans la mort. À ce moment-là, nous avons pu invoquer les saints de tous les siècles – ses amis, ses frères dans la foi, sachant qu’ils ont été le cortège vivant qui l’a accompagné dans l’au-delà, jusqu’à la gloire de Dieu. Nous savons que son arrivée était attendue. Nous savons désormais qu’il est parmi les siens et qu’il est vraiment chez lui. De nouveau, nous avons été consolés alors que nous accomplissions l’entrée solennelle en conclave pour élire celui que le Seigneur avait choisi. Comment pouvions-nous reconnaître son nom ? Comment 115 Évêques, provenant de toutes les cultures et de nombreux pays, pouvaient-ils trouver celui auquel le Seigneur désirait conférer la mission de lier et de délier ? Encore une fois, nous le savions : nous savions que nous n’étions pas seuls, nous nous savions entourés, conduits et guidés par les amis de Dieu. Et maintenant, en ce moment, moi-même, fragile serviteur de Dieu, je dois assumer cette charge inouïe, qui dépasse réellement toute capacité humaine. Comment puis-je faire cela ? Comment serai-je en mesure de le faire ? Vous tous, chers amis, vous venez d’invoquer la troupe innombrable des saints, représentés par certains des grands noms de l’histoire de Dieu avec les hommes. De cette manière, se ravive aussi en moi cette conscience : je ne suis pas seul. Je ne dois pas porter seul ce que, en réalité, je ne pourrais jamais porter seul. La troupe des saints de Dieu me protège, me soutient et me porte. Et votre prière, chers amis, votre indulgence, votre amour, votre foi et votre espérance m’accompagnent. En effet, à la communauté des saints n’appartiennent pas seulement les grandes figures qui nous ont précédés et dont nous connaissons les noms. Nous sommes tous la communauté des saints, nous, les baptisés au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, nous qui vivons du don de la chair et du sang du Christ, par lesquels il a voulu nous transformer et nous rendre semblables à lui. Oui, l’Église est vivante – telle est la merveilleuse expérience de ces jours-ci. Au cours des journées tristes de la maladie et de la mort du Pape, précisément, s’est manifesté de manière merveilleuse à nos yeux le fait que l’Église est vivante. Et l’Église est jeune. Elle porte en elle l’avenir du monde et c’est pourquoi elle montre aussi à chacun de nous le chemin vers l’avenir.

L’Église est vivante et nous le voyons : nous faisons l’expérience de la joie que le Ressuscité a promise aux siens. L’Église est vivante – elle est vivante parce que le Christ est vivant, parce qu’il est vraiment ressuscité. Dans la souffrance, présente sur le visage du Saint-Père, au cours des jours de Pâques, nous avons contemplé le mystère de la passion du Christ et nous avons en même temps touché ses plaies. Mais en ces jours, nous avons aussi pu, de manière profonde, toucher le Ressuscité. Il nous a été donné de faire l’expérience de la joie qu’il a promise, après un court temps de ténèbres, comme un fruit de sa résurrection.

L’Église est vivante – ainsi, je vous salue avec une grande joie et une profonde gratitude, vous tous qui êtes ici rassemblés, chers Frères Cardinaux et Évêques, chers Frères prêtres, chers diacres, chers agents pastoraux et catéchistes. Je vous salue, vous les religieux et les religieuses, témoins de la présence transfigurante de Dieu. Je vous salue, vous, les fidèles laïcs, engagés dans le vaste espace de la construction du Règne de Dieu qui se répand dans le monde, dans tous les lieux de vie. Mes paroles se font aussi affectueuses dans le salut que j’adresse à tous ceux qui, renés par le sacrement du Baptême, ne sont pas encore dans la pleine communion avec nous ; et à vous, chers Frères du peuple juif, auxquels nous sommes liés par un grand patrimoine spirituel commun qui plonge ses racines dans les promesses irrévocables de Dieu. Enfin, ma pensée – presque comme une onde qui se répand – va à tous les hommes de notre temps, croyants et non croyants.

Chers amis ! En ce moment, je n’ai pas besoin de présenter un programme de gouvernement. J’ai déjà eu l’occasion d’évoquer, dans mon message du mercredi 20 avril, certains aspects de ce que je considère comme de ma charge ; je ne manquerai pas de le faire en d’autres circonstances. Mon véritable programme de gouvernement est de ne pas faire ma volonté, de ne pas poursuivre mes idées, mais, avec toute l’Église, de me mettre à l’écoute de la parole et de la volonté du Seigneur, et de me laisser guider par lui, de manière que ce soit lui-même qui guide l’Église en cette heure de notre histoire. Au lieu d’exposer un programme, je voudrais simplement commenter les deux signes qui, sur le plan liturgique, représentent le début du ministère pétrinien. En fait, tous les deux sont le reflet exact de ce qui a été proclamé dans les lectures de ce jour.

Le premier signe est le pallium, tissu en pure laine, qui est placé sur mes épaules. Ce signe très ancien, que les Évêques de Rome portent depuis la fin du IVe siècle, peut être considéré comme une image du joug du Christ, que l’Évêque de cette ville, le Serviteur des Serviteurs de Dieu, prend sur ses épaules. Le joug de Dieu est la volonté de Dieu, que nous accueillons. Et cette volonté n’est pas pour moi un poids extérieur, qui nous opprime et qui nous enlève notre liberté. Connaître ce que Dieu veut, connaître quel est le chemin de la vie – telle était la joie d’Israël, tel était son grand privilège. Telle est aussi notre joie : la volonté de Dieu ne nous aliène pas, elle nous purifie – parfois même de manière douloureuse – et nous conduit ainsi à nous-mêmes. De cette manière, nous ne le servons pas seulement lui-même, mais nous servons aussi le salut de tout le monde, de toute l’histoire. En réalité, le symbolisme du pallium est encore plus concret : la laine d’agneau entend représenter la brebis perdue ou celle qui est malade et celle qui est faible, que le pasteur met sur ses épaules et qu’il conduit aux sources de la vie. La parabole de la brebis perdue que le berger cherche dans le désert était pour les Pères de l’Église une image du mystère du Christ et de l’Église. L’humanité – nous tous – est la brebis perdue qui, dans le désert, ne trouve plus son chemin. Le Fils de Dieu ne peut pas admettre cela ; il ne peut pas abandonner l’humanité à une telle condition misérable. Il se met debout, il abandonne la gloire du ciel, pour retrouver la brebis et pour la suivre, jusque sur la croix. Il la charge sur ses épaules, il porte notre humanité, il nous porte nous-mêmes. Il est le bon pasteur, qui donne sa vie pour ses brebis. Le Pallium exprime avant tout que nous sommes portés par le Christ. Mais, en même temps, le Christ nous invite à nous porter les uns les autres. Ainsi, le Pallium devient le symbole de la mission du pasteur, dont parle la deuxième lecture et l’Évangile. La sainte inquiétude du Christ doit animer tout pasteur : il n’est pas indifférent pour lui que tant de personnes vivent dans le désert. Et il y a de nombreuses formes de désert. Il y a le désert de la pauvreté, le désert de la faim et de la soif ; il y a le désert de l’abandon, de la solitude, de l’amour détruit. Il y a le désert de l’obscurité de Dieu, du vide des âmes sans aucune conscience de leur dignité ni du chemin de l’homme. Les déserts extérieurs se multiplient dans notre monde, parce que les déserts intérieurs sont devenus très grands. C’est pourquoi, les trésors de la terre ne sont plus au service de l’édification du jardin de Dieu, dans lequel tous peuvent vivre, mais sont asservis par les puissances de l’exploitation et de la destruction. L’Église, dans son ensemble, et les Pasteurs en son sein, doivent, comme le Christ, se mettre en route, pour conduire les hommes hors du désert, vers le lieu de la vie, vers l’amitié avec le Fils de Dieu, vers Celui qui nous donne la vie, la vie en plénitude. Le symbole de l’agneau a encore un autre aspect. Dans l’Orient ancien, il était d’usage que les rois se désignent eux-mêmes comme les pasteurs de leur peuple. C’était une image de leur pouvoir, une image cynique : les peuples étaient pour eux comme des brebis, dont le pasteur pouvait disposer selon son bon vouloir. Tandis que le pasteur de tous les hommes, le Dieu vivant, est devenu lui-même un agneau, il s’est mis du côté des agneaux, de ceux qui sont méprisés et tués. C’est précisément ainsi qu’il se révèle comme le vrai pasteur : « Je suis le bon pasteur… et je donne ma vie pour mes brebis » (Jn 10, 14 ss.). Ce n’est pas le pouvoir qui rachète, mais l’amour ! C’est là le signe de Dieu : Il est lui-même amour. Combien de fois désirerions-nous que Dieu se montre plus fort ! Qu’il frappe durement, qu’il terrasse le mal et qu’il crée un monde meilleur ! Toutes les idéologies du pouvoir se justifient ainsi, justifient la destruction de ce qui s’oppose au progrès et à la libération de l’humanité. Nous souffrons pour la patience de Dieu. Et nous avons néanmoins tous besoin de sa patience. Le Dieu qui est devenu agneau nous dit que le monde est sauvé par le Crucifié et non par ceux qui ont crucifié. Le monde est racheté par la patience de Dieu et détruit par l’impatience des hommes.
Une des caractéristiques fondamentales du pasteur doit être d’aimer les hommes qui lui ont été confiés, comme les aime le Christ, au service duquel il se trouve. « Sois le pasteur de mes brebis », dit le Christ à Pierre, et à moi, en ce moment. Être le pasteur veut dire aimer, et aimer veut dire aussi être prêt à souffrir. Aimer signifie : donner aux brebis le vrai bien, la nourriture de la vérité de Dieu, de la parole de Dieu, la nourriture de sa présence, qu’il nous donne dans le Saint-Sacrement. Chers amis – en ce moment je peux seulement dire : priez pour moi, pour que j’apprenne toujours plus à aimer le Seigneur. Priez pour moi, pour que j’apprenne à aimer toujours plus son troupeau – vous tous, la Sainte Église, chacun de vous personnellement et vous tous ensemble. Priez pour moi, afin que je ne me dérobe pas, par peur, devant les loups. Priez les uns pour les autres, pour que le Seigneur nous porte et que nous apprenions à nous porter les uns les autres.

Le deuxième signe par lequel la liturgie d’aujourd’hui nous présente le commencement du ministère pétrinien est la remise de l’anneau du pêcheur. L’appel de Pierre à devenir pasteur, que nous avons entendu dans l’Évangile, fait suite au récit d’une pêche abondante : après une nuit au cours de laquelle ils avaient jeté les filets sans succès, les disciples voient sur le rivage le Seigneur ressuscité. Il leur enjoint de retourner pêcher une nouvelle fois et voici que le filet devient si plein qu’ils ne réussirent plus à le ramener. 153 gros poissons : « Et, malgré cette quantité, le filet ne s’était pas déchiré » (Jn 21,11). Cet événement, qui a lieu au terme du parcours terrestre de Jésus avec ses disciples, correspond à un récit des commencements : les disciples n’avaient alors rien pêché durant toute la nuit ; Jésus avait alors invité Simon à avancer une nouvelle fois au large. Et Simon, qui ne s’appelait pas encore Pierre, donna cette réponse admirable : Maître, sur ton ordre, je vais jeter les filets ! Et voici la confirmation de la mission : « Sois sans crainte, désormais ce sont des hommes que tu prendras » (Lc 5,1-11). Aujourd’hui encore, l’Église et les successeurs des Apôtres sont invités à prendre le large sur l’océan de l’histoire et à jeter les filets, pour conquérir les hommes au Christ – à Dieu, au Christ, à la vraie vie. Les Pères ont aussi dédié un commentaire très particulier à cette tâche singulière. Ils disent ceci : pour le poisson, créé pour l’eau, être sorti de l’eau entraîne la mort. Il est soustrait à son élément vital pour servir de nourriture à l’homme. Mais dans la mission du pêcheur d’hommes, c’est le contraire qui survient. Nous, les hommes, nous vivons aliénés, dans les eaux salées de la souffrance et de la mort ; dans un océan d’obscurité, sans lumière. Le filet de l’Évangile nous tire hors des eaux de la mort et nous introduit dans la splendeur de la lumière de Dieu, dans la vraie vie. Il en va ainsi – dans la mission de pêcheur d’hommes, à la suite du Christ, il faut tirer les hommes hors de l’océan salé de toutes les aliénations vers la terre de la vie, vers la lumière de Dieu. Il en va ainsi : nous existons pour montrer Dieu aux hommes. Seulement là où on voit Dieu commence véritablement la vie. Seulement lorsque nous rencontrons dans le Christ le Dieu vivant, nous connaissons ce qu’est la vie. Nous ne sommes pas le produit accidentel et dépourvu de sens de l’évolution. Chacun de nous est le fruit d’une pensée de Dieu. Chacun de nous est voulu, chacun est aimé, chacun est nécessaire. Il n’y a rien de plus beau que d’être rejoints, surpris par l’Évangile, par le Christ. Il n’y a rien de plus beau que de le connaître et de communiquer aux autres l’amitié avec lui. La tâche du pasteur, du pêcheur d’hommes, peut souvent apparaître pénible. Mais elle est belle et grande, parce qu’en définitive elle est un service rendu à la joie, à la joie de Dieu qui veut faire son entrée dans le monde.
Je voudrais encore souligner une chose : de l’image du pasteur et de celle du pêcheur émerge de manière très explicite l’appel à l’unité. « J’ai encore d’autres brebis qui ne sont pas de cette bergerie ; celles-là aussi, il faut que je les conduise. Elles écouteront ma voix : il y aura un seul troupeau et un seul pasteur » (Jn 10,16), dit Jésus à la fin du discours du bon pasteur. Le récit des 153 gros poissons se conclut avec la constatation joyeuse : « Et, malgré cette quantité, le filet ne s’était pas déchiré » (Jn 21,11). Hélas, Seigneur bien-aimé, aujourd’hui le filet s’est déchiré, aurions-nous envie de dire avec tristesse ! Mais non – nous ne devons pas être tristes ! Réjouissons-nous de ta promesse, qui ne déçoit pas, et faisons tout ce qui est possible pour parcourir la route vers l’unité que tu as promise. Faisons mémoire d’elle comme des mendiants dans notre prière au Seigneur : oui Seigneur, souviens-toi de ce que tu as promis. Fais que nous ne soyons qu’un seul Pasteur et qu’un seul troupeau ! Ne permets pas que ton filet se déchire et aide-nous à être des serviteurs de l’unité !

En ce moment, je me souviens du 22 octobre 1978, quand le Pape Jean-Paul II commença son ministère ici, sur la Place Saint-Pierre. Les paroles qu’il prononça alors résonnent encore et continuellement à mes oreilles : « N’ayez pas peur, au contraire, ouvrez tout grand les portes au Christ ». Le Pape parlait aux forts, aux puissants du monde, qui avaient peur que le Christ les dépossède d’une part de leur pouvoir, s’ils l’avaient laissé entrer et s’ils avaient concédé la liberté à la foi. Oui, il les aurait certainement dépossédés de quelque chose : de la domination de la corruption, du détournement du droit, de l’arbitraire. Mais il ne les aurait nullement dépossédés de ce qui appartient à la liberté de l’homme, à sa dignité, à l’édification d’une société juste. Le Pape parlait en outre à tous les hommes, surtout aux jeunes. En quelque sorte, n’avons-nous pas tous peur – si nous laissons entrer le Christ totalement en nous, si nous nous ouvrons totalement à lui – peur qu’il puisse nous déposséder d’une part de notre vie ? N’avons-nous pas peur de renoncer à quelque chose de grand, d’unique, qui rend la vie si belle ? Ne risquons-nous pas de nous trouver ensuite dans l’angoisse et privés de liberté ? Et encore une fois le Pape voulait dire : Non ! Celui qui fait entrer le Christ ne perd rien, rien – absolument rien de ce qui rend la vie libre, belle et grande. Non ! Dans cette amitié seulement s’ouvrent tout grand les portes de la vie. Dans cette amitié seulement se dévoilent réellement les grandes potentialités de la condition humaine. Dans cette amitié seulement nous faisons l’expérience de ce qui est beau et de ce qui libère. Ainsi, aujourd’hui, je voudrais, avec une grande force et une grande conviction, à partir d’une longue expérience de vie personnelle, vous dire, à vous les jeunes : n’ayez pas peur du Christ ! Il n’enlève rien et il donne tout. Celui qui se donne à lui reçoit le centuple. Oui, ouvrez, ouvrez tout grand les portes au Christ – et vous trouverez la vraie vie. Amen.

Dimanche 24 avril 2005.
Source : www.vatican.va
© Libreria Editrice Vaticana
Rédigé par Benoît XVI le Mardi 26 Avril 2005

Réflexions

DA VINCI CODE
En entrée de jeu, je dois dire que j’ai aimé ce roman. C’est un bon « thriller » à mon goût. J’avais toujours hâte de voir comment serait résolue l’énigme et quelle serait la suivante. Je l’ai donc dévoré en peu de temps. Mais à la fin de la lecture, une fois passée l’émotion du suspense, je me suis dit que ce roman comporte quelque chose de pernicieux : il risque d’inoculer un virus dangereux dans l’esprit des lecteurs : le virus du doute.

Ce livre, même si on sait que c’est un roman donc une œuvre de fiction, ouvre la porte à des questions qui ont toujours été débattues, et ce dès le début de l’Église. La divinité de Jésus a toujours créé des difficultés à l’intelligence humaine. Allez lire l’évangile de Jean au chapitre 10 versets 31 à 42. Il n’y a plus grand monde pour contester que l’évangile de Jean fut écrit vers l’an 90 de notre ère. Il voulait répondre à un débat qui déjà avait cours dans les premières générations de chrétiens. C’est donc plus de 200 ans avant Constantin. La thèse de Brown, à savoir qu’après que Constantin ait rendu légal le christianisme, l’Église se soit acharné à promulguer la divinité de Jésus en cachant la vérité, ne tient pas le chemin. Gérard Massadié, dans « L’homme qui devint Dieu », développe le thème d’un Jésus, homme ordinaire, que ses disciples, plusieurs années après sa mort, déclarèrent l’égal de Dieu. C’est aussi la thèse soutenue par Denis Arcand dans son fils « Jésus de Montréal ». Il n’y a rien là de bien nouveau…

Dan Brown n’est pas le premier à laisser planer le doute sur la relation entre Jésus et Marie Madeleine. Il y a une dizaine d’année un Français (pardonnez-moi de ne plus me rappeler son nom) se déclarait le descendant direct de Jésus et de Marie Madeleine. On n’a sûrement pas fini d’en entendre de semblables…

Mais l’accusation la plus grave, à mon avis, et que Brown ne se gène pas d’exploiter comme fond de son roman, consiste à mettre en relief un supposé acharnement des hommes d’Église, misogynes invétérés, à éliminer l’apport féminin dans la vie de l’Église. L’auteur joue sur les nouvelles sensibilités amenées par le féminisme; on peut penser que cela lui vaudra l’approbation d’un auditoire féminin plus large. C’est vrai que de l’extérieur l’institution Église semble « dominée » par les hommes; de plus la question du sacerdoce des femmes constitue un irritant plus plusieurs. Il faudrait aller plus loin que les apparences et découvrir tout le chemin parcouru dans les communautés chrétiennes, dans l’Église, sur la collaboration et la complémentarité du masculin/féminin à tous les niveaux.

Je n’accuserai pas Dan Brown de mauvaise foi. Comme tout romancier, il flaire l’air du temps et fait œuvre de fiction selon les odeurs qu’il perçoit. C’est son travail. Mais quand un roman touche à des sujets aussi délicats que 1o la foi en la divinité de Jésus, 2o au droit et au devoir qu’a l’Église de demeurer fidèle au dépôt de la foi (allez lire Paul en 2 Timothée 1, 13-14 et textes parallèles) et aux moyens certes parfois inadéquats de le défendre, 3o à la place du féminin dans le cheminement de foi et 4o l’insertion de l’institution dans une histoire et une culture donnée, ce n’est pas en suggérant que l’Église d’avant Constantin était une vierge pure qui s’est prostituée dans le lit du pouvoir une fois admise à la cour que nous ferons avancer les débats.

Une fois le doute semé, l’être humain a fort tendance à s’éloigner de l’arbre de vie et se nourrir désormais de l’arbre de la connaissance du bien et du mal. L’Histoire démontre que ce n’est pas toujours pour une plus value.

Profitez du roman pour ce qu’il vaut : un thriller intéressant. Mais ne le laissez pas vous inoculer le virus du doute; les antibiotiques arrivent parfois difficilement à l’éliminer.

Que l’Esprit de discernement vous accompagne et vous pousse à une recherche sérieuse tant sur le plan historique que théologique pour une foi plus éclairée, plus lucide.

Bernard St-Hilaire

tiré du site FORUM JEUNESSE
http://www.di20.com/PointDeVue.htm

le 21 avril 2005

Tiré de SME-Infonet http://www.webzinemaker.com/sme/, webzine publié par la Société des prêtres du Séminaire de Québec.

Rédigé par Bernard St-Hilaire le Jeudi 21 Avril 2005
LE NOUVEAU PAPE À LA JMJ 2005
Dès son premier message, prononcé à l'issue de la Messe concélébrée le 20 avril 2005 en la Chapelle Sixtine avec les Cardinaux qui l'ont élu, le Pape Benoît XVI s'est adressé aux jeunes :

"Tout particulièrement, je pense aux jeunes. Toute mon affection est acquise à ces interlocuteurs privilégiés de Jean-Paul II, dans l'attente si Dieu le veut de les rencontrer prochainement à Cologne. Je continuerai à dialoguer avec vous, chers jeunes, qui êtes l'avenir et l'espérance de l'Eglise et de l'humanité. J'écouterai vos attentes de manière à pouvoir vous aider à rencontrer toujours plus profondément le Christ vivant, éternellement jeune"

Pierre Gueydier [20/04/2005]
InXL6


Rédigé par Pierre Gueydier le Jeudi 21 Avril 2005
BLANCHE, NOIRE, GRISE
Traduction française du texte qui suit en italien.

ELLE EST BLANCHE, NON ELLE EST NOIRE, PEUT-ÊTRE QU'ELLE EST GRISE


Mais pourquoi tout ce besoin immédiat de fumée blanche?

Pourquoi les journalistes de la télévision doivent-ils dire : "elle est noire, non elle est grise, de proche elle est plus claire, voilà, de loin elle est plus obscure"?

Puis, on découvre que la fumée vue avec le zoom de la télécaméra est en effet un peu blanche, mais au contraire la fumée telle que vue à l'oeil nu (l'oeil vrai même s'il peut se tromper, l'oeil physique, le nôtre, celui à qui on doit toujours croire) est noire.

Noire comme la hâte, la frénésie de l'événement, l'incapacité de rallentir, de se reposer, de goûter la saveur de l'attente...

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martedì, 19 aprile 2005

E' bianco, no è nero, forse è grigio

Ma perché tutto questo bisogno immediato di fumo bianco? Perché i giornalisti televisivi devono dire "è nero, no è grigio, da vicino è più chiaro, ecco, da lontano è più scuro"? Poi si scopre che il fumo della zoomata da telecamera è in effetti un po' bianco, invece quello dell'occhio nudo (l'occhio vero anche se fallace, fisico, nostro, l'unico a cui credere sempre) è nero. Nero come la fretta, la frenesia di evento, l'incapacità di rallentare, riposare, rifiatare, gustare il sapore dell'attesa... (anche se questo, purtroppo, comporta un surplus di Bruno Vespa, ma neppure lo Spirito Santo è perfetto).



Rédigé par Maurizio Crosetti le Mardi 19 Avril 2005
UN NOUVEAU PAPE: BENOÎT XVI
On a un nouveau pape..


Nuntio vobis gaudium magnum, habemus Papam: Eminentissimum ac Reverendissimum Dominum, Dominum Iosephum, Sanctae Romanae Ecclesiae Cardinalem Ratzinger, qui sibi nomen imposuit Benedicti Decimi Sexti.



Vos réflexions et commentaires sont les bienvenus sur cette page en article ou dans le forum.

le 19 avril 2005

BIOGRAPHIE

Benoît XVI - Josef Ratzinger

Né le 16 avril 1927 en Allemagne
Prêtre en 1951
Archevêque de Munich en 1977
Créé cardinal par Paul VI le 27 juin 1977
Elu Pape le 19 avril 2005 78 ans

Joseph Ratzinger est né le 16 avril 1927 à Marktl am Inn, dans le diocèse de Passau (Allemagne), d’un père, officier de police, issu d’une vieille famille d’agriculteurs de la Basse Bavière. Son adolescence passée à Traunstein, il est appelé dans les services auxiliaires antiaériens durant les derniers mois de la seconde guerre mondiale.

De 1946 à 1951, il étudie la philosophie et la théologie à l’université de Munich et à l’école supérieure de philosophie et de théologie de Freising. Le 29 juin 1951, il est ordonné prêtre et commence son activité d’enseignement. En 1953, sa thèse sur "Le Peuple et la Maison de Dieu dans la doctrine de l’Église de saint Augustin" lui donne le doctorat de théologie. Quatre ans plus tard, il obtient la maîtrise d’enseignement avec une recherche consacrée à la théologie de l’histoire de saint Bonaventure.

Après avoir été professeur de dogmatique et de théologie fondamentale à l’école supérieure de philosophie et théologie de Freising, il poursuit son enseignement à Bonn de 1959 à 1969, Münster de 1963 à 1966 et Tübingen de 1966 à 1969. A partir de 1969, il devient professeur de théologie dogmatique et d’histoire des dogmes à l’université de Ratisbonne et vice-président de la même université.

Déjà en 1962, à l’âge de 35 ans, il est consulteur au concile Vatican II, de l’archevêque de Cologne, le cardinal Joseph Frings.

Le 24 mars 1977, Paul VI le nomme archevêque de Munich et Freising, premier prêtre diocésain à assumer après 80 ans le gouvernement pastoral du grand diocèse bavarois. Il est créé cardinal par Paul VI au consistoire du 27 juin 1977.

Le 25 novembre 1981, Jean-Paul II l’appelle à Rome et le nomme Préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi. Il est également Président de la Commission Biblique pontificale et de la Commission Théologique pontificale internationale. Il est par ailleurs rapporteur à la Vème Assemblée générale du Synode des évêques en 1980 sur le thème de la famille chrétienne, et Président délégué de la VIème Assemblée synodale en 1983 sur la réconciliation et la pénitence.

Le 6 novembre 1998, il est élu vice-doyen du collège des cardinaux. Président de la Commission pour la préparation du Catéchisme de l’Église catholique de 1986 à 1992, il présente après six années de travail à Jean-Paul II le nouveau Catéchisme. Le 30 novembre 2002, Jean-Paul II approuve son élection par les Cardinaux de l'ordre des Evêques, comme Doyen du Collège des cardinaux. Il succède au Cardinal Bernardin Gantin.

Parmi ses nombreuses publications, une place particulière peut être faite à Foi chrétienne hier et aujourd’hui, recueil de leçons universitaires sur la profession de foi apostolique, publié en 1968 ; à Dogme et Révélation, une anthologie de réflexions et prédications dédiées à la pastorale, en 1973. Un ample écho a été donné également à son plaidoyer prononcé devant l’académie catholique bavaroise sur le thème : "Pourquoi suis-je encore dans l’Église ?", dans lequel il affirmait : "seulement dans l’Église, il est possible d’être chrétien et non à côté". En 1985, paraît le volume Entretien sur la foi et, en 1996, le Sel de la terre.

Rédigé par Hermann Giguère le Mardi 19 Avril 2005
CONCLAVE: QUEL ESPRIT?
L'agence ZENIT (zenit.org) présente ainsi l'allocution du cardinal Lustiger.

Trois signes peuvent faire comprendre le sens du « conclave », explique le cardinal Lustiger. Ils sont voulus par Jean-Paul II dans sa constitution apostolique « Universi Dominici Gregis » (« Le pasteur de tout le troupeau du Seigneur »), sur la vacance du siège apostolique et l’élection du pontife romain. Ces signes sont : la majorité « des deux tiers » pour l’élection, le lieu – la Chapelle Sixtine -, et l’habit des cardinaux en conclave. Autant de signes pour aider les cardinaux à « trouver ce que Dieu attend » d’eux.

« Ne nous lâchez pas ! »

Le cardinal Jean-Marie Lustiger, titulaire de l’église Saint-Louis des Français, a célébré la messe dimanche matin dans cette église romaine dont il est d’une certaine façon le « curé » et il a invité les fidèles à prier pour l’élection du successeur de Pierre. Il a lancé, à la fin de la messe cette ultime recommandation : « Ne nous lâchez pas ! ». Le conclave, c’est « l’Eglise entière qui intercède auprès de Dieu », a-t-il dit.

Leur douze réunions préparatoires - les « congrégations » - achevées, les cardinaux présents à Rome ont en effet décidé de célébrer la messe ce dimanche dans les églises qui leur ont été attribuées pour « inviter les fidèles à prier pour le conclave », a précisé dans son homélie le cardinal Lustiger, archevêque émérite de Paris. Les « titres » des cardinaux soulignent en effet leur lien avec l’Eglise de Rome.

Il invitait les fidèles présents à être unis à la « supplication de l’Eglise entière » pour que l’Esprit Saint « inspire » les Pères qui entrent en conclave demain, 18 avril, rappelons-le par la messe « pro eligendo pontefice », le matin, à Saint-Pierre, et à 16 h 30 par la procession d’entrée à la chapelle Sixtine.


Le Christ Vrai Berger

Ces célébrations liturgiques seront retransmises en directes jusqu’au « extra omnes » (« tous dehors »), qui précède la fermeture de la porte de la chapelle pour les scrutins secrets des cardinaux, ce qui garantit leur liberté face à toute influence extérieure.

En ce dimanche dit « du Bon Pasteur », le cardinal a demandé à l’assemblée une « faveur », celle de relire le chapitre 10 de l’Evangile selon saint Jean, dont la liturgie n’offre que le premier tiers : « Il n’est pas long, Jésus développe ce thème ». Il expliquait que Jésus y présente « le vrai Berger » et qu’il faut entendre, recevoir, méditer cet évangile. Pour le comprendre, il faut le « lire tout entier », expliquait le cardinal, car « Jésus reprend les éléments de cette petite histoire et développe très librement cette image. Il est lui-même la « Porte » et il est le « Berger ». » Il invitait à ne pas chercher de « cohérence totale », parce que « le Seigneur est libre », et qu’il développe cette image « comme un poète ».

Et d’expliquer : « Jésus dit qu’il est lui-même le vrai Berger qui est entré par la porte, sans escalader comme le voleur et le brigand ». « La porte, continuait l’archevêque, c’est le baptême de Jean, et c’est sa Passion », ainsi, « si nous entrons, si nous le suivons, nous aurons la vie ».

Mais surtout, le cardinal Lustiger s’est attaché à faire comprendre le sens de ces jours de conclave, le rôle de la prière du peuple de Dieu et des cardinaux en vue de l’élection du futur pape, successeur de Jean-Paul II.

Il affirmait d’emblée, à la lumière de l’Evangile de ce jour, qu’il ne s’agit pas de choisir un « pasteur à la place du Christ » : « C’est Jésus, le Bon Pasteur ». Dans l’Evangile de Jean, le Christ ressuscité demande en effet à Pierre, toujours selon saint Jean : « Pierre m’aimes-tu ? » La réponse est « Fais paître, soigne, occupe-toi de « mes » brebis », rappelle le cardinal Lustiger qui souligne la beauté de cette image « magnifique » du troupeau fréquente chez les « Prophètes » et que « Jésus reprend », et que « le troupeau va là où le pasteur se trouve : là où Jésus nous conduit, là est la vie en plénitude ».

« Entrer dans l’esprit de cette constitution »

Que doivent donc faire les cardinaux ? « Faire ce que Jésus fait quand il appelle les Douze », pour élire « celui qui sera le successeur de Pierre ».

Le cardinal soulignait combien la constitution apostolique a prévu le « détail » de ce que les cardinaux « doivent alors faire » pour élire le « pasteur du troupeau du Seigneur », qui est « l’évêque de Rome ». Il avoue lui-même ne pas avoir écouté ni radio ni télévisions ni lu les journaux, volontairement, depuis huit jours, pour « entrer dans l’esprit de ce que cette constitution nous demande ».

Les détails de ce texte montrent, souligne le cardinal, qu’il ne s’agit pas d’une élection au sens de l’élection d’un chef, d’un responsable politique ou économique, qui est choisi sur son programme, et entre différents candidats, ce qui fait que dans ce cas, « quelqu’un l’emporte sur l’autre », il y a « poly-polarité ou bi-polarité », et élection à la majorité plus une voix. Il faut accepter la règle du jeu, il y a un vainqueur et un vaincu. Il y a un arbitrage « en fonction rapport de forces ».

Or, le cardinal Lustiger cite trois éléments de la constitution qui manifeste combien l’élection de l’évêque de Rome s’inscrit dans un contexte différent, répond à des critères qui ne sont pas ceux de la « lutte » (« légitime ») de la vie politique.

La communion spirituelle

Tout d’abord, le fait que l’élection requière les deux tiers des suffrages – pendant les 32 premiers tours de scrutins-. Il s’agit d’un « processus de l’Eglise qui ne vise pas un consensus fondé sur des compromis » mais à « trouver ce que Dieu attend de nous dans la désignation de quelqu’un ». C’est la « communion », explique toujours le cardinal Lustiger, que cette précision « met en évidence ». Il s’agit, pour les « conclavistes » (« conclavisti », comme on les appelle en italien), de « reconnaître que celui pour qui nous votons est celui que nous jugeons le plus apte à servir Dieu en veillant sur le troupeau du Christ ».

C’est ainsi que la constitution apporte un « luxe de précisions pour préserver les cardinaux de toutes les pressions extérieures », insiste le cardinal, comme le fait que le bulletin, anonyme, où chacun inscrit le nom de celui qu’il veut comme pape, est ensuite brûlé. Ou comme le serment fait à haute voix : « Je prends à témoin le Christ Seigneur, qui me jugera, que je donne ma voix à celui que, selon Dieu, je juge devoir être élu ».

Au moment de cet acte concret de voter, commente le cardinal Lustiger, « il nous est demandé de nous mettre devant Dieu, sans aucun autre calcul, mais avec cette conviction intime ».

Vie cloîtrée et liturgique

Le deuxième élément mis en valeur par le cardinal Lustiger est le lieu défini par Jean-Paul II pour toute élection de l’évêque de Rome : la chapelle Sixtine. Cela devient « obligatoire » avec cette constitution de 1996. C’est-à-dire, précise-il, que les cardinaux ont sous les yeux la fresque du Jugement dernier de Michel Ange, « comme pour rappeler à chacun la réalité de ce que nous sommes en train de faire ».

Troisième élément : le texte précise que pendant ces opérations de vote – 4 scrutins par jour avec un dépouillement scrupuleux - , les cardinaux sont en « habit de chœur », c’est-à-dire qu’il s’agit d’une « célébration liturgique ». Ils revêtent leur soutane rouge et le surplis : « Nous sommes dans une liturgie », insiste le cardinal Lustiger.

Il ajoute : « La vie cloîtrée que nous allons mener est une vie de prière et de silence. Nos échanges doivent tous être faits dans cette lumière ».

Le cardinaux font alors, souligne l’archevêque, ce que les Onze ont dû faire pour désigner Matthias dans les Actes des Apôtres ». Ils ont commencé « par une prière », choisissent des personnes qui ont été « témoins de la vie du Seigneur » et opèrent un tirage au sort.

L’Eglise entière qui intercède auprès de Dieu
Pourquoi prier pour un nom ?, interroge le cardinal Lustiger. « Parce que cela ne repose pas seulement sur nous ». Mais « nous n’attendons pas une illumination ou une vision – même si rien n’interdit au Seigneur de faire ce qu’Il veut- », « nous lui demandons de purifier notre intelligence de tout intérêt qui puisse obscurcir notre esprit, pour que nous puissions voir celui que Dieu voudra désigner : c’est nous qui votons, en toute conscience devant Dieu, il faut que les rumeurs, les bruits, les commentaires, soient purifiés par la volonté d’être disponibles à la vérité de Dieu ».

Or, ajoute le cardinal Lustiger, « cela dépend de la prière de toute l’Eglise, nous ne sommes que mandatés pour faire cet acte. Mais c’est l’Eglise entière qui intercède auprès de Dieu ».

Il précise : « Il ne faut pas se fier aux apparences, ni même au talent, il ne s’agit de rien d’autre que de la conviction intime ».

Et de citer les résultats d’élections précédentes, contre prédictions et prévisions : Jean XXIII devait être un pape « de transition », il a convoqué Vatican II, une chose qu’on ne pouvait pas imaginer. On n’avait pas non plus prévu, faisait observer le cardinal Lustiger, que Jean-Paul Ier allait être rappelé par le Seigneur après 33 jours. Et de Jean-Paul II nul ne savait « quel homme il allait être et comment il allait déployer les talents donnés par Dieu dans une vie si longue et si dramatique ».

C’est ainsi, souligne-t-il, que « Dieu inscrit dans la vie humaine une histoire sainte », dans la « liberté de l’offrande » de soi de qui « s’en remet à la puissance de Dieu » pour cette « tâche immense, surhumaine ».


ZF05041705
Rédigé par Cardinal Lustiger le Lundi 18 Avril 2005
TESTAMENT DE JEAN-PAUL II


TESTAMENT DU 6 MARS 1979 (et additions successives)

Totus Tuus Ego Sum

Au nom de la Très Sainte Trinité, Amen

"Veillez car vous ignorez le jour où votre Seigneur viendra". Ces paroles me font penser au dernier appel, qui aura lieu au moment où il plaira au Seigneur de m'appeler. Je désire Le suivre et que tout ce qui appartient à ma vie terrestre me prépare à ce moment. J'ignore quand cela adviendra mais, comme tous les autres, je confie ce moment à la Mère de mon Maître. Totus Tuus. Dans ces mêmes mains maternelles j'abandonne tout et tous ceux qui liés à ma vie et à ma vocation, l'Eglise avant tout, mon pays et l'humanité toute entière. Merci à tous, à tous je demande pardon. Je demande de prier pour moi afin que la Divine Miséricorde soit plus grande que ma faiblesse et mon indignité.

Au cours des exercices spirituels, j'ai relu le Testament de Paul VI, ce qui m'a poussé à rédiger celui-ci.

Je ne laisse aucune propriété dont il faut disposer. Quant à mes affaires d'usage quotidien, je demande de les distribuer comme il semblera opportun. Que les notes personnelles soient brûlées. Pour cela, je demande à ce que Don Stanislaw, que je remercie pour sa collaboration, son aide et sa compréhension tout au long de ses longues années, s'en occupe. Je garde dans le coeur devant Dieu tous les autres remerciements, parce qu'il serait trop difficile de les exprimer.

En ce qui concerne les funérailles, je donne les mêmes dispositions que celles déjà données par le Pape Paul VI. (Note en marge : la sépulture en terre et non dans un sarcophage, 13.3.92).

"apud Dominum misericordia
et copiosa apud Eum redemptio"
Giovanni Paolo pp. II

Rome, 6.III.1979
Après la mort, je demande des messes et des prières
5.III.1990

Feuille sans date :

Je suis profondément confiant, malgré toute ma faiblesse, que le Seigneur me concèdera toute la grâce nécessaire pour affronter selon Sa volonté, chaque tâche, épreuve et souffrance qu'il voudra demander à Son serviteur au cours de ma vie. Je suis également confiant qu'il ne permettra jamais que, par mon comportement, mes paroles, oeuvres ou omissions, je puisse trahir mes obligations envers ce saint Siège pétrin.

24.II - 1.III.1980
De même, pendant ces derniers exercices spirituels, j'ai réfléchi sur la vérité du sacerdoce du Christ dans la perspective de ce Passage qui pour chacun de nous est le moment de la propre mort. Du départ de ce monde - pour naître dans l'autre, dans le monde futur, signe éloquent (Note ajoutée au-dessus : décisif) qu'est pour nous la Résurrection du Christ.

J'ai donc relu l'enregistrement de mon testament de l'année dernière, également fait pendant les exercices spirituels. Je l'ai comparé avec le testament de mon grand prédécesseur et père Paul VI, avec ce sublime témoignage sur la mort d'un chrétien et d'un pape. J'ai repassé dans ma conscience les aspects auxquels se réfère l'enregistrement du 6.III.1979 que j'avais préparé (de façon plus tôt provisoire).

Aujourd'hui je souhaite ajouter seulement ceci, que chacun de nous doit garder présent la perspective de la mort. Chacun doit être prêt pour se présenter devant le Seigneur et le Juge - et en même temps le Rédempteur et le Père. Constamment je prends en considération ce fait, confiant ce moment décisif en la Mère du Christ et de l'Eglise - en la Mère de mon espérance.

Les temps dans lesquels nous vivons, sont sans aucun doute difficiles et inquiets - tant pour les Fidèles, que pour les Pasteurs. Dans certains pays (comme par exemple celui de qui j'ai lu pendant les exercices spirituels), l'Eglise se trouve dans une période de persécutions telles qu'elles ne sont pas moindres des persécutions des premiers siècles, elles les dépassent même par leur degré de cruauté et de haine. Sanguis martyrum - semen christianorum. De plus, tant de personnes disparaissent innocemment, également dans ce pays dans lequel nous vivons...

Je désire une fois encore me remettre totalement à la grâce du Seigneur. Lui-même décidera quand et comment je dois finir ma vie terrestre et le ministère pastoral. Dans la vie et dans la mort Totus Tuus grâce à l'Immaculée. Acceptant dès maintenant cette mort, je souhaite que le Christ me donne la grâce pour ce dernier passage, c'est à dire [ma] Pâques. J'espère également qu'il la rende utile pour cette plus importante cause que je sers et pour laquelle je cherche de vivre : le salut des hommes, la sauvegarde de la famille humaine, et en elle celle de toutes les nations et des peuples (parmi celles-ci je m'adresse particulièrement à ma Patrie terrestre), utile pour les personnes qu'il m'a particulièrement confiées, pour l'Eglise, pour la gloire de Dieu même.

Je ne souhaite pas ajouter autre chose à ce que j'ai écrit il y a un an - seulement exprimer cette promptitude et en même temps cette confiance, à laquelle les présents exercices spirituels m'ont de nouveau disposés.
Giovanni Paolo II

Totus Tuus ego sum

5.III.1982
Au cours des exercices spirituels de cette année, j'ai relu (plusieurs fois) le texte du testament du 6.III.1979. Bien que je le considère encore provisoire (non définitif), je le laisse tel qu'il est. Je ne change rien (pour le moment), et n'ajoute rien non plus, en ce qui concerne les dispositions qui y sont contenues.

L'attentat à ma vie, le 13.V.1981, a en quelque sorte confirmé l'exactitude des paroles écrites pendant la période des exercices spirituels de 1980 (24.II-1.III).

Je ressens encore plus profondément que je suis totalement entre les mains de Dieu - et je reste constamment à la disposition de mon Seigneur, me confiant à Lui dans Sa Mère Immaculée (Totus Tuus).
Giovanni Paolo pp. II

5.III.82
A propos de la dernière phrase de mon testament du 6.III.1979 ("Sur le lieu/c'est à dire le lieu des funérailles/ que le Sacré Collège et les co-nationaux décident") - je précise ce que j'ai en tête : le métropolite de Cracovie ou le Conseil général de l' Episcopat de Pologne. Je demande donc au Sacré Collège de satisfaire si c'est possible les éventuelles demandes des sus-nommés.

1.III.1985 (au cours des exercices spirituels).
Encore - en ce qui concerne l'expression "Sacré Collège et co-nationaux" : le Sacré Collège n'a aucune obligation d'interpeller sur cet argument "les co-nationaux" ; il peut toutefois le faire, si pour quelques motifs il le retient juste.
JPII

Les exercices spirituels de l'année jubilaire 2000
(12-18.III)
[Pour le testament]

Quand le 16 octobre 1978 le conclave des cardinaux a choisi Jean-Paul II, le Primat de Pologne, le Cardinal Stefan Wyszynski m'a dit : "Le devoir du nouveau Pape sera d'introduire l'Eglise dans le Troisième Millénaire". Je ne sais pas si je répète précisément la phrase, mais tel était le sens de ce que j'ai alors entendu. Cela a été dit par l'homme qui est passé dans l'histoire comme Primat du Millénaire. Un grand Primat. J'ai été le témoin de sa mission, de sa totale confiance. De ses luttes, de sa victoire. "La victoire, quand elle aura lieu, sera la victoire grâce à Marie" - répétait souvent le Primat du Millénaire en citant son prédécesseur, le Cardinal August Hlond.

De cette façon j'ai été en quelque sorte préparé au devoir qui s'est présenté devant moi le 16 octobre 1978. Au moment où j'écrit ces paroles, l'Année Jubilaire de l'An 2000 est déjà une réalité en cours. La nuit du 24 décembre 1999 la symbolique Porte Sainte du Grand Jubilée de la Basilique St Pierre a été ouverte, suivie de celle de Saint Jean du Latran, puis de celle de Sainte Marie Majeure le 1er janvier et de la Porte Sainte de la Basilique de Saint Paul "Hors les Murs" le 19 janvier. Ce dernier évènement, par son caractère oecuménique, est particulièrement resté gravé dans la mémoire.

Au fur et à mesure que l'Année Jubilaire 2000 avance, de jour en jour le vingtième siècle se referme et s'ouvre le vingt-et-unième siècle. Selon le dessein de la Providence, j'ai vécu dans ce difficile siècle qui s'en va dans le passé, et maintenant au cours de cette année où j'attendrai quatre-vingts ans ("octogesima adveniens"), il faut se demander s'il n'est pas temps de répéter avec Siméon, le biblique, "Nunc dimittis".

Le 13 mai 1981, le jour de l'attentat au Pape, pendant l'Audience générale Place St Pierre, le Divine Providence m'a miraculeusement sauvé de la mort. Celui qui est l'unique Seigneur de la vie et de la mort, Lui même m'a prolongé cette vie, et d'une certaine façon il me l'a donnée de nouveau. Depuis ce moment, elle Lui appartient encore plus qu'avant. J'espère qu'Il m'aidera à comprendre jusqu'à quand je dois continuer ce service, auquel il m'a appelé le 16 octobre 1978. Je Lui demande de me rappeler quand Lui-même le voudra. "Dans la vie et dans la mort, nous appartenons au Seigneur... nous sommes du Seigneur" (cf. Rm 14,8). J'espère aussi que la Miséricorde de Dieu me donne les forces nécessaires pour accomplir le service Pétrin dans l'Eglise jusqu'à ce qu'il me soit donné.

Comme chaque année pendant les exercices spirituels, j'ai relu mon testament du 6.III.1979. Je continue à maintenir les dispositions qu'il contient. Ce qui a été ajouté alors et pendant les exercices spirituels successifs, constitue une réflexion de la situation générale difficile et tendue, qui a marqué les années quatre-vingt. Depuis l'automne 1989 cette situation a changé. La dernière décennie du siècle passé a été libérée des tensions précédentes ; cela ne signifie pas qu'elle n'ait pas porté avec elle de nouveaux problèmes et de nouvelles difficultés. Rendons particulièrement grâce à la Providence Divine pour cela, pour que la période dite de "guerre froide" soit finie sans violent conflit nucléaire, danger qui pesait sur le monde dans la période précédente.

Etant au seuil du troisième millénaire "in medio Ecclesiae", je souhaite encore une fois exprimer ma gratitude à l'Esprit Saint pour le grand don du Concile Vatican II, pour lequel, ensemble avec toute l'Eglise - et surtout avec tout l'épiscopat - je me sens débiteur. Je suis convaincu que pour de longues années encore, les nouvelles générations pourront y puiser les richesses que ce Concile du XX siècle a données. En tant qu'évêque qui a participé à l'évènement conciliaire du premier au dernier jour, je désire confier ce grand patrimoine à tous ceux qui sont et seront dans l'avenir appelés à le réaliser. Quant à moi, je remercie le Pasteur éternel qui m'a permis de servir cette grande cause au cours de toutes ces années de mon pontificat.

"In medio Ecclesiae"... des premières années du service épiscopale - justement grâce au Concile -j'ai pu vivre la communion fraternelle de l'Episcopat. En tant que prêtre du diocèse de Cracovie, j'avais préalablement expérimenté ce qu'était la communion fraternelle du presbytère - le Concile a ouvert une nouvelle dimension de cette expérience.

Combien de personnes devrais-je citer ! Probablement le Seigneur Dieu a rappelé à Lui la grande majorité d'elles - quant à celles qui se trouvent encore de ce côté, les mots de ce testament les rappellent toutes et partout, où qu'elles se trouvent.

Depuis plus de vingt ans que j'accomplis le service Pétrin "in medio Ecclesiae", j'ai apprécié la bienveillante et plus que jamais féconde collaboration de tant de Cardinaux, Archevêques et Evêques, de tant de prêtres, de tant de personnes consacrées - frères et soeurs - et enfin de tant de personnes laïques, dans le contexte de la Curie, au Vicariat de Rome ainsi qu'en dehors de ces lieux.

Comment ne pas embrasser reconnaissant touts les épiscopats du monde, que j'ai rencontré lors des différentes visites "ad limina Apostolorum" ! Comment ne pas rappeler également tous les frères chrétiens - non catholiques ! Et le Rabbin de Rome et les nombreux représentants des religions non chrétiennes ! Et combien de représentants du monde de la culture, de la science, de la politique, des moyens de communications sociales !

Au fur et à mesure que s'approche la limite de ma vie terrestre, je repense aux débuts, à mes parents, à mon frère et ma soeur (que je n'ai pas connue, car elle est morte avant ma naissance), à la paroisse de Wadowice, où j'ai été baptisé, à la ville de mon amour, à mes compagnons de l'élémentaire, du lycée, de l'université jusqu'aux temps de l'occupation, quand je travaillais comme ouvrier, puis à la paroisse de Niegowie, et à la paroisse S.Florian de Cracovie, à la pastorale des académiciens, à tous ces lieux... à Cracovie et à Rome... aux personnes qui d'une manière particulière m'ont été confiées par le Seigneur.

A tous je veux dire une seule chose : "Que Dieu vous récompense".

"In manus Tuas, Domine, commendo spiritum meum"

Traduction : V.I.S.

Rédigé par Jean-Paul II le Lundi 11 Avril 2005
QUESTIONS: EMBAUMEMENT DU PAPE
Vous trouverez ici quelques informations pertinentes puisées dans l'édition du 4 avril 2005 du quotitien italien "La Repubblica" dans un article de Filippo Ceccarelli (p. 11).

Voici la traduction d'un extrait de cet article:

Ainsi la dépouille de Jean-Paul II sera exposée et vénérée pendant trois jours, mais ceci n'empêchera pas que sans cesser d'apparaître sacrée, elle ne demeure irrémédiablement corruptible, et donc, pour cette raison, adéquatement 'traitée', 'préparée', comme on dit en termes aseptiques.

En fait, elle est plus ou moins embaumée selon les méthodes anciennes de la momification.

Guido Ceronettine dans Il silenzio del corpo (Adelphi, 1979) écrit:"Mum est un terme de pharmacie qui désigne de la cire, du baume, un volume d'asphalte et de substance résineuses piétrifiées, mais encore actives."

....

Depuis des temps immémoriaux, les médecins pontificaux ont tenté d'embaumer les dépouilles des papes - avec plus ou moins de succès.

Hier, les médias se sont longuement arrêtés sur les couleurs, les tissus, le formaldéhyde, les seringues hypodermiques et surtout sur la dynastie de thanatoloques des SIGNORACCI.

C'est à Massimo, technicien en anatomie pathologique, fils de Renato et neveu de Cesare qu'est revenue la tâche de travailler sur la dépouille de Jean-Paul II. "Pour nous c'est toujours un honneur" a-t-il dit avec la réserve de circonstance...
Rédigé par La Repubblica le Vendredi 8 Avril 2005
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