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HARIAOUAGUI
"L’homme de la grande affaire"
Ode à François de Laval

CHANT-THÈME DE L'ANNÉE JUBILAIRE FRANÇOIS DE LAVAL 2008
Texte, explications et commentaires

L`auteur: Robert Lebel interprétant son chant-thème à la Chapelle du Musée de l`Amérique française le 2 octobre 2007 Paroles et musique Robert Lebel, Éditions Pontbriand inc. / Interprète Robert Lebel / Choeurs Robert Lebel,Marie Bélanger / Piano et programmation Denis Larochelle / Guitares acoustiques et électriques Pierre Côté / Arrangements Denis Larochelle / Mixage Denis Larochelle, Studio Denis Larochelle

Distribution Novalis, C.P. 990, Succ. Delorimier, Montréal QC H2H 2T1 sac@novalis-inc.ca


Lancement fait le 2 octobre 2007 au Musée de l’Amérique française par le Comité des Fêtes François de Laval 2008 et le Séminaire de Québec. Voir le reportage.

Nouveau - Écoutez le chant-thème interprété par Robert Lebel Cliquez ici.



1- C’est là, dans une humble chapelle,
Un jour à St-Germain-des-Prés,
Qu’au loin une voix vous appelle
Depuis la côte de Beaupré…
Sur cette terre amérindienne
Autour de l’Isle d’Orléans
Où naissait l’âme canadienne
Et tout un peuple en même temps.
Mené dans un canot d’écorce,
Vous parcouriez le St-Laurent
Sans autre garde ni escorte
Que quelques braves paysans.
Pas de cheval, pas de carrosse,
Non, c’est à pied que vous alliez
Sur vos raquettes et sur les glaces
Chez l’habitant de ces contrées

Refrain

Hariaouagui,
François de Laval,
Tout premier pasteur
De notre peuple !
Hariaouagui,
François de Laval,
Bien aimé pasteur
Au coeur du peuple
De chez-nous.

2- Vous étiez l’homme du partage
Toujours prêt à tendre la main
Pour dispenser votre héritage
Offrant vos terres et vos biens.
Tout en disant : que sert à l’homme
De vouloir gagner l’univers
S’il en vient à perdre son âme
En oubliant Celui qu’il sert….
Ce ne sont pas les beaux langages
Pas plus que les plus beaux discours
Qui portent fruit et témoignage
Mais notre joie et notre amour.
N’alliez-vous pas vers les malades
Sans craindre de toucher leurs plaies,
Faisant le lit et le ménage,
Passant vous-même le balai?

Refrain

3- Pasteur de grande vigilance,
Il vous souffrait d’être mêlé
Aux brouilleries entre puissances
Et leurs intrigues obstinées…
Devant ces croix les plus amères,
Vous retrouviez dans l’oraison
La confiance la plus entière
Et la grâce de l’abandon.
Sans même verser une larme
Ni même jeter un soupir,
Vous regardiez au creux des flammes
Quarante années s’évanouir…
L’oeuvre de Dieu n’est pas de pierre,
Elle n’est pas non plus de bois!
L’âme et le coeur de cette terre
Se construisaient sur votre foi.

Refrain

4- On gagne plus par la tendresse
Que par des mots chargés d’aigreur;
Aussi faut-il avec sagesse
Se faire aimer par sa douceur.
Un simple geste d’impatience
Ou un visage rebutant
Peuvent conduire à la méfiance
Et tout détruire en un instant.
L’Esprit demande un coeur paisible
À la fois libre et recueilli
Reflétant comme une eau tranquille
La paix qui émane de lui.
Au champ de Dieu, toute semence
Germe et grandit quand vient l’été…
Et qui n’a pas cette patience
Est en danger de tout quitter.


Bienheureux
François de Laval,
Tout premier pasteur
De notre peuple !

François de Laval,
Bien aimé pasteur
Au coeur du peuple
De chez-nous

  • Nous transcrivons ici le commentaire éclairant de monsieur l'abbé Michel Fournier, curé de la paroisse saint François-de-Laval sur le titre du chant-thème.

    François de Laval - Hariaouagui «L'homme de la grande affaire»

    Du 8 décembre 2007 au 8 décembre 2008, en même temps que les manifestations du 4e centenaire de la Ville de Québec et en la même année que le Congrès eucharistique international de Québec, se déroulera L'ANNÉE JUBILAIRE DE FRANÇOIS DE LAVAL. Ce jubilé soulignera le 350e anniversaire de la consécration épiscopale de Mgr de Laval reçue lorsqu'il avait 35 ans et le 300e anniversaire de sa mort survenue alors qu'il avait atteint l'âge de 85 ans. Le Séminaire de Québec, cette société de prêtres diocésains mise sur pied par Mgr de Laval et témoin de son héritage spirituel, en est le promoteur.

    Le Séminaire a fait appel à un auteur compositeur de chants religieux bien connu, Robert Lebel, pour créer un chant qui exprime le sens de cette année jubilaire. Robert Lebel est prêtre, membre de l'Institut Voluntas Dei; plusieurs de ses créations font partie du répertoire des assemblées liturgiques paroissiales.

    Pour le titre de son chant, Robert Lebel a retenu un nom que les Hurons donnaient à Mgr de Laval; Hariaouagui, ce qui signifie «l'homme de la grande affaire» Mais que peut bien vouloir dire ce titre attribué au premier évêque de Québec?

    L'existence de ce nom est attestée par l'historien Auguste Gosselin, ce prêtre curé de Saint-Ferréol qui, au tournant du 20e siècle, a écrit une biographie de Mgr de Laval en puisant dans la source première que sont les Relations des Jésuites. Ces relations sont des écrits que les missionnaires jésuites oeuvrant en Nouvelle-France rédigeaient et envoyaient en France afin de bien informer les autorités, les membres et les bienfaiteurs de leur communauté sur l'évolution de leur travail pastoral.

    Gosselin rapporte que cinq jours après son arrivée à Québec en juin 1659, Mgr de Laval donna un banquet auquel il invita les amérindiens. Un ancien parmi ceux-ci y prit la parole et désigna Mgr de Laval sous ce nom de «Hariaouagui - l'homme de la grande affaire». Il semble que le nom soit resté attaché à la personne de Mgr de Laval puisque Gosselin le donne comme utilisé aussi lors des funérailles de Mgr de Laval, près de cinquante ans après son arrivée. Mais quelle est donc cette «grande affaire» qu'on attribue à l'évêque?

    L'abbé Gosselin rapporte que les missionnaires jésuites se préoccupaient de parler aux amérindiens de «la grande affaire de leur salut» comme étant plus importante que toutes les autres affaires. Ayant déjà une certaine connaissance intuitive de Dieu; les amérindiens apprenaient encore que le Dieu créateur du monde s'est lui-même fait connaître par des prophètes au sein d'un Peuple élu, qu'il a fait alliance avec ce Peuple, et devant les hésitations du Peuple ou même les refus à entrer en relation de confiance avec lui,Dieul a envoyé son propre Fils, Jésus de Nazareth, pour appeler tous les peuples du monde à s'engager dans une nouvelle Alliance.

    Dans cette nouvelle Alliance, Dieu offre son aide, sa grâce, pour que les êtres humains puissent entrer par la porte étroite (Mt 7, 13) qui conduit à la vie, qui conduit au chemin d'éternité (Ps 188, 24), plutôt que d'emprunter le chemin large qui conduit à la perdition. Le missionnaire place ainsi l'existence humaine sur un horizon qui dépasse les limites du quotidien ou plutôt qui intègre la vie au quotidien dans un vaste projet dont Dieu est l'initiateur et le premier artisan. Dieu offre son aide pour que les humains puissent vaincre le mal et le péché. En bref, Dieu offre le salut aux humains et les missionnaires, l'évêque au premier titre, en sont les porte-parole.

    Pour une nation qui découvrait ce vaste horizon religieux du salut offert par Dieu et dont la langue n'avait peut-être pas encore les mots plus spécifiques nécessaires pour décrire une telle réalité, François de Laval devenait l'homme de la grande affaire, la grande affaire du salut.

    Si cette hypothèse d'interprétation est exacte, le nom de «Hariaouagui» exprimait une perception élevée du message religieux de François de Laval et une perception également élevée de la fonction du porteur du message. Sous ce nom, message et messager sont hautement considérés par des gens qui ont perçu avec justesse quelle est leur nature.

    N'y a-t-il pas là une certaine affinité avec le thème du BON PASTEUR utilisé par Jésus pour faire comprendre la bonté de Dieu qui offre le salut aux humains en pardonnant leurs péchés?

    Hariaouagui, l'homme de la grande affaire, le bon pasteur. Voilà ce que fut François de Laval avec audace et énergie au milieu de son peuple pendant cinquante ans. Que l'année jubilaire nous permette de mieux en prendre conscience et surtout de remercier le Père céleste pour l'offre du salut qui s'est faite sur les rives du Saint-Laurent par l'audace d’un homme de la trempe de François de Laval.

    Michel Fournier, prêtre

    octobre 2007




  • Le père Gérard Blais, marianiste, animateur de la Messe des artistes à la Chapelle du Bon Pasteur de Québec donne dans son homélie du 23 septembre 2007 les précisions suivantes sur le nom de "Hariaouagui" ou "Hariaouaouaqui" donné à François de Laval par les amérindiens.

    "Le contexte historique de cette appellation est tout à fait pathétique, écrit-il,. Nous sommes en 1659. Kébec n’a que 51 ans. Les luttes tribales font rage entre les Hurons et les Iroquois. Un chef huron vient voir Mgr de Laval et lui dit :

      Ô Hariouaouagui, nous ne sommes plus que l’ombre
      d’un peuple jadis florissant.
      Faites quelque chose pour nous. (…)
      Si vous ne pouvez obtenir de la France des soldats
      pour humilier et détruire trois ou quatre villages de nos ennemis les Iroquois,
      du moins, donnez-nous du courage pour leur résister.

      Père Jérôme Lallemant, Relations des Jésuites, Kébec, le 12 septembre 1659.

    Cette prière ressemble à certains psaumes où l’on demande au Seigneur d’écraser la tête de ses ennemis. (Ps 68,22). Quand on est mal pris, on prie comme on peut. C’est un peu primitif. Sans doute, mais du moins le message est clair! Dans cette affaire, Mgr de Laval a joué un rôle important. Il va travailler incessamment pour ramener la paix entre les indiens."

    Puis après avoir rappelé la vie et le ministère de François de Laval, il conclut ainsi:

    • Hariouaouagui, « L’homme de la grande Affaire ».

      "Sa grande Affaire, si j’ai bien compris, ce fut d’abord et avant tout, d’annoncer l’Évangile dans un contexte nouveau. Plusieurs prêtres formés à l’école des Jésuites entendaient réformer le catholicisme en France. Ses idées de réforme, il les appliquera avec la création d’une institution originale : le Séminaire du Québec. Ce ne fut pas facile. Il dut faire face au gouverneur Frontenac, un homme brouillon qui aimait compliquer les choses. Le gouverneur voulait des prêtres fixes, inamovibles, entretenus par les paroissiens, donc plus faciles à contrôler. Or, les paroissiens étaient incapables d’entretenir leur pasteur. Pour résoudre ce problème, Mgr de Laval mit tout son argent personnel à l’achat de la Côte de Beaupré ainsi que l’Ile d’Orléans. Grâce à ces possessions, il sut retirer des bénéfices suffisants pour construire le Séminaire et subvenir aux besoins des prêtres de paroisse. Sans le Petit séminaire, avec ses extensions au petit Cap, au Moulin du Petit-Pré, ainsi qu’au Domaine Maizerets, les paroisses n’auraient jamais démarré. Sans les paroisses, pas de colonisation non plus. Jusqu’à nos jours, le Séminaire est demeuré un lieu de formation, de concertation, d’échange et de repos pour les prêtres du diocèse. En cette affaire, Mgr de Laval fut ingénieux. On a beau être pieux, on n’est pas obligé d’être niaiseux."

    • Hariouaouagui, « L’homme de la grande Affaire ».

      "Les historiens nous révèlent que Mgr de Laval fut un homme de grande humilité mais aussi de grande obstination. Malgré ses titres et son origine, il n’avait aucun « plan de carrière »; il était très libre et très détaché en ce qui regardait ses affaires personnelles. Mais lorsqu’on touchait aux affaires de l’Église il pouvait devenir têtu. Une grosse affaire allait mobiliser ses énergies. Une affaire de boisson! Il aura des débats orageux avec le gouverneur Frontenac. Il faut savoir que le commerce des fourrures était fort lucratif et que les belles mesdames d’Europe en redemandaient. Selon les historiens, une bonne partie de l’argent était réinvesti dans la colonie. Toutefois on se rendit vite compte que les Indiens avaient un faible pour l’eau de vie. Quelques commerçants peu scrupuleux obtenaient les meilleures fourrures pour un peu d’alcool. D’autres les imitèrent. Le problème devint sérieux. L’eau de vie décimait les tribus indiennes. Mgr de Laval prit les grands moyens : il menaça d’excommunication tous ceux qui faisaient le trafic de l’eau de vie. Au chapitre de l’alcool, permettez-moi d’ouvrir une parenthèse. Les alcools consolateurs, comme disait Louis-Ferdinand Céline, ont joué un rôle ambivalent dans l’extension du Royaume de Dieu. A vrai dire, ça commence avec un Jésus dont on dit qu’il était un glouton et un buveur! (Sic : Mt 11,19). Comme on le voyait souvent à table, je pense que ce n’est pas une pure figure de style. Jésus acceptait ce qu’on lui offrait, serait-ce une bonne coupe de vin. Vous savez aussi que de grands monastères ont survécu grâce à la vente de certaines liqueurs comme la Chartreuse… ou l’Élexir du Père Gaucher que vous pouvez encore vous procurer au monastère de St-Michel de Frigolet, dans le midi de la France."

      "Au Québec, les moines se sont recyclés dans les fromages et les chocolats, parce que les conditions climatiques sont différentes de l’Europe. Plus près de nous, vous connaissez peut-être l’histoire des soeurs grises… Pour financer leur hôpital de Montréal, elles fabriquaient un alcool dont la consommation rendait, disons, un peu … gris. Des historiens plus patentés que moi pourraient aussi vous expliquer comment on a trouvé une solution au problème de l’eau de vie, en Nouvelle-France, en inventant la bière, à moindre teneur en alcool. En ce domaine, à moins d’être un Tahiban, il faut faire des compromis."

    • Hariouaouagui, « L’homme de la grande Affaire ».

      "De tout ce qui a été écrit de Mgr de Laval, il est un aspect de sa vie qui étonne encore aujourd’hui. En 1688, à l’âge de 65 ans, Mgr de Laval se retire comme évêque de Québec. Aujourd’hui, c’est l’âge où on les nomme! Il n’était pas malade, il n’était pas découragé, il vivra encore 20 ans. Pourquoi donc s’est-il retiré? L’historien Lucien Campeau explique cette retraite prématurée de la façon suivante : « Cet homme n’avait aucune ambition ». Il considéra qu’il avait fait son devoir. Il fit comme les outardes : celle qui indique la route pendant un bon moment, passe à l’arrière il laisse sa place à un autre. Cet autre, Mgr St-Vallier va à peu près tout défaire ce qu’avait fait son prédécesseur. Mgr de Laval que l’on appelait désormais « Mgr l’Ancien » n’intervint pas. Il s’était retiré dans son cher Séminaire, vivant dans l’ascèse la plus totale, inspirée par les grands spirituels espagnols, Jean de la Croix et Thérèse d’Avila."



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