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Cours sur l'histoire de la spiritualité moderne et contemporaine
par Hermann Giguère
professeur associé à la Faculté de théologie et de sciences religieuses de l'Université Laval (Québec)

Thérèse de l'Enfant-Jésus dite Thérèse de Lisieux
(Thérèse Martin 2 janvier 1873- 30 septembre 1897)


Chronologie de la vie de Thérèse de l'Enfant-Jésus:
Repères historiques

Son itinéraire spirituel et sa "petite voie"
Aux prises avec Dieu par l'abbé Hermann Giguère

Actualité de son message
La sainteté de Thérèse par Mgr Guy Gaucher

Écrits de Thérèse
Thérèse de l'Enfant-Jésus
Les écrits de sainte Thérèse de l'Enfant Jésus sont disponibles sur le site des Archives du Carmel.: Manuscrits autobiographiques, poèmes, lettres etc. Tous les écrits en ligne pour consultation et téléchargement gratuit.








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CHRONOLOGIE
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02.01.1873 - naissance de Thérèse Martin à Alençon
28.08.1877 - mort de Madame Martin. La famille s'installe à Lisieux, dans une maison appelée "Les Buissonnets"
13.05.1883 - Thérèse, malade, est guérie par le "sourire de la Vierge"
08.05.1884 - Première communion de Thérèse à l'école des Bénédictines
25.12.1886 - Après la messe de minuit, "conversion" de Thérèse
"Je sentis la charité entrer dans mon coeur, le besoin de m'oublier pour faire plaisir et depuis lors je fus heureuse!"
1887: Voyage à Rome
09.04.1888 - Thérèse entre au Carmel de Lisieux. Elle a 15 ans
10.01.1889 - Prise d'habit de Thérèse
08.09.1890 - Profession en clôture
29.07.1894 - Décès de son père, Monsieur Martin
1895 - Thérèse commence à rédiger ce qu'on publiera en 1898 sous le titre "Histoire d'une âme". Cette même année, elle est désignée comme "soeur spirituelle" d'un missionnaire. Elle prononce son"Acte d'Offrande"
1897 - Thérèse meurt. Elle est enterrée au cimetière de Lisieux
Après sa mort
29.04.1923 - Béatification de soeur Thérèse par le Pape Pie XI
17.05.1925 - Canonisation par le Pape Pie XI
14.12.1927 - Thérèse est proclamée Patronne des Missions
03.05.1944 - Thérèse Patronne secondaire de la France
11.07.1954 - Consécration de la Basilique Sainte-Thérèse
02.06.1980 - Jean-Paul II pèlerin à Lisieux
26.03.1994 - Les parents de Thérèse sont déclarés "vénérables" en vue de leur Béatification
19.10.1997 - Sainte Thérèse est proclamée Docteur de l'Eglise à Rome par le Pape Jean-Paul II




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DOCUMENT I
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Thérèse de l'Enfant-Jésus (1873-1897): AUX PRISES AVEC DIEU



par Hermann Giguère, professeur titulaire à l'Université Laval à la Faculté de théologie et de sciences religieuses



La question thérésienne

Ce qui frappede de prime abord,c'est la difficulté de bien percevoir le visage de Thérèse. D'une part, elle se pose à cause de son rayonnement qui fut très rapide: morte le 30 septembre 1897 elle fut béatifiée le 29 avril 1923, puis. canonisée le 17 mai 1925. D'autre part, sa vie semble tellement ordinaire qu'on est facilement porté à l'embellir. C'est d'ailleurs cette difficulté de comprendre Thérèse qui a incité Alain CAVALIER à tourner son film THERESE, primé au Festival de Cannes en 1986.

La diffusion du message thérésien se manifeste dans les nombreuses éditions de son autobiographie appelée jusqu'en 1954 Histoire d'une âme. Un an après sa mort, deux mille exemplaires sont diffusés. Quinze ans plus tard, deux cent onze mille exemplaires. Pour sa vie abrégée: sept cent dix mille exemplaires.En 1913, le Carmel de Lisieux, où elle avait vécu les dernières années de sa vie recevait environ huit cents à mille lettres par jour.

L'interprétation de ce véritable engouement du peuple chrétien n'est pas facile. Le génie organisateur de Mère Agnès-de-Jésus (Pauline, la soeur ainée de Thérèse) y est pour quelquechose. L'explication plus profonde du phénomène réside plutôt dans le vent de libération que marquait la spiritualité thérésienne. Devant des spiritualités besogneuses où les exercices de piété et les pratiques ascétiques occupaient presque toute la place, Thérèse réaffirmait cette vérité fondamentale: vivre l'évangile est à la portée de tous parce que la miséricorde et l'amour de Dieu s'adresse à tous. C'est l'amour imbibant les plus simples gestes qui fait les disciples de Jésus. Voilà la "petite voie" que Thérèse découvre dans son cheminement.En 1897, peu de temps avant sa mort elle écrit :"Me grandir, c'est impossible, je dois me supporter telle que je suis avec toutes mes imperfections, mais je veux chercher le moyen d'aller au ciel par une petite voie bien droite, bien courte, une petite voie toute nouvelle."

Une vie à la recherche de sa voie

Thérèse MARTIN est née à Alençon en Normandie (France) en 1873. La famille s'établira plus tard à Lisieux. Dernière enfant de la famille, elle reçoit le nom d'un enfant mort. Elle est orpheline de mère à quatre ans, et son père finit sa vie dans une maison de malades mentaux après avoir fait des fugues qui causèrent de vives inquiétudes.

Les difficultés psychologiques ne sont pas épargnées à Thérèse durant son enfance. Elles font partie de son cheminement spirituel. Le premier choc psychologique survient à la mort de sa mère le 28 août 1877. Elle choisit Pauline comme seconde mère. L'enfant enjouée qu'elle était devient renfermée. En dehors de la chaude atmosphère familiale, Thérèse connait des problêmes d'adaptation. Cette période se termine avec la grâce de Noël 1886, grâce qu'elle appelle sa "complète conversion".

C'est l'épisode célèbre du retour de la messe de minuit où le père de Thérèse, un peu impatienté par les gamineries de sa grande fille, soupire: "Enfin, heureusement que c'est la dernière année!..." Thérèse l'entend. Au lieu d'une crise de larmes, comme sa soeur Céline l'appréhendait, c'est un déclic qui se produit et , à partir de ce moment, Thérèse décide de se prendre en main ."Thérèse n'était plus la même, Jésus avait changé son coeur. Refoulant mes larmes, je descendis rapidement l'escalier...la petite Thérèse avait retrouvé la force d'âme qu'elle avait perdue à 4 ans et demi et c'était pour toujours qu'elle devait la conserver!" écrira Thérèse elle-même plus tard

Désormais Thérèse, qui connaît une stabilisation affective , s'affaire à ses projets de vie de carmélite.Elle obtient la permission d'entrer au Carmel en 1888. Elle a quinze ans. A cette époque , plusieurs jeunes filles se mariaient assez jeunes, de telle sorte que cette entrée au Carmel à quinze ans n'est pas saugrenue.

C'est désormais la vie des religieuses cloîtrées: la prière commune, l'oraison mentale, le travail à la sacristie, les petites fêtes communautaires pour lesquelles Thérèse écrit plusieurs poèmes, la lessive et les tâches ménagères. Sa soeur photographe nous a conservé plusieurs photos de cette vie du cloître et de Soeur Thérèse-de-l'Enfant-Jésus (Thérèse avait reçu ce nom en religion).

La dernière période de la vie de Thérèse a été à juste titre appelée la "passion" de Thérèse par le Père Guy Gaucher. A partir de Pâques 1896 (ou peu après), Thérèse, atteinte de tuberculose, entre dans la nuit de la foi pure, épreuve intérieure où les tentations de doute se bousculent. "Hier soir, je fus prise d'une véritable angoisse, écrit Thérèse, et mes ténèbres augmentèrent. Je ne sais quelle voix maudite me disait:'Es-tu sûre d'être aimée de Dieu? Est-il venu te le dire? '"(Derniers Entretiens). Thérèse découvre dans cette nuit de la foi le sens de sa mission: "Ma vocation, c'est l'amour." Cela durera jusqu'à sa mort le 30 septembre 1897.

Sa doctrine spirituelle

Il faut la placer dans son contexte historique. Sa doctrine est centrée autour de la petite voie. qu'on a appelé la voie d'enfance spirituelle avec tous les pièges que cette expression d'enfance spirituelle peut receler.

Théèse nous livre une perception des rapports de Dieu et de l'humnanité d'abord et avant tout. Pour elle, le chemin spirituel qui va à Dieu est un chemin qui est celui de la foi pure. C'est un chemin où l'âme perçoit sa petitesse, son néant devant Dieu. Acceptation de sa petitesse et de sa faiblesse Cette voie est petite parce que c'est court et rapide: symbolisme de l'ascenseur. L'âme qui prend ce chemin n'a pas à se grandir par son propre travail. Elle attend et reçoit tout de Dieu, de la miséricorde du Seigneur, non de ses efforts.

Pour Thérèse, nous n'avons pas à devenir des enfants, mais nous sommes petits. Et c'est là que l'amour de Dieu nous rejoint et nous rencontre. Thérèse sait qu'elle est petite. Et elle prend conscience que Dieu aime ceux qui sont assez petits pour reconnaître qu'ils manquent de quelque chose.



GIGUERE, Hermann, "Thérèse de l'Enfant-Jésus (1873-1897). Aux prises avec Dieu", dans Selon Sa Parole, 4 (1987), 9-10.





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DOCUMENT II
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LA SAINTETÉ DE THÉRÈSE DE LISIEUX

par Mgr Guy Gaucher, évêque auxiliaire de Lisieux



La sainteté de Thérèse ne repose pas sur des phénomènes extraordinaires. Elle consiste à "faire de manière extraordinaire des choses tout ordinaires!"
On a beaucoup de mal à se rendre compte que la vie de Thérèse Martin fut tout ordinaire. Parce qu'elle est devenue sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus de la Sainte Face, connue dans le monde entier, avec de très nombreux titres (Patronne universelle des missions, patronne secondaire de France, Docteur de l'Eglise etc.), on oublie qu'elle est passée inaperçue de sa famille, de son entourage, de son Carmel, de son père spirituel... Si, à Lisieux, on a pu parler d'une jeune fille qui a eu l'audace de parler au Pape Léon XIII lors d'une audience à Rome (un journal national l'avait signalé). Puis elle était entrée au Carmel à quinze ans et trois mois. Mais lorsqu'elle mourut, inconnue, dans un petit Carmel de province, il n'y avait guère que 30 personnes à son enterrement au cimetière de Lisieux. A sa canonisation à Saint Pierre de Rome, il y en aura 500 000, le 17 mai 1925. Alors ?


Une enfance bousculée


Alors, oui, une vie très ordinaire et très cachée. Une famille chrétienne, à Alençon, le père Louis Martin, horloger-bijoutier, la mère, Zélie Guérin, dentellière. Ils ont eu huit enfants dont quatre sont morts en bas-âge. Restent quatre filles et voilà qu'à quarante ans, la maman est enceinte : Thérèse naît le 2 janvier 1873. Petite fille gaie, vivante, après un an en nourrice (sa mère ne peut la nourrir), elle a une vie heureuse, comblée d'amour par ses parents et ses soeurs. La petite dernière reçoit de sa famille une foi profonde, vivante, charitable. Tout va bien, jusqu'au drame: Zélie Martin meurt d'un cancer du sein (août 1877). Thérèse a quatre ans et demi.

Le choc est très fort pour la petite Thérèse. Elle choisit sa soeur Pauline comme seconde mère mais la blessure est profonde et mettra dix ans à se cicatriser.

Ayant cinq filles à élever, Monsieur Martin cède aux insistances de son beau-frère Isidore Guérin, pharmacien à Lisieux. Toute la famille Martin s'installe aux Buissonnets. Thérèse y trouve une ambiance chaude mais les cinq années où elle va aller à l'école chez les Bénédictines resteront pour elle "les plus tristes de sa vie". Bonne élève mais timide, scrupuleuse, vivant mal les heurts de la vie scolaire...

Le départ de Pauline au Carmel de Lisieux rouvre la blessure. A dix ans, Thérèse tombe gravement malade : symptômes alarmants d'une régression infantile, hallucinations, anorexie. La médecine renonce. Les familles, le Carmel prient. Le 13 mai 1883, une statue de la Vierge Marie sourit à Thérèse qui est guérie subitement.

L'année suivante, 8 juin 1884, sa première communion est pour elle une "fusion" d'amour. Jésus se donne enfin à elle et elle se donne à Lui. Elle pense déjà à être carmélite. Le départ au Carmel de sa troisième mère, sa soeur Marie, la déstabilise. Elle souffre d'une grave crise de scrupules obsédants, elle demeure hypersensible et "pleureuse à l'excès". Elle aspire à mûrir et à être libérée. La nuit de Noël 1886, la grâce touche son coeur. C'est une véritable "conversion" qui la transforme en femme forte. L'Enfant de la crèche, le Verbe de Dieu, lui a communiqué sa force dans l'Eucharistie.

Une vocation à l'épreuve


La voici à combattre pour le Carmel, à franchir tous les obstacles : son père, son oncle, l'aumônier du monastère, l'Evêque, le Pape Léon XIII. Car la grâce lui a ouvert le coeur et elle veut sauver les pécheurs avec Jésus qui, sur la Croix, a soif des âmes. Thérèse, à quatorze ans et demi, décide de rester au pied de cette Croix pour "recueillir le sang divin et le donner aux âmes." Telle est sa vocation : "aimer Jésus et Le faire aimer."

Entendant parler d'un assassin qui a tué trois femmes à Paris, elle prie et se sacrifie pour lui, voulant à tout prix l'arracher à l'enfer. Henri Pranzini est jugé, condamné à être guillotiné. Mais au moment de mourir, il embrasse le crucifix ! Thérèse pleure de joie : exaucée, elle le nomme son "premier enfant".
Lors d'un pèlerinage en Italie, elle demande au Pape d'entrer au Carmel à quinze ans. Réponse évasive, "fiasco", mais le 9 avril 1888, elle quitte à jamais son père, ses soeurs, les Buissonnets, son chien Tom...

Heureuse d'être là "pour toujours", "prisonnière" avec Lui... et 24 soeurs. La vie communautaire, le froid, la prière souvent dans la sécheresse, la solitude affective (même si elle retrouve deux de ses soeurs), elle supporte tout avec ardeur. Sa plus grande souffrance va être la maladie de son père bien-aimé, interné au Bon Sauveur de Caen, hôpital pour malades mentaux. Nouveau drame familial pour Thérèse. Elle s'enfonce dans la prière avec "le Serviteur souffrant" d'Isaïe 53, sur le chemin de la passion de Jésus. Mais le climat spirituel de son Carmel, marqué d'une crainte diffuse de Dieu, vu d'abord comme justicier, lui pèse. Elle aspire à l'Amour, quand elle lit la Vive Flamme d'Amour de Saint Jean de la Croix. En 1891 (elle a dix huit ans), un prêtre la lance "sur les flots de la confiance et de l'Amour" sur lesquels elle n'osait avancer, étant plutôt retenue sur ce chemin audacieux, même par sa soeur Pauline, Mère Agnès de Jésus, devenue prieure en 1893.

Son père, revenu dans sa famille, meurt en 1894 : Céline qui le soignait entre à son tour au Carmel.

Découverte de sa mission


C'est vers cette époque que la jeune soeur Thérèse de l'Enfant-Jésus de la Sainte Face (tel est son vrai nom, résumé de sa vocation), découvre, après des années de recherche, la voie de l'enfance spirituelle qui va transformer sa vie. Elle reçoit la grâce d'approfondir la Paternité de Dieu qui n'est qu'Amour Miséricordieux (exprimé en son Fils Jésus incarné). La vie chrétienne n'est autre que la vie d'enfant du Père ("fils dans le Fils"), inaugurée au baptême et vécue dans une confiance absolue. "Si vous ne redevenez pas comme des petits enfants, vous n'entrerez pas dans le Royaume de Dieu", dit Jésus (Mt 18,3).
Alors qu'à son époque les âmes d'élite (rares) s'offraient en victimes à la Justice de Dieu, la "faible et imparfaite" Thérèse s'offre à son Amour Miséricordieux, le 9 juin 1895 au cours de la messe de la Trinité.

Ce don total la "renouvelle", brûle tout péché en elle. De plus en plus hantée par le souci des pécheurs qui ne connaissent pas cet Amour Miséricordieux, elle entre à Pâques 1896 dans une nuit épaisse où sa foi et son espérance doivent combattre. D'autant plus qu'une tuberculose ronge sa santé et l'affaiblit. Elle use ses dernières forces à enseigner la voie d'enfance aux cinq novices dont elle a la charge et à deux frères spirituels, prêtres missionnaires pour l'Afrique et la Chine.

Vivant cette "com-passion", en union avec la Passion de Jésus à Gethsémani et à la Croix, vidée par des hémoptysies, elle garde son sourire et son exquise charité qui remonte le moral de ses soeurs, consternées de la voir mourir dans d'atroces souffrances. Par obéissance, elle continue jusqu'à épuisement la rédaction de ses souvenirs dans lesquels, avec une transparente vérité, elle "chante les miséricordes du Seigneur" dans sa courte vie. Priant pour "faire du bien sur la terre, après sa mort, jusqu'à la fin du monde", prophétisant humblement que sa mission posthume sera de "donner sa petite voie aux âmes", elle meurt le 30 septembre 1897.

Elle avait écrit qu'elle désirait être "prêtre, diacre, prophète, docteur (de l'Eglise), missionnaire, martyr", en un mot, tout. Elle avait découvert que sa vocation d'être "l'Amour au coeur de l'Eglise", sa Mère.

Un an après sa mort, paraissait un livre composé à partir de ses écrits : l'Histoire d'une âme qui allait conquérir le monde et faire connaître cette jeune soeur qui avait aimé Jésus jusqu'à "mourir d'amour". Cette vie cachée allait rayonner sur l'univers. Cela dure depuis plus de cent ans...


Texte paru à l'occasion des JMJ 2000

ROME, Vendredi 18 août 2000 (ZENIT.org)





© COPYRIGHT 2001 Hermann Giguère (Université Laval, Québec)
Dernière mise à jour 29 août 2016







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