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CHOIX D'ÉCRITS SPIRITUELS DU BIENHEUREUX FRANÇOIS DE LAVAL (1623-1708)

Écrits pastoraux

Décret qui institue la Confrérie de la Sainte Famille, 14 mars 1665.

Nous François, par la grâce de Dieu et du Saint-Siège, évêque de Pétrée, Vicaire Apostolique en la Nouvelle-France, nommé par le Roi premier Évêque du dit pays, à tous ceux qui ces présentes lettres verront, salut en Notre-Seigneur.

Ayant plu à la divine Providence Nous charger de la conduite de cette nouvelle Église, Nous sommes obligé de veiller sans cesse au salut des âmes qu'elle a confiées à nos soins; ce qui nous aurait fait chercher des moyens pour inspirer une véritable et solide piété à toutes les familles chrétiennes, à quoi Nous désirons travailler avec d'autant plus de fidélité que Nous savons qu'elles doivent, selon les desseins de Dieu, servir à la conversion des infidèles de ce pays par l'exemple d'une vie irréprochable. Dans cette vue, Nous n'avons pas estimé pouvoir faire choix d'un moyen plus efficace et plus solide pour le salut et la sanctification de toute sorte de personnes, que de leur imprimer vivement dans le cœur un amour véritable et une dévotion spéciale tant envers la très sainte et très sacrée Famille de Jésus, Marie et Joseph qu'à l'égard de tous les saints Anges.

Il semble que Dieu ait pris plaisir à rendre lui-même cette dévotion recommandable en plusieurs villes d'Europe, dans ces dernières années, par quelques événements qui tiennent quelque chose du miracle, pendant qu'il donnait en Canada de très fortes inspirations à beaucoup de bonnes âmes de se dévouer au culte de cette sainte Famille et de Nous prier instamment, pour rendre la chose plus stable et plus utile, d'établir dans Québec et autres lieux de notre juridiction quelques assemblées de femmes et de filles, où on les instruirait plus en détail des choses qu'elles sont obligées de savoir pour vivre saintement dans leur condition, à l'exemple de la sainte Famille qu'elles se proposent pour modèle avec les saints Anges.

Nous, à ces causes, pour procurer la plus grande gloire de Dieu et le plus grand bien des âmes, et spécialement pour le grand désir que nous avons de graver et accroître, autant qu'il est en notre pouvoir, dans les cœurs de tous les peuples que Dieu, par sa divine providence, a commis à notre conduite, l'amour et la dévotion envers cette sacrée Famille de Jésus, Marie et Joseph et les saints Anges, permettons, agréons et approuvons les dites assemblées être faites à Québec et tous autres lieux de notre juridiction, pour être les dites assemblées toutes unies à celles de notre principale résidence, sous la conduite des ecclésiastiques faisant les fonctions curiales ou autres à notre choix, lesquels Nous exhortons et tous ceux qui sont appliqués aux saints ministères, d'inspirer et augmenter, autant qu'il sera en eux, l'amour et la dévotion envers la dite sainte Famille de Jésus, Marie et Joseph et des saints Anges, comme étant une source inépuisable de grâces et de bénédictions pour toutes les âmes qui y auront une sincère confiance, et de contribuer de tout leur pouvoir à l'établissement, progrès et perfection des dites assemblées.

Et afin de rendre cette association plus permanente et plus solide, nous avons bien voulu Nous-même dresser les règlements que Nous voulons y être observés, sans qu'il soit permis à qui que ce soit d'y rien ajouter, retrancher ou changer sans notre permission.

Donné à Québec en notre demeure ordinaire, sous notre sceau et seing de notre secrétaire, le quatorzième de mars mil six cent soixante et cinq.



Altera nova positio pp. 224-225

Extrait des règlements de la Confrérie des femmes établie en l'église de Notre-Dame de Québec sous le titre de la sainte Famille de Jésus, Marie et Joseph et des saints Anges (1665).

CHAPITRE PREMIER

Du dessein et de la fin de cette Confrérie



Le dessein et la fin de cette dévotion est d'honorer la sainte Famille de Jésus, Marie et Joseph et des saints Anges, et de régler les ménages chrétiens sur l'exemple de cette sainte Famille, qui doit être le modèle de toutes les autres; de sanctifier les mariages et les familles; d'en exclure le péché, particulièrement celui de l'impureté, cette peste des mariages, qui est la source de tant de maux et qui peuple la terre et les enfers d'enfants de Satan qui blasphémeront toute l'éternité leur Créateur; d'y établir les vertus chrétiennes, particulièrement la chasteté, l'humilité, la douceur, la charité, 1'union des cœurs, la patience dans les tribulations, et, par ce moyen, de peupler la terre et le ciel d'enfants de Dieu qui loueront éternellement leur Père céleste. C'est ce que procureront les bons et saints mariages, suivant ce que nous enseigne Notre-Seigneur qu'un bon arbre ne peut produire de mauvais fruits. C'est à cela que doivent tendre et contribuer toutes les âmes dévotes à la sainte Famille, comme le moyen le plus efficace pour la faire honorer.





CHAPITRE DEUXIÈME

De 1'esprit de cette Confrérie



L'esprit de cette Confrérie consiste à imiter les sacrées personnes qui composent la sainte Famille, chacun selon son état et sa condition.

Les femmes auront un soin particulier d'imiter la sainte Vierge, qu'elles auront toujours devant les yeux comme le modèle de leurs actions, et la considéreront comme leur supérieure et la règle de leur perfection, étant assurées qu'elles seront de la sainte Famille autant qu'elles imiteront de plus près ses vertus [...]

Les principales qu'elles doivent se proposer, sont les suivantes: 1° Envers Dieu, la crainte de l'offenser; la promptitude dans les choses où il va de son honneur et de son service; une grande soumission et conformité à sa volonté dans les accidents les plus fâcheux; un profond respect pour toutes les choses saintes. 2° Envers le mari, un amour sincère et cordial qui fasse qu'on ait un grand soin de tout ce qui le regarde selon le temporel et le spirituel, tâchant toujours de le gagner à Dieu par prières, bons exemples et autres moyens convenables; le respect, l'obéissance, la douceur et la patience à souffrir ses défauts et ses mauvaises humeurs. 3° A l'égard des enfants, un grand soin de les élever dans la crainte de Dieu, de leur apprendre et de leur faire dire tous les jours leurs prières; leur inspirer une grande horreur du péché; ne leur souffrir rien où Dieu pourrait être offensé; une grande douceur à les corriger; la patience à souffrir leurs petites faiblesses, envisageant sans cesse dans leurs personnes celle de l'Enfant-Jésus, dont ils sont les images vivantes; garder la netteté et la propreté dans leurs habits, évitant les ajustements qui ne servent qu'à nourrir la vanité des parents et à l'inspirer aux enfants. 4° A l'égard des serviteurs, faire son possible pour qu'ils évitent le péché et pour les rendre affectionnés au service de Dieu; ne pas permettre qu'ils prononcent de mauvaises paroles; les envoyer à confesse, au sermon, surtout au catéchisme, autant que faire se pourra; leur payer exactement leurs gages; ne leur point donner occasion de murmurer et d'offenser Dieu, mais les traiter avec amour. 5° Envers le prochain, la charité, la patience, la douceur, l'humilité, et tâcher de le gagner à Dieu en le retirant du péché par les bons discours et les bous exemples qui persuadent plus efficacement que les paroles. 6° A l'égard du ménage, un grand soin et une grande vigilance, prenant garde que rien ne se perde ni se gâte par sa faute, et une propreté sans affectation. 7° A l'égard de soi-même, l'humilité, la douceur, la chasteté, la tempérance dans le boire et le manger, la modestie et la tenue en paroles, la simplicité en les habits, y gardant la propreté et y évitant la vanité et ce qui excède l'état et la condition, enfin un très grand soin de retrancher tout ce que l'on connaîtra être déplaisant à Dieu et ce qui ne sera pas conforme à l'esprit de la sainte Famille, se disant souvent à soi-même: comment est-ce que la sainte Vierge agissait en cette occasion? faisait-elle cela? parlait-elle? s'habillait-elle de cette sorte? Cette imitation est tellement essentielle que si elle manquait, l'on ne serait pas véritablement de la sainte Famille, quoique l'on fît tout le reste; et au contraire, quand l'on omettrait le reste, pourvu que ce ne fût ni par mépris ni par négligence, l'on serait encore de cette auguste Famille, et ce d'autant plus qu'on imiterait de plus près les vertus que l'on y remarque; et pour rendre cette imitation parfaite, l'on doit considérer dans la personne du mari celle de saint Joseph, dans celle de la femme la sainte Vierge, dans les enfants 1'Enfant-Jésus, dans les serviteurs les saints Anges, et chacun se doit proposer d'imiter principalement la personne qu'il représente pour rendre une sainte Famille accomplie.



Altera nova positio pp. 226--228

Décret qui institue la fête de la Sainte Famille dans le diocèse de Québec, 4 novembre 1684.

Les grandes bénédictions qu'il a plu à la divine Majesté de verser sur cette Église naissante et ce nouveau Christianisme par les mérites de la sainte Famille de Jésus, Marie et Joseph et les saints Anges, Nous ayant obligé de condescendre aux pieuses intentions de plusieurs personnes qui nous auraient humblement supplié de permettre dans tout notre diocèse des assemblées de femmes et de filles pour y être instruites plus en détail des choses qu'elles sont obligées de savoir pour vivre saintement dans leur condition, à l'exemple de cette même sainte Famille qu'elles se proposent pour idée, modèle et exemplaire avec les saints Anges; et ayant sujet de bénir Dieu de l'heureux succès qu'il a donné à ces assemblées; désirant d'abondant graver et accroître, autant qu'il est en notre pouvoir, dans les cœurs que Dieu par sa divine providence a commis à nos soins et à notre conduite, l'amour et la dévotion envers cette sacrée Famille Jésus, Marie, Joseph et les saints Anges; vu nos lettres d'établissement de la dite confrérie et association du 14 mars 1665 et la bulle de Notre Saint-Père le Pape Alexandre VII, d'heureuse mémoire, contenant les indulgences accordées à la dite confrérie, donnée à Rome le 28 janvier 1665; Nous avons ordonné et ordonnons par ces présentes que tous les ans on célébrera dans toute l'étendue de notre diocèse une fête en l'honneur de cette même sainte Famille, qui sera de première classe avec octave, ainsi qu'il est pratiqué depuis plusieurs années.



Et d'autant que la saison extrêmement froide et incommode en laquelle l'on a célébré jusqu'à présent la dite fête, à savoir au second dimanche d'après 1'Épiphanie, ayant presque toujours détourné une grande partie des fidèles de venir à l'église pour la solenniser, les aurait portés à Nous supplier, comme ils ont fait souvent, qu'il Nous plût la transférer à un autre temps plus commode, Nous, ayant égard à leur bonne et pieuse demande et voulant, autant qu'il est en Nous, contribuer à rendre la dévotion à cette fête plus célèbre et plus fréquentée par les peuples de notre diocèse, Nous avons pareillement ordonné et ordonnons qu'au lieu du second dimanche d'après 1'Épiphanie auquel Nous avions assigné la célébration de cette fête de la sainte Famille, elle sera dorénavant célébrée le troisième dimanche d'après Pâques comme au temps qui Nous a semblé plus propre à exciter les fidèles à la bien solenniser et faire leurs dévotions; voulons de plus que, jusqu'à ce qu'il en ait été par Nous autrement ordonné, l'office et la messe de cette même fête se diront en la manière qu'ils on été approuvés de Nous, enjoignant à tous les ecclésiastiques de notre diocèse qui disent la messe ou qui sont obligés au bréviaire, de le réciter et d'inspirer à toutes les personnes qui leur sont commises, le respect, 1'amour et la vénération qu'elles doivent avoir pour la plus aimable de toutes les familles et de la protection de laquelle elles doivent attendre toute sorte de secours et de bénédictions, Dieu ayant même pris plaisir à rendre cette dévotion recommandable, tant dans 1'ancienne que dans la nouvelle France, par un grand nombre d'effets miraculeux qui ont été opérés par son moyen.



Mandons à tous les ecclésiastiques employés aux fonctions curiales dans notre diocèse qu'aussitôt qu'ils auront reçu notre présent mandement, ils aient à le publier ou le faire publier au prône.



Donné à Québec, le quatrième jour de novembre mil six cent quatre-vingt-quatre.

François, évêque de Québec.



Altera nova positio pp. 229-230

Formule de vœu qui commença à être fait environ 1'an 1636 et s'est depuis renouvelé tous les ans par dévotion, sans obligation de le renouveler (renouvelé encore aujourd'hui le 8 décembre de chaque année par les prêtres du Séminaire de Québec).

Adorable Jésus, Sauveur du monde,



quoique nos péchés nous doivent éloigner de votre présence,

si est-ce qu'étant épris d'une affection de vous honorer et votre très sainte Mère,

et poussés du désir de nous voir dans la fidèle correspondance que vous désirez de vos serviteurs,

pour vous faire reconnaître et adorer des peuples de ces pauvres contrées,



nous voici prosternés à vos pieds,

où nous vous promettons et faisons vœu,

comme aussi à la très sainte Vierge, votre Mère,

de célébrer douze fois ces douze mois suivants le sacrifice de la sainte messe,

et pour ceux qui ne sont prêtres de communier et dire le chapelet autant de fois,

et ce à 1'honneur et en action de grâce de

l'Immaculée Conception de cette sainte Vierge, votre Mère;

comme aussi de jeûner tous la veille de cette sienne fête

à la même intention.



Le tout de plus pour obtenir de votre bonté et miséricorde

par son intercession et par ses mérites

la conservation de ce pays

et la conversion des pauvres sauvages qui l'habitent.





Recevez donc,

ô sainte et sacrée Reine des Anges et des hommes,

sous votre sainte protection,

ces peuples désolés et abandonnés que nous vous présentons



par les mains de votre Époux

et de vos fidèles serviteurs

saint Ignace et saint François Xavier

et de tous les Anges gardiens et protecteurs de ces lieux,



pour les offrir à votre bien-aimé Fils,

à ce qu'il lui plaise les maintenir

et conserver contre leurs ennemis,

donner la connaissance de son saint Nom à ceux qui ne l'ont pas encore,

et à tous la persévérance

en sa sainte grâce et son saint amour.



Ainsi soit-il.





François, évêque de Pétrée.



Altera nova positio pp. 218-219



Lettres patentes établissant le Séminaire et le clergé (25 mars 1663)



FRANÇOIS, par la grâce de Dieu et du Saint-Siège, Évêque de Pétrée, Vicaire-Apostolique en Canada dit la Nouvelle-France, nommé par le Roi premier Évêque du dit pays, lorsqu'il aura plu à N. S. P. le Pape y ériger un Évêché.



A tous ceux qui ces présentes lettres verront, Salut.





Les Saints Conciles et ceux de Trente particulièrement, pour remettre efficacement la Discipline Ecclésiastique dans sa première vigueur, n'ont rien trouvé de plus utile que d'ordonner le rétablissement de 1'usage ancien des Séminaires, où l'on instruit les clercs dans les vertus et les sciences convenables à leur état.



L'excellence de ce décret s'est fait voir par une expérience toute sensible, puisque le grand St Charles de Boromée qui l'exécuta le premier, bientôt après ce Concile, et plusieurs Évêques qui ont suivi son exemple, ont commencé de redonner au Clergé sa première splendeur, particulièrement en France;



Ce moyen si efficace pour réformer la conduite ecclésiastique dans les lieux ou elle s'était affaiblie, nous a fait juger qu'il ne serait pas moins utile pour l'introduire où elle n'est pas encore, qu'il l'a été dans les premiers siècles du Christianisme; à ces causes, considérant qu'il a plû à la Divine Providence nous charger de l'Église naissante du Canada dit la Nouvelle-France;



Et qu'il est d'une extrême importance dans ses commencements de donner au Clergé la meilleure forme qui se pourra pour perfectionner des ouvriers, et les rendre capables de cultiver cette nouvelle vigne du Seigneur, en vertu de l'autorité qui nous a été commise, nous avons érigé et érigeons dès à présent, et à perpétuité, un Séminaire pour servir de Clergé à cette nouvelle Église, qui sera conduit et gouverné par les supérieurs que nous ou les Successeurs Évêques de la Nouvelle-France y établiront, en suivant les règlements que nous dresserons à cet effet;



Dans lequel on élèvera et formera les jeunes Clercs qui paraîtront propres au service de Dieu, et auxquels, à cette fin, on enseignera la manière de bien administrer les sacrements, la méthode de catéchiser et prêcher apostoliquement, la Théologie morale, les cérémonies, le plain-chant grégorien, et autres choses appartenantes au devoir d'un bon Ecclésiastique;



Et en outre afin que l'on puisse, dans le dit Séminaire et Clergé, former un Chapitre qui soit composé d'Ecclésiastiques du dit Séminaire, choisis par nous, et les Évêques du dit pays qui succéderont, lorsque le roi aura eu la bonté de le fonder; ou que le dit Séminaire de soi, aura le moyen de fournir cet établissement par la bénédiction que Dieu y aura donnée, nous désirons que ce soit une continuelle École de vertu et un lieu de réserve d'où nous puissions tirer des sujets pieux et capables pour les envoyer à toutes rencontres, et au besoin dans les paroisses, et tous autres lieux du dit Pays, afin d'y faire les fonctions curiales, et autres, auxquels ils auront été destinés, et les retirer des mêmes paroisses et fonctions quand on le jugera à propos, nous réservant pour toujours et aux successeurs Évêques du dit pays comme aussi au dit Séminaire par nos ordres, et des dits Sieurs Évêques, le pouvoir de révoquer tous les Ecclésiastiques qui seront départis et délégués dans les paroisses et autres lieux toutes fois et quantes qu'il sera jugé nécessaire, sans qu'aucun puisse être titulaire, et attaché particulièrement à une Paroisse, voulant au contraire qu'ils soient de plein droit, amovibles, révocables et destituables à la volonté des Évêques et du Séminaire par leurs ordres, conformément à la sainte pratique des premiers siècles, suivie et conservée encore à présent en plusieurs Diocèses de ce Royaume;



Et d'autant qu'il est absolument nécessaire de pourvoir le dit Séminaire et Clergé d'un revenu capable de soutenir les charges et les dépenses qu'il sera obligé de faire, nous lui avons appliqué et appliquons, affecté et affectons dès à présent et pour toujours toutes les Dixmes de quelque nature qu'elles soient, et en la manière qu'elles seront levées dans toutes les Paroisses et lieux du dit pays pour être possédées en commun et administrées par le dit Séminaire suivant nos ordres et sous notre autorité, et des Successeurs Évêques du pays, à condition qu'il fournira la subsistance à tous les Ecclésiastiques qui seront délégués dans les paroisses et autres endroits du dit Pays, et qui seront toujours amovibles, et révocables au gré des dits Évêques et Séminaire par leurs ordres; qu'il entretiendra tous les dits Ouvriers évangéliques, tant en santé qu'en maladie, soit dans leurs fonctions soit dans la Communauté, lorsqu'ils y seront rappelés;



Qu'il fera les frais de leurs voyages, quand on en tirera de France, ou qu'ils y retourneront, et toutes ces choses suivant la taxe qui sera faite par nous et les Successeurs Évêques du dit Pays, pour obvier aux contestations et aux désordres que le manque de règles y pourrait mettre;



Et comme il est nécessaire de bâtir plusieurs Églises pour faire le service divin, et pour la commodité des fidèles, nous ordonnons, sans préjudice néanmoins de l'obligation que les peuples de chaque paroisse ont de fournir à la bâtisse des dites Églises, qu'après que le dit Séminaire aura fourni toutes les dépenses annuelles, ce qui pourra rester de son revenu, sera employé à la construction des Églises, en aumônes et en autres bonnes œuvres pour la gloire de Dieu et pour l'utilité de l'Église, selon les ordres de l'Évêque, sans que toutefois, nous ni les successeurs Évêques du dit pays, en puissions jamais appliquer quoique ce soit à nos usages particuliers, nous ôtant même et aux dits Évêques la faculté de pouvoir aliéner aucun fonds du dit Séminaire en cas de nécessité, sans l'exprès consentement de quatre personnes du corps du dit Séminaire et clergé, savoir le Supérieur, ses deux Assistants et le Procureur.



En foi de quoi nous avons signé ces présentes et y avons fait apposer notre sceau.



Donné à Paris, le vingt-six mars, mil six cent soixante-et-trois.



FRANÇOIS, Évêque de Pétrée.



Mandements pp. 44-46

Établissement de la congrégation des filles séculières de Notre Dame à Montréal ( fondées par Marguerite Bourgeoys), 1676



FRANÇOIS, par la grâce de Dieu et du Saint-Siège, premier Évêque de Québec.



A tous fidèles de la Nouvelle-France, Salut en Notre Seigneur.



Notre très chère fille Marguerite Bourgeois et les filles qui se sont unies avec elle vivant en communauté dans l'Île de Montréal, nous ayant représenté qu'elles se seraient employées gratuitement depuis plusieurs années sous notre bon p1aisir, à faire les fonctions de maîtresses d'école en ladite Île de Montréal et autres lieux, élevant les petites filles dans la crainte de Dieu et l'exercice des vertus chrétiennes, leur apprenant à lire et à écrire, et les autres travaux dont elles sont capables;



Qu'en conséquence de notre permission en date du 20 mai 1669, elles auraient obtenu des lettres d'établissement de Sa Majesté en date du mois de mai 1671, vérifiées au Parlement de Paris, registrées au Conseil Souverain de ce pays, et au greffe du Bailliage de la dite Île de Montréal;



Qu'elles seraient suffisamment bâties, et qu'elles peuvent subsister des métairies et du revenu qu'elles possèdent et du travail de leurs mains sans être à charge à personne;



Qu'elles s'offrent pour faire gratuitement les fonctions de maîtresses d'école tant dans l'Île de Montréal qu'aux autres lieux qui seront disposés pour cet effet, et qui pourront fournir à la subsistance et entretien d'une maîtresse d'école, où nous et nos successeurs jugeront nécessaires pour le bien de cette Église;



Que pour rendre leur établissement ferme et stable il nous plût l'approuver et confirmer, leur permettant de continuer les dites fonctions de maîtresses d'école, vivant en communauté en qualité de Filles Séculières de la Congrégation de Notre Dame, et dans l'observance des règlements qu'il nous plaira et à nos successeurs leur prescrire.



Nous, après avoir mûrement considéré toutes choses et sachant qu'un des plus grands biens que nous puissions procurer à notre Église, et que le moyen le plus efficace pour conserver et augmenter la piété dans les familles chrétiennes, est l'instruction et la bonne éducation des enfants, connaissant d'ailleurs la bénédiction que Notre-Seigneur a donnée jusqu'à présent à la dite Sœur Bourgeois et à ses compagnes dans les dites fonctions des petites écoles, où nous les aurions employées; et voulant favoriser leur zèle et contribuer de tout notre pouvoir à leur pieux dessein;



Nous avons agréé et agréons l'établissement de la dite Bourgeois et des filles qui se sont unies avec elle ou qui y seront admises à l'avenir, leur permettant de vivre en communauté en qualité de Filles Sécu1ières de la Congrégation de Notre Darne, observant les règlements que nous leur prescrivons ci-après, et de continuer leurs fonctions de maîtresses d'école tant dans l'Île de Montréal qu'aux autres lieux où nous et nos successeurs jugeront à propos de les envoyer, sans qu'elles puissent néanmoins à l'avenir prétendre de passer à l'état de la vie religieuse, ce qui serait contre nos intentions et la fin que nous nous sommes proposés de subvenir par ce moyen à l'instruction des enfants dans les paroisses de la campagne, conformément aux lettres patentes à elle accordées par Sa Majesté.



Donné à Québec sous notre sceau et seing et de notre secrétaire le six d'août mil six cent soixante et seize.

FRANÇOIS, Évêque de Québec.



Mandements pp. 99-100

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Dernière mise à jour 30 avril 2016