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 <title>Séminaire de Québec (SME) - Société de prêtres diocésains fondée en 1663</title>
 <subtitle><![CDATA[Le Séminaire de Québec (SME) est une Société des prêtres diocésains fondée en  1663. Les prêtres du Séminaire de Québec oeuvrent dans la formation des futurs prêtres, des diacres et des agentes et agents de pastorale laïques, dans les paroisses, dans la pastorale des vocations, dans la pastorale jeunesse, dans l`éducation de la foi, dans le champ du patrimoine artistique et religieux etc.]]></subtitle>
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 <updated>2014-10-30T14:26:14+01:00</updated>
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   <title>Homélie pour le 22e dimanche du temps ordinaire Année C : "Au-delà des conventions sociales..."</title>
   <updated>2013-09-12T04:29:00+02:00</updated>
   <id>http://www.seminairedequebec.org/Homelie-pour-le-22e-dimanche-du-temps-ordinaire-Annee-C-Au-dela-des-conventions-sociales_a551.html</id>
   <category term="Allocutions/homélies" />
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   <published>2013-08-26T15:31:00+02:00</published>
   <author><name>Hermann Giguère</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Homélie pour le 22e dimanche du temps ordinaire Année C à la Chapelle du Lac Poulin (St-Benoît-Lâbre, Québec) le 1 septembre 2013 par Mgr Hermann Giguère P.H., prêtre du Séminaire de Québec. Textes de l'Écriture: Sirach 3, 17-18.20, Hébreux 12, 18-19 et Luc 14, 1a.7-14.     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="http://www.seminairedequebec.org/photo/art/default/5795103-8639465.jpg?v=1377525793" alt="Homélie pour le 22e dimanche du temps ordinaire Année C : "Au-delà des conventions sociales..."" title="Homélie pour le 22e dimanche du temps ordinaire Année C : "Au-delà des conventions sociales..."" />
     </div>
     <div>
      I - <span style="font-style:italic">Un observateur attentif</span>       <br />
              <br />
       Le texte de l’Évangile de ce dimanche fait partie des conversations de table que saint Luc a regroupées au chapitre 14 de son évangile. Dans ces conversations, Jésus en profite pour passer quelques messages à ceux qui le reçoivent et aux invités.       <br />
              <br />
       Regardez la scène racontée aujourd’hui. Jésus observe comme il nous arrive parfois de le faire dans un rassemblement de fête et il remarque quoi? Que les invités se poussent en avant? Cherchent à être le plus près de ceux qu’ils jugent importants, d’être dans les « loges » et pas dans le « balcon »…        <br />
              <br />
       Et Jésus de commenter avec un but pédagogique : « Qui s’élève sera abaissé, qui s’abaisse sera élevé. »       <br />
              <br />
       II -<span style="font-style:italic"> L'importance de l'humilité</span>       <br />
              <br />
       Avec Jésus, dans le Royaume de Dieu, nos conventions et nos convenances ne sont plus de mise. Ce qui prime par-dessus tout ce n’est pas ton succès social, ton argent, tes relations, non c’est autre chose. Cette autre chose a un nom : l’humilité. L’attitude d’humilité exprime une vérité essentielle dans nos relations avec Dieu. «Ne va pas te mettre à la première place, au contraire, quand tu es invité, va te mettre à la dernière place. ». En d’autres mots : « Ne faites pas les prétentieux, restez humbles devant Dieu, car pour entrer dans le Royaume de Dieu, il faut se faire petit. On ne se sauve pas soi-même, c’est Dieu qui nous sauve ». Comme la Vierge Marie le chante dans son Magnificat : &quot;Dieu renverse les puissants de leur trône, il élève les humbles&quot; (Luc 1, 52).        <br />
              <br />
       Un exemple. J’ai pensé ici à sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus une petite carmélite morte à 24 ans devenue sainte. Elle ne se sentait pas capable de faire de grandes choses. Elle a découvert que c’est dans la petitesse que se manifeste la puissance de Dieu. Elle s’est abandonnée avec confiance et Dieu l’a élevée, l’a bénie, l’a prise près de lui. Elle avait compris le message de Jésus : ne pas faire les prétentieux, se reconnaître petit, être comme un enfant, accepter d’avoir besoin de Dieu pour conduire notre vie.        <br />
              <br />
       III– <span style="font-style:italic">L’option préférentielle pour les pauvres</span>       <br />
              <br />
       L’évangile ajoute une autre remarque de Jésus à son invité. C’est aussi à nous tous que cela peut s’appliquer aujourd’hui.        <br />
              <br />
       « Quand tu donnes un déjeuner ou un dîner, n’invite pas tes amis, ni tes frères, ni tes parents, ni de riches voisins; sinon, eux aussi t’inviteraient en retour, et la politesse te serait rendue. Au contraire, quand tu donnes un festin, invite des pauvres, des estropiés, des boiteux, des aveugles; et tu seras heureux, parce qu’ils n’ont rien à te rendre : cela te sera rendu à la résurrection des justes. » En d’autres termes : « Si vous n’aimez que vos amis, qu’est-ce qui vous différencie des païens? Eux aussi le font. »       <br />
              <br />
       Par ses remarques à celui qui l’avait invité, Jésus  indique à ses disciples une voie et un chemin de service. C’est le service aux frères et sœurs qui devient le seul et unique critère de grandeur dans le Royaume de Dieu. On se doit penser aux autres, à ceux et celles qui sont plus faibles, qui sont dans le besoin. Le service dont il est question ici c'est l'accueil, le partage, le don, la générosité. C'est le regard bienveillant et la main secourable. Avez-vous déjà remarqué combien on apprécie une visite lorsqu’on est malade, lorsqu’on est âgé? Un coup de téléphone de quelqu’un nous fait parfois tellement de bien.        <br />
              <br />
       Le chrétien est celui qui ne se ferme pas sur lui-même. Il a à cœur de penser aussi aux autres. Le pape François nous donne un bel exemple de cette préoccupation pour les plus démunis, pour les pauvres. « Allez vers les périphéries, vers les gens dans le besoin, répète-t-il dans ses homélies » Lors des JMJ, les Journées Mondiales des la Jeunesse à Rio au Brésil, il a été visiter un des quartiers les plus pauvres de la ville même si on le lui déconseillait pour des raisons de sécurité. Cette semaine il a téléphoné à une<a class="link" href="http://video.repubblica.it/dossier/il-nuovo-papa/rodari-ecco-perche-il-papa-telefona-tanto/138349/136896?ref=HREC1-12"> jeune fille victime de viol </a> qui lui avait écrit pour lui demander ses prières. L’autre jour il l’a fait pour <a class="link" href="http://www.agi.it/cronaca/notizie/201308092044-cro-rt10236-il_papa_telefona_a_michele_fratello_del_benzinaio_ucciso">le frère d'un pompiste</a> qui venait d'être assassiné.       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Conclusion</span>       <br />
              <br />
       En terminant, retenons que chacun ou chacune d’entre nous peut comme le pape François aller avec humilité vers les autres  et comme saint Thérèse de l’Enfant-Jésus offrir sa petitesse, ses efforts humbles, mais réels,  pour qu’ils soient transformés par la puissance de Dieu.       <br />
              <br />
       Cette Eucharistie que nous célébrons est un repas où tous ensemble sans faire de distinction nous nous faisons petits pour accueillir le Seigneur qui lui nous considère comme ses enfants bien-aimés. Qu’elle nous rende de plus en plus de véritables disciples de Jésus tournés comme Lui vers nos frères et sœurs dans le besoin.       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Mgr Hermann Giguère, P.H.       <br />
       Séminaire de Québec       <br />
       Desservant de la</span> <a class="link" href="https://www.carrefourkairos.net/lacpoulin/index.htm">chapelle Notre-Dame du Lac Poulin</a>       <br />
       <span style="font-style:italic">Le 28 août 2013</span>       <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      <Script type="text/javascript" src=https://www.carrefourkairos.net/sme/sme_homelies_classement.js></SCRIPT>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position: relative;">Tiré du site internet de la Société des prêtres du Séminaire de Québec www.seminairedequebec.org</div>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="http://www.seminairedequebec.org/Homelie-pour-le-22e-dimanche-du-temps-ordinaire-Annee-C-Au-dela-des-conventions-sociales_a551.html" />
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   <title>« 350 ans de vision, d’audace et d’engagement » Allocution de Mgr Gérald C. Lacroix, conférence de presse du 5 décembre 2012</title>
   <updated>2013-01-20T16:59:00+01:00</updated>
   <id>http://www.seminairedequebec.org/350-ans-de-vision-d-audace-et-d-engagement-Allocution-de-Mgr-Gerald-C-Lacroix-conference-de-presse-du-5-decembre-2012_a503.html</id>
   <category term="Allocutions/homélies" />
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   <published>2012-12-06T04:09:00+01:00</published>
   <author><name>Webmestre</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Allocution de Monseigneur Gérald Cyprien Lacroix, archevêque de Québec et primat du Canada, à la Conférence de presse annonçant les fêtes du 350e du Séminaire de Québec à la Salle des prêtres du Pavillon Jean-Olivier-Briand du Séminaire de Québec, Québec, 5 décembre 2012,     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="http://www.seminairedequebec.org/photo/art/default/4996417-7460822.jpg?v=1354764586" alt="« 350 ans de vision, d’audace et d’engagement » Allocution de Mgr Gérald C. Lacroix, conférence de presse du 5 décembre 2012" title="« 350 ans de vision, d’audace et d’engagement » Allocution de Mgr Gérald C. Lacroix, conférence de presse du 5 décembre 2012" />
     </div>
     <div>
      Nous remercions Mgr Lacroix qui nous a permis de reproduire sur notre site internet le texte de son allocution lors de la conférence de presse dont nous avons fait état dans le reportage <a class="link" href="http://www.seminairedequebec.org/Conference-de-presse-sur-les-fetes-du-350e-anniversaire-de-la-fondation-du-Seminaire-de-Quebec-le-5-decembre-2012_a502.html">Conférence de presse</a> sur les fêtes du 350e anniversaire de la fondation du Séminaire de Québec le 5 décembre 2012.        <br />
              <br />
       On  trouve dans ce reportage un résumé des principales interventions dont celle de Mgr Lacroix qu'on pourra lire &quot;in extenso&quot; <a class="link" href="http://www.seminairedequebec.org/docs/lacroix_mgr_allocution_350e_sme_121205.pdf">en cliquant ici </a>.       <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      <a class="link" href="http://new.livestream.com/ecdq/350eseminaire">Vidéo de l'événement sur Livestream</a>.        <br />
              <br />
       <a class="link" href="http://www.flickr.com/photos/abelda/sets/72157632179116309/">Galerie de photos de l'événement du 5 décembre 2012 par Daniel Abel</a>.       <br />
              <br />
       <a class="link" href="https://www.facebook.com/?ref=logo#!/media/set/?set=a.10151261892144146.484592.653439145&amp;type=1">Galerie de photos de l'événement du 5 décembre 2012 par Lise Breton</a>       <br />
              <br />
       <a class="link" href="http://www.seminairedequebec.org/docs/programmation_350e_anniversaire_de_la_fondation_du_seminaire_de_quebec.pdf">Voir le calendrier des fêtes du 350e anniversaire de la fondation du Séminaire de Québec en format PDF</a>       <br />
              <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position: relative;">Tiré du site internet de la Société des prêtres du Séminaire de Québec www.seminairedequebec.org</div>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="http://www.seminairedequebec.org/350-ans-de-vision-d-audace-et-d-engagement-Allocution-de-Mgr-Gerald-C-Lacroix-conference-de-presse-du-5-decembre-2012_a503.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>Les diacres, témoins du service</title>
   <updated>2012-04-06T04:54:00+02:00</updated>
   <id>http://www.seminairedequebec.org/Les-diacres-temoins-du-service_a450.html</id>
   <category term="Allocutions/homélies" />
   <photo:imgsrc>http://www.seminairedequebec.org/photo/art/imagette/3728626-5538307.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2012-01-26T20:13:00+01:00</published>
   <author><name>Mgr Maurice Couture</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Conférence de Mgr Maurice Couture, archevêque émérite de Québec, aux diacres permanents de l'Archidiocèse de Québec lors de l'échange de voeux pour la nouvelle année. Version PDF     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="http://www.seminairedequebec.org/photo/art/default/3728626-5538307.jpg?v=1327606814" alt="Les diacres, témoins du service" title="Les diacres, témoins du service" />
     </div>
     <div>
      J’envie la chance qu’ont les diacres d’être désignés par un terme qui les caractérise si bien. Comme vous savez, diacres vient du mot grec diaconeiv, qui signifie servir. Les prêtres doivent s’accommoder de l’étymologie grecque presbyteroi qui veut dire anciens. Les évêques ne sont guère mieux partagés. Le mot episcopoi signifie surveillants. Plus littéralement, episcopein  veut dire regarder de haut. Pas de quoi donner une belle image à l’évêque!       <br />
              <br />
       Mais la beauté du diaconat n’est pas que sémantique. Elle est surtout évangélique. Si vous relevez dans la Bible et dans les textes conciliaires et pontificaux  les références au Messie serviteur, au Christ serviteur et à l’Église servante, vous en avez pour noircir quelques pages. Sans être exhaustif, je ne puis traiter mon sujet sans m’appuyer sur la Parole de Dieu et le Magistère.       <br />
              <br />
       On se souvient du serviteur du premier chant du  1e livre d’Isaïe. Jésus va lui-même s’identifier à ce personnage figuratif du Messie (Luc 4,  18-19), lorsqu’il est appelé à faire la lecture du fameux passage du prophète :       <br />
       «L’esprit du Seigneur est sur moi…»  Jésus dira : «Aujourd’hui s’accomplit à vos oreilles ce passage de l’Écriture».       <br />
              <br />
       Il insistera à plusieurs reprises sur son rôle de serviteur, se refusant à reconnaître sa royauté, sinon alors qu’il est devenu le serviteur souffrant d’Isaïe Il répétera : «Je suis venu pour servir et non pour être servi». (Mt 20, 28).«Je suis au milieu de vous comme celui qui sert». (Lc 22,27) «Le maître se ceindra, les fera mettre à table et, passant de l’un à l’autre, il les servira».       <br />
       Ses actes iront plus loin que ses paroles, puisqu’il posera envers ses        <br />
       disciples le geste des esclaves envers leurs maîtres : le lavement des pieds. Et il demandera à ses disciples d’en faire autant les uns envers les autres (Jn 13,15).       <br />
              <br />
       C’est dire que Jésus a reconnu expressément son action comme une diaconie et en a recommandé non moins expressément l’exercice à ses disciples.       <br />
              <br />
       Il n’est donc pas étonnant que la spiritualité du service soit devenue la spiritualité de toute l’Église, en tant que toute l’Église (Directoire du diaconat permanent). Comme Marie, mère de l’Église, s’est dite la «servante du Seigneur» (Luc 1, 28), l’Église est au service du salut du monde. Le Concile Vatican II a rappelé à une Église, plus habituée à un certain style triomphant, son rôle de servante. C’est impressionnant de parcourir, ne serait-ce que dans la table analytique des textes conciliaires (éditions du centurion),les nombreuses références à cette dimension essentielle de l’Église  servante : des références qui s’étendent sur une page entière et concernent nommément toutes les catégories de baptisés : les pasteurs (10), les prêtres (23), les diacres (évidemment) (3), les séminaristes (3), les religieux (7), les missionnaires (1), les chrétiens et chrétiennes (14), les associations catholiques (1). Cette seule énumération permet de conclure que, vraiment, toute l’Église est servante.       <br />
              <br />
       Les chiffres révèlent que les ministres ordonnés sont particulièrement invités à exercer leur mission dans un esprit de service. Là encore, le sens même de leur titre le commande : ministre vient du latin minister, qui signifie justement serviteur. On n’y échappe pas, vraiment!       <br />
              <br />
       Il n’y  a donc pas que les diacres qui doivent servir dans l’Église. Tous les chrétiens, toutes les chrétiennes sont au service les uns des autres. De  même, les conseils évangéliques s’adressent à tous les disciples de Jésus, mais les religieux et les religieuses en font profession, sous une forme radicale. La chasteté religieuse n’est pas nécessairement plus méritante devant Dieu, pas toujours plus difficile que la chasteté conjugale, pas plus méritante et probablement plus facile que le célibat laïque, mais il appartient aux personnes consacrées d’être les témoins du radicalisme évangélique. De même pour les vœux de pauvreté et d’obéissance. L’expérience humaine démontre que le pouvoir et l’argent exercent un empire considérable sur les comportements humains. C’est la mission des religieux et des religieuses de témoigner que les dérives en la matière sont surmontables, puisqu’ils en surmontent même les attraits légitimes.       <br />
              <br />
       De plus, les personnes consacrées prononcent leurs veux dans un institut dont les statuts ont été reconnus par l’Église. Leur charisme communautaire les met au service d’une portion déterminée du peuple de Dieu.       <br />
              <br />
       Tout cela se retrouve sous une autre forme dans le diaconat. Le diacre personnifie le service vécu par le Christ. Il le partage à un titre particulier avec les autres ministres ordonnés, diacres eux aussi. Mais ils incarnent comme l’essence du service à l’état pur. Ils sont comme la conscience du peuple de Dieu, à un titre spécial des prêtres et des évêques, et d’une façon plus large pour tous les baptisés qui jouissent du sacerdoce des fidèles, prêtres, prophètes et rois. Chacun de ces titres dont vous gratifiez généreusement les enfants que vous baptisez comporte une dimension de service. Comme prophète, le chrétien, la chrétienne doit dispenser la parole de Dieu, témoigner de l’Évangile en paroles et en actes. Comme prêtre, il (elle) est appelé(e) à contribuer à la sanctification de son prochaine en diffusant les valeurs évangéliques. Comme roi à la manière de Jésus, il (elle) ne cherche pas à être servi(e), mais à servir. S’il est un ministère où le diacre est appelé à se nourrir des mystères qu’il célèbre, c’est bien le ministère du baptême qui offre de plus en plus un lieu de nouvelle évangélisation.       <br />
              <br />
       Le bienheureux Jean-Paul II, quelques mois avant de mourir (24 janvier 2004), soulignait la pertinence missionnaire du ministère diaconal :       <br />
              <br />
       «J’apprécie la mission que les diacres remplissent car il sont parfois au contact de milieux très éloignés de l’Église. Ils sont reconnus en raison de leurs compétences professionnelles et de leur proximité fraternelle avec les personnes et la culture dans laquelle elles sont immergées. Ils présentent un visage caractéristique de l’Église qui aime être proche des gens et de leur réalité quotidienne».       <br />
              <br />
       Ces propos décrivent bien le ministère diaconal à la fois dans sa mission (serviteurs de l’Évangile), dans son lieu de mission (milieux éloignés de l’Église) et dans son style d’interventions (compétence professionnelle et proximité familiale). (Cf Le diaconat permanent, AECQ, Fides,  2000)       <br />
       Devant le cumul des tâches par les prêtres et l’implication grandissante des laïcs dans la vie de nos communautés chrétiennes, on peut se demander s’il est possible d’asseoir une conception juste du diaconat permanent à partir de fonctions vraiment spécifiques. Il en est résulté un certain  flou dans le rétablissement du diaconat permanent et, ici et là, un malaise dans les rangs des diacres eux-mêmes. Il n’y a pas lieu de s’étonner qu’une fonction ecclésiale disparue depuis plusieurs siècles et substituée successivement par les prêtres, les religieux et les laïcs engagés  connaisse certaines difficultés à se rétablir. Raison de plus pour définir le diacre par son être autant que par le type de service. C’est l’affirmation du Comité des ministères de l’Assemblée  des évêques du Québec (ouvrage cité). En définitive, c’est autant par ce qu’il est  que par ce qu’il fait que le diacre trouve sa spécificité dans l’ensemble des ministères (25).       <br />
              <br />
       Avant nos évêques, le théologien Roch Pagé estimait que «c’est du côté de l’être qu’il faut chercher la spécifité du diaconat, et non pas du faire. C’est ce qu’ils sont qui fait l’originalité de ce qu’ils font».       <br />
              <br />
       Le diaconat est le sacrement du service dans le peuple de Dieu; le diacre est le signe sacramentel de ce que les membres de la communauté doivent être les uns pour les autres, comme le couple marié est le signe de l’amour du Christ pour son Église. Il est un rappel constant, permanent, autant pour les évêques et les prêtres que pour les autres fidèles, qu’ils sont serviteurs les uns des autres comme le Christ le fut pour les siens et, à travers eux, pour l’humanité.       <br />
              <br />
       Appelés à signifier la dimension diaconale de l’Église toute entière, il accomplit des services divers dans l’Église et dans le monde, sans s’identifier avec aucune. Les trois pôles vers lesquels converge sa mission, à savoir la charité, la parole et la liturgie, deviennent des lieux de signification de ce que tous font ou devraient faire,  et non pas strictement, surtout pas exclusivement, les lieux de l’action spécifique du diacre.       <br />
              <br />
       C’est pourquoi ces trois lieux sont identifiés tous trois sous le vocable des services : le service de la parole, le service de la liturgie, le service de la charité.       <br />
              <br />
       Dès lors, on pourrait penser que la disposition principale qui sied au diacre serait le dévouement, le don entier de soi-même. Tout service, bien sûr, exige qu’on s’investisse, qu’on y mette tout son cœur. Mais la vertu dominante du serviteur du Christ qui lave les pieds de ses disciples, qui «s’est abaissé jusqu’à la mort sur une croix», selon les mots de Paul aux Philipiens, c’est l’humilité qui colore le service diaconal, quelle qu’en soit la forme.       <br />
              <br />
       Permettez que j’en décrive quelques implications concrètes et que j’interpelle vos motivations comme les miennes d’ailleurs. Je nous interroge :       <br />
              <br />
       1- Quel est le type de service que je privilégie comme spontanément?       <br />
              <br />
       Quelle hiérarchie j’établis comme instinctivement dans mon service ministériel, lorsqu’il s’agit de répartir le temps dont je dispose pour la communauté, de discerner les engagements, de mettre de l’énergie? Il est évident que le service le moins attrayant – parce qu’il concerne ceux et celles que l’on est moins porté à servir – c’est celui de la Charité;! C’est moins gratifiant que le service de la Parole ou celui de la liturgie, mais, tout compte fait, c’est là que le service est le plus «service»!        <br />
              <br />
       Deux questions :       <br />
              <br />
       a) Lorsque je m’adonne au service de la Parole ou de la Liturgie       <br />
       suis-je mu par un véritable désir de servir, non de me faire dire que je suis meilleur que le curé, qu’on devrait bien me faire prêcher plus souvent…       <br />
              <br />
       b) Si je réclame qu’on respecte la place du diacre, suis-je motivé par le bien de l’Église, ou par mon désir d’être considéré?       <br />
              <br />
       2- Quelles sont les personnes que je suis porté à servir?        <br />
              <br />
       Mère Teresa demande aux membres de sa communauté, non       <br />
       seulement d’aller aux plus pauvres, mais d’aller aux plus pauvres parmi les pauvres! Quel que soit le service qu’il rend à la communauté chrétienne, le diacre permanent ne doit-il pas être le serviteur de ceux et celles que l’on ne sert pas, et de signaler par là même la présence de ceux et celles qui n’ont pas «droit au chapitre»?       <br />
              <br />
       a) Service de la Charité       <br />
              <br />
       Quels gens sont mes «privilégiés», mes «enfants gâtés»? Quelles sont les personnes vers lesquelles je vais spontanément, qui retiennent mon attention, qui m’attirent spontanément, pour qui et avec qui je travaille spontanément, que j’ai hâte de rencontrer, dont la vie concrète m’intéresse? Quelles sont les besognes qui me rendent heureux : celles qui paraissent, ou celles qui passent inaperçues et dont on ne parle point?       <br />
               <br />
       b) Service de la parole       <br />
              <br />
       Quelles sont les personnes qui me préoccupent, me hantent, m’habitent lorsque je songe à ce ministère? Celles au nom de qui  je me propose de «parler» dans l’Église? Celles à qui je suis désireux de porter la Parole de Dieu? Quels sont les lieux qui, lorsque j’envisage ce ministère, ont comme spontanément ma préférence : la grande communauté chrétienne rassemblée en célébration dominicale,… ou un bien humble et discret foyer pour personnes âgées, des couples que je prépare au baptême ou au mariage?       <br />
              <br />
       c) Service de la Liturgie       <br />
              <br />
       Quel service m’attire lors d’une célébration eucharistique : une place remarquable ou l’accueil des plus humbles fidèles qui viennent célébrer?  Être présent pour distribuer la communion à ceux et celles qui sont là, dans l’église, avec toute la communauté, c’est bien; être ailleurs pur assurer la communion à ceux et celles qui ne peuvent pas venir célébrer avec les autres, c’est peut-être mieux parfois.       <br />
              <br />
       3- Quelle est la manière dont je conçois mon service?       <br />
              <br />
       Comme un droit que je possède,… ou comme un service qu’on me demande? Suis-je offensé de ce que l’on ne me demande pas régulièrement d’assurer la prédication, d’être responsable de tel comité?       <br />
              <br />
       4- Quel est mon sentiment par rapport aux autres?       <br />
              <br />
       a) L’appel au ministère diaconal ou la vocation n’implique aucune supériorité dans l’ordre de la grâce ou dans l’ordre de la nature. Quelqu’un n’est pas appelé à recevoir ce ministère parce qu’il serait «saint» ou plus généreux que les autres, mais parce que l’évêque a discerné en lui certains charismes nécessaires à l’exercice de ce ministère. Quelqu’un n’est pas «choisi» parce qu’il est «plus» généreux que d’autres, mais parce qu’il se perçoit intimement comme ne pouvant «être» généreux autrement qu’en exerçant ce service dans l’Église et que l’évêque reconnaît cette aspiration et les aptitudes à la réaliser.       <br />
              <br />
       b) Si l’ordination  sacramentelle conférait une supériorité dans l’ordre de la grâce, pourquoi en priver l’épouse du diacre, et tant d’autres personnes dans l’Église? «Les plus grands dans le Royaume, ce ne sont pas les ministres, mais les saints»! L’ordination signifie simplement que dans l’Église, le service lui-même est un don de Dieu! Ça ne prend rien de moins que le don de Dieu  pour servir adéquatement  le «saint« Peuple de Dieu, et pour dresser fidèlement la «Table du Pauvre», ce Seigneur dépossédé. Cela est important à rappeler si l’on ne veut pas que les ordinations aient l’air de célébrer un serviteur au lieu de célébrer le Serviteur et le service comme  tel, et tous ceux et celles qui servent dans l’Église!       <br />
              <br />
       d) Tout cela est important à rappeler si l’on ne veut pas que les diacres permanents se comportent concrètement – et parlent d’eux-mêmes et de leur ministère – comme s’ils avaient le monopole du service dans l’Église! Ils ne sont là que pour signifier le  service du Christ, et pour rappeler à tous les membres de la communauté chrétienne de se tenir «en tenue de service»! Sinon, il y a prétention intolérable et presque du «mépris» pour tous ceux et celles qui, sans que cela soit reconnu et célébré, servent bien humblement et quotidiennement leurs frères et sœurs!       <br />
              <br />
       e) Le goût, l’inclination, la tendance à servir, et à servir les humbles : c’est à travers cela que le Seigneur fait  signe diaconal dans l’Église, Lui qui «n’est pas venu pour être servi, mais pour servir». L’Imitation de Jésus Christ contient des pages admirables concernant l’humilité. Il serait bon parfois que les diacres permanents – et tous les ministres ordonnés d’ailleurs – lisent ou/et relisent cette phrase bien connue : «Voulez-vous apprendre et savoir quelque chose qui vous serve : aimez à vivre inconnu et à n’être compté pour rien»  (L.I., c. II, #3). Non seulement «vivre inconnu», mais «être compté pour rien, et bien plus : «aimer cela»! Il ne s’agit pas de transformer le diacre en valet, mais de lui donner toute sa dignité de «serviteur»!       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Conclusion</span>       <br />
              <br />
       Mes propos ne visent pas à faire rentrer les diacres dans le rang, mais à les convaincre que l’attitude humble de service est celle qui accréditera le diaconat permanent, une institution qui doit faire son chemin à nouveau, et contribuer à bâtir sa crédibilité. Car, ne l’oublions pas, le diaconat permanent est une institution à la fois très ancienne et très jeune. C’est ce qui en fait une institution fragile en même  temps qu’un ministère porteur de dynamisme et de fraîcheur. L’Église de Québec peut se dire heureuse de pourvoir en bénéficier.       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">+Maurice Couture, S.V.        <br />
       Archevêque émérite de Québec</span>       <br />
       7 janvier 2012       <br />
              <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="http://www.seminairedequebec.org/photo/art/default/3728626-5538408.jpg?v=1327607788" alt="Les diacres, témoins du service" title="Les diacres, témoins du service" />
     </div>
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      <Script type="text/javascript" src=https://www.carrefourkairos.net/sme/sme_homelies_classement.js></SCRIPT>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position: relative;">Tiré du site internet de la Société des prêtres du Séminaire de Québec www.seminairedequebec.org</div>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="http://www.seminairedequebec.org/Les-diacres-temoins-du-service_a450.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>Les défis de la mission dans l'Église de Québec aujourd'hui et les moyens d'y répondre - Bertrand Roy p.m.é.</title>
   <updated>2012-01-22T20:45:00+01:00</updated>
   <id>http://www.seminairedequebec.org/Les-defis-de-la-mission-dans-l-Eglise-de-Quebec-aujourd-hui-et-les-moyens-d-y-repondre-Bertrand-Roy-p-m-e_a441.html</id>
   <category term="Actualité" />
   <photo:imgsrc>http://www.seminairedequebec.org/photo/art/imagette/3447549-4959743.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2011-11-18T02:06:00+01:00</published>
   <author><name>Bertrand Roy</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Le 17 novembre 2011, 125 prêtres venant de toutes les parties de la région pastorale de la Rive Nord se sont retrouvés pour entendre Bertrand Roy p.m.é. sur le thème de la mission aujourd'hui. "Pasteurs au coeur d'une Église missionnaire et évangélisatrice" lisait-on dans le programme. La veille, à la salle du Journel à St-Joseph-de-Beauce, 75 prêtres de la région pastorale de la Rive Sud avaient pu bénéficier des enseignements concrets, pratiques et théologiques du conférencier.     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="http://www.seminairedequebec.org/photo/art/default/3447549-4959743.jpg?v=1321586070" alt="Les défis de la mission dans l'Église de Québec aujourd'hui et les moyens d'y répondre - Bertrand Roy p.m.é." title="Les défis de la mission dans l'Église de Québec aujourd'hui et les moyens d'y répondre - Bertrand Roy p.m.é." />
     </div>
     <div>
      <b>Voir plus loin le texte intégral des interventions de l'abbé Bertrand Roy p.m.é, </b>       <br />
              <br />
       La journée de la Rive Nord s'est déroulé à la maison généralice des Soeurs de la Charité à Beauport. Elle a commencé par une <span style="font-style:italic">Lectio divina </span>à partir de 2 Corinthiens 5, 11-21 présidée par Mgr Gérald C. Lacroix, archevêque de Québec et primat du Canada. Après cette méditation riche et remplie, Bertrand Roy p.m.é. a commencé sa série de trois entretiens : deux en avant-midi et un en après-midi.       <br />
              <br />
       Le contenu de ces entretiens a été d'un richesse remarquable. Ils furent donnés avec aplomb, expérience et clarté. Le conférencier a été des plus appréciés par les participants. Vous trouverez ici un aperçu de ces entretiens présentés bien sommairement. Vous en trouverez le texte intégral plus loin.        <br />
              <br />
       Allons-y pour quelques notes prises sur le vif.       <br />
              <br />
       <b>Première conférence : &quot;La charité du Christ nous presse&quot; (2 Corinthiens 5, 14) ou devons-nous être &quot;de moins en moins prêtres et de plus en plus évêques&quot;?</b>       <br />
              <br />
       Cet exposé visait à situer l'exercice du sacerdoce ministériel (fonction) dans le contexte de la pratique et de la théologie de la mission. Le conférencier s'est demandé s'il était possible de &quot;faire église&quot; autrement . Existe-t-il une autre façon? Oui, répond-il, et c'est plus qu'une question de tâche, c'est dans l'exercice de la charité pastorale que le prêtre trouvera du bonheur. C'est ce que dit le <span style="font-style:italic">Décret sur le Ministère et la Vie des prêtres</span> de Vatican II au numéro 14 que <span style="font-style:italic">Pastores dabo vobis </span> reprend largement. La charité pastorale prend tout son sens lorsque le ministère sacerdotal est envisagé dans sa dimension missionnaire. Le prêtre développe alors une attitude de &quot;conversion pastorale&quot; permanente. Il accepte ainsi d'aller vers des horizons toujours nouveaux comme l'y invite la lettre aux prêtres de <span style="font-style:italic">l'Assembleé des évêques catholiques du Québec </span>en 2009.       <br />
              <br />
       Pour mieux situer l'exercice du sacerdoce ministériel, le conférencier montre l'importance d'une théologie et d'une pratique de la Mission. Avant d'arriver aux moyens concrets, il est essentiel de mettre au point une vision éclairée et solide de la Mission.       <br />
              <br />
       Du <span style="font-style:italic">point de vue théologique</span>, la MIssion nous renvoie au Dessein de Dieu. L'Église n'existe pas pour elle-même, mais pour les autres. L'Église est au service du Dessein de Dieu, du mouvement de l’amour trinitaire qui embrasse toute l’humanité, c’est le souffle de l’Esprit qui unit toute l’humanité au mystère pascal du Christ, d’une façon que Dieu connaît. Cette constatation incontournable implique deux conséquences : 1) écoute et discernement des signes de l'action de l'Esprit et 2) conversion du regard ecclésial sur soi et sur les autres.       <br />
              <br />
       Du <span style="font-style:italic">point de vue pratique</span>, la Mission empruntera la même route que celle du Christ, comme le rappelle le Décret <span style="font-style:italic">Ad gentes</span> de Vatican II. La mission de l’Église écrivent les Pères du Concile Vatican II « continue et développe au cours de l’histoire la mission du Christ lui-même, qui fut envoyé pour annoncer aux pauvres la bonne nouvelle; c’est donc par la même route qu’a suivie le Christ lui-même que, sous la poussée de l’Esprit du Christ, l’Église doit marcher, c’est-à-dire par la route de la pauvreté, de l’obéissance, du service… » (numéro 5). L'Église est en chemin. La forme de la marche de l'Église c'est le pèlerinage - Ecclesia peregrinans - et  sa mission est sans cesse marquée par un dialogue prophétique entre les membres de l'Église et avec les autres qui l'entourent et avec lesquels elle interagit. C'est au coeur même des transformations que nous vivons que la &quot;nouvelle évangélisation&quot; se réalise. La vérité de l'Évangile est attestée par la qualité des relations que l'Église suscite à l'intérieur et à l'extérieur dans une gratuìté à l'image de la gratuité du don de Dieu.        <br />
              <br />
       Bertrand Roy  p.m.é. termine cette première conférence avec une image saisissante en comparant le ministère presbytéral à un diapason. Le prêtre, explique-t-il, n'est pas le chef d'orchestre, il ne joue pas de solos, il ne chante pas plus haut que les autres, il entend le &quot;la&quot; et il permet à la communauté de chanter juste.       <br />
              <br />
       <b>Deuxième conférence : &quot;La charité du Christ nous presse&quot; (2 Corinthiens 5, 14) ou la passion des &quot;supermans de la pastorale&quot;?</b>       <br />
              <br />
       Dans cette deuxième conférence, Bertrand Roy p.m.é. aborde la spiritualité de la MIssion. Son exposé vise à approfondir la dimension existentielle (être) de l'exercice du sacerdoce ministériel dans une perspective de spiritualité missionnaire. Il serait trop long ici de reprendre les multiples exemples que le conférencier a apportés Qu'il suffise de noter son insistance pour situer cette spiritualité de la Mission dans  un mouvement qui la précède et qui la dépasse, celui du Dessein de Dieu qui vient vers l'humanité et lui donne son Fils. &quot;C'est, dit-il, un problème de foi, de foi risquée&quot;. Comme Paul, le prêtre engage toute son existence au service de la mission. La spiritualtié missionnaire est avant tout existentielle. Exemples: Mgr Gustave Prévost et Charles de Foucauld. Des témoins, une présence, une communion, une vocation qui va toujours en avant, ouverte dans l'espérance, voilà des caractéristiques d'une authentique spiritualité missionnaire.       <br />
              <br />
       <b>Troisième conférence : &quot;La charité du Christ nous presse&quot; (2 Corinthiens 5, 14) ou &quot;l'avenir d'un ministère au service de la communion missionnaire&quot;?</b>       <br />
              <br />
       Dans cette conférence, Bertrand Roy p.m.é. a identifié quelques pistes d'avenir pour l'exercice &quot;consolant&quot; d'un ministère aux horizons nouveaux. Il en a indiqué cinq.       <br />
              <br />
       1) Mettre en fonction une communauté de collaborateurs et de collaboratrices qui ont un coeur rempli d'espérance, qui ont des désirs ardents et qui prennent le temps de partager ensemble dans la familiarité de la vie quotidienne et la détente.       <br />
              <br />
       2) Passer de la logique du succès à celle de la fécondité, ce que Mgr Lacroix avait appelé plus tôt en s'adressant à ses prêtres &quot;réussir&quot; versus &quot;accomplir&quot; en donnant l'exemple de Jésus qui n'a pas &quot;réussi&quot;, mais qui a &quot;accompli&quot; sa mission : &quot;Père, tout est accompli&quot; (Jean 19, 23) . Le Seigneur demande au pasteur de porter du fruit. Le pasteur est un semeur, c'est Dieu qui donne la croissance, mais le pasteur doit sarcler; bêcher, arroser pour que la semence s'enracine et porte du fruit. Il est important dans nos évaluations pastorales de le faire toujours en terme de &quot;fruits&quot; et non en termes de &quot;réussites&quot;.       <br />
              <br />
       3) Maintenir une saine tension entre le local et l'universel. &quot;Des racines et des ailes&quot;.... Être enracinés dans un milieu précis est essentiel à la Mission. D'autre part, l'ouverture, la mobilité sont nécessaires. Enracinement dans un contexte global.       <br />
              <br />
       4) Développer la fraternité sacerdotale et relever le défi des &quot;inters&quot; : l'inter-générationnel, l'inter-culturel, l'inter-ministères. Le conférencier donne ici plusieurs illustrations concrètes de cette piste.       <br />
              <br />
       5) Cultiver la formation, la formation initiale (séminaire, stages etc.) et la formation permanente.       <br />
              <br />
       Le conférencier termine par un souvenir de Paul VI à la fin de sa vie, en juillet 1978, qui, s’adressant à des représentants de diverses traditions religieuses du Japon venus le rencontrer, au moment de quitter ses invités, improvisait une salutation en leur disant simplement: «Nous prions le Seigneur de pouvoir être toujours digne de vous aimer et de vous servir». Que les pasteurs, à l'exemple de Paul VI,  soient toujours conscients que c'est une dignité d'aimer et de servir ses frères et soeurs.       <br />
              <br />
              <br />
       On peut lire une conférence de Bertrand Roy p.m.é. donnée au Montmartre canadien à Québec le 20 février 2008 qui touche plusieurs des points abordés dans les entretiens qui précèdent :  <a class="link" href="http://www.lemontmartre.net/archives/conference_bertrand_roy.pdf">L’évangélisation au XXIe siècle : Quelles surprises nous attendent?</a> 
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      <HR>       <br />
       <b>Bertrand Roy, p.m.é. </b>       <br />
              <br />
       Directeur et rédacteur en chef de la revue <span style="font-style:italic">Missions Étrangères</span> de 1985 à 1986 et directeur de la publication depuis 2003, Bertrand Roy a été missionnaire en Indonésie de 1976 à 1982 et au Cambodge de 1995 à 1996. Il dirige aujourd'hui des dossiers relatifs à la formation en plus d'enseigner la missiologie à l'université. Il est membre du Conseil central de la Société des prêtres des Missions Étrangères depuis 2003, poste qu'il avait auparavant occupé de 1985 à 1991.        <br />
       ¨       <br />
       <HR>       <br />
              <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      <b>Texte intégral des interventions de l'Abbé Bertrand Roy p.m.é.</b>       <br />
              <br />
       <b>Pasteurs au cœur d’une Église missionnaire et évangélisatrice</b>       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Rencontres régionales des prêtres – Novembre 2011       <br />
       Archidiocèse de Québec</span>       <br />
              <br />
       	Durant la dernière année, ce fut pour moi un privilège que de faire le tour des régions pastorales pour une réflexion sur la paroisse dans la perspective de la nouvelle évangélisation. Je vous en remercie sincèrement. Aujourd’hui un autre cadeau m’est offert : collaborer à une réflexion sur la dimension missionnaire de notre ministère sacerdotal dans le contexte de la réorganisation pastorale en cours. Quel est l’avenir de notre ministère et de notre être comme prêtres à l’intérieur du grand chantier des réaménagements pastoraux?       <br />
              <br />
       	En préparant cette journée, je me suis laissé interpeller par des questions soulevées par le Conseil presbytéral du 19 septembre dernier.  «  On note un changement dans le service et la présence au gens dans ce nouveau redécoupage des  communautés. Dans ce nouveau contexte, nous sommes de moins en moins prêtres et de plus en plus évêques. Comment allons-nous passer de la conversion structurelle à la conversion pastorale? » Je m’inspire de cette question pour tenter de situer l’exercice du sacerdoce ministériel dans une perspective missionnaire : « La charité du Christ nous presse » (2 Cor 5, 14) ou devons-nous être « de moins en moins prêtres et de plus en plus évêques »?       <br />
              <br />
       	Je pense ici à mon premier évêque dans le Nord de Sumatra en Indonésie, Mgr Pius Datubara, un capucin indonésien. Il avait une telle une âme de pasteur qu’il semblait se reprocher d’être évêque, comme s’il y avait ainsi un prêtre de moins pour répondre aux besoins pastoraux immédiats des communautés. Les prêtres devaient faire la queue avec tous les pauvres de la ville pour pouvoir lui parler. Je pense aussi à un autre évêque, un prêtre diocésain polonais, que j’ai connu durant mes années d’étude dans son diocèse. Il était toujours en voyage et s’en remettait à ses collaborateurs pour les tâches administratives et la gestion du quotidien. Les foules l’adoraient, mais ses collaborateurs étaient parfois essoufflés, souvent laissé à eux-mêmes.       <br />
              <br />
       	Tous les deux, Pius Datubara et Karol Wotyla, furent pour moi des témoins de la charité pastorale, de cette « charité du Christ qui nous presse ». Cette charité pastorale, comme service de proximité et présence quotidienne aux gens, devient-elle un idéal impossible à vivre dans le contexte des réaménagements pastoraux actuels? Somme-nous condamnés à  être « de moins en moins prêtres et de plus en plus évêques »?       <br />
              <br />
       Réaménagements pastoraux et exercice de la charité pastorale       <br />
              <br />
       	En avril 2010, dans une lettre qu’ils adressaient aux prêtres à l’occasion du Jeudi saint, les évêques du Québec exprimaient leur encouragement et leur reconnaissance. Dans cette même lettre, il était question des préoccupations actuelles des prêtres, qu’il s’agisse des réorganisa­tions pastorales, du lien avec leur évêque, de leur formation, de leur équilibre de vie, de leur situation financière. Après avoir rappelé le contexte diffi­cile dans lequel les prêtres sont appelés à exercer leur ministère aujourd’hui au Québec, souvent en se butant à l’indifférence des uns ou à l’agressivité des autres, les évêques du Québec affirmaient que « les réalités sociologiques et une décroissance numérique nous convainquent de plus en plus qu’il faut &quot;faire autrement&quot; pour que notre tâche soit humainement supportable et spirituellement gratifiante. On doit cependant l’affirmer clairement : la situation actuelle nous oblige à revenir à ce qui est la source de notre sacerdoce. » (AECQ, Lettre d’amitié des évêques du Québec à leurs confrères prêtres à l’occasion du Jeudi saint de l’année sacerdotale, 1er avril 2010).       <br />
              <br />
       	Faire autrement. Cette expression est devenue un slogan dans notre environnement politique, social et même ecclésial. On parle de faire Église autrement. Dans certaines Églises locales au passé missionnaire glorieux, on entend même des invitations à la désobéissance. Si l’exercice du ministère des prêtres devient une tâche qui n’est plus humainement supportable ni spirituel­lement gratifiante, il y a un sérieux problème dans la demeure et il faut évidemment faire autrement.       <br />
              <br />
       	Existe-t-il une autre façon de faire permettant de contrer la pénurie de main d’œuvre, l’abandon prématuré, l’épuisement professionnel ou le senti­ment de libéra­tion quand sonne enfin l’heure de la retraite. Il y a certainement moyen de faire autrement puisqu’il y a des prêtres heureux dans leur ministère. Nous en connaissons. Nous en sommes. Nous savons aussi que la même tâche peut être écrasante et terrible pour l’un et stimulante et valorisante pour un autre. C’est plus qu’une question d’ouvrage. Etre heureux comme prêtres dans la situation actuelle suppose que nous retrouvions constamment le chemin qui mène à la source de notre sacerdoce.        <br />
              <br />
       	Selon le décret de Vatican II sur le ministère et la vie des prêtres, c’est dans l’exercice de la charité pastorale, en menant la vie même du Bon Pasteur dans l’unité de la mission de l’Église, que les prêtres trouveront l’unité de leur propre vie et leur bonheur (cf. Vatican II, Presbyterorum Ordinis, 14). S’il faut faire autrement pour que la tâche des prêtres soit humainement supportable et spirituelle­ment gratifiante, il faut revoir notre façon d’exercer cette charité pastorale.       <br />
              <br />
       	La charité pastorale implique une loyauté et un effort inlassable, à la manière du Bon Pasteur qui appelle ses brebis chacune par son nom, qui donne sa vie pour elles, qui s’éloigne même du gros du troupeau pour rechercher celle qui est perdue. Cette loyauté et ce don de soi sans compter s’accommodent mal d’une froide description de tâche, d’un encadrement juridique bien défini, d’un horaire régulier non négociable, de directives officielles à appliquer mur à mur. La charité pastorale semble appartenir plus au domaine de l’improvisation qu’à celui de la planification. Elle appartient plus à la relation d’amitié et de liberté qu’à la responsabilité administrative et aux procédures contraignantes. Elle appartient plus au don gratuit qu’au devoir professionnel de répondre à des besoins, tels les besoins religieux de nos concitoyens.        <br />
              <br />
       	Pour donner tout son espace vital à la charité pastorale, il est nécessaire de faire autrement afin que les prêtres y trouvent l’unité de leur vie et leur bonheur. C’est ici qu’il peut être indispensable d’envisager le ministère des prêtres dans une perspective missionnaire. Ne sommes-nous pas confrontés nous aussi à la conversion pastorale dont a parlé la Ve Conférence du CELAM à Aparecida, au Brésil?       <br />
              <br />
       Nous avons besoin de déve­lop­per la dimension mission­naire de la vie dans le Christ. L’Église a besoin d’une forte secousse qui l’empêche de s’installer dans le confort, la stagna­tion et la tiédeur, en marge de la souffrance des pauvres du continent. Nous avons besoin que chaque commu­nauté chré­tien­ne se convertisse en un centre de rayonnement de la vie dans le Christ. […] Nous sommes appelés à assumer une attitude de conversion pastorale permanente, ce qui implique écouter avec attention et discerner « ce que l’Esprit dit aux Églises » (Ap 2, 29) à travers les signes des temps où Dieu se manifeste. » (CELAM, Aparecida – Document final, 2007, 360-362)       <br />
              <br />
       	Quelle conversion pastorale permanente, quelle forte secousse, quelle attention aux signes des temps, sommes-nous appelés à assumer pour vivre la charité pastorale du sacerdoce ministériel dans une perspective missionnaire?        <br />
              <br />
       Prêtres-missionnaires : héritiers et pionniers…       <br />
              <br />
       	Peut-être que « devenir de plus en plus évêques » n’est pas une si mauvaise idée après tout, non pas dans le sens d’être débordé de tâches administratives au point de priver l’Église de ses pasteurs ou de partir en voyage en laissant l’ouvrage aux autres, mais dans le sens de collaborer de plus en plus au ministère des évêques. Or ce ministère est d’abord et avant tout un service apostolique, autrement dit un service missionnaire.         <br />
              <br />
       	Encore faut-il bien s’entendre. Une certaine image traditionnelle de la mission, même si nous savons qu’elle est dépassée, demeure bien ancrée dans notre imaginaire ecclésial. Par exemple, il ne suffit pas de faire le prêtre dans un autre pays pour le faire autrement. Il ne suffit pas de savoir se débrouiller avec peu de ressources pour faire la mission. Ou encore, il ne suffit pas d’être un bon improvisa­teur, d’avoir un grand réseau d’amis et d’être généreux sans compter pour vivre la charité pastorale dans une perspective missionnaire. Comment se présente l’exercice de notre ministère dans cette perspecti­ve?       <br />
              <br />
       	J’aime bien me rappeler cette affirmation du rabbin Abraham Josuah Heschel : « Pour être un héritier spirituel, il faut être un pionnier. Pour être digne d’être un pionnier, il faut être un héritier spirituel. » Les prêtres du Québec, ou mieux encore les prêtres de Québec, sont les héritiers d’une longue tradition de prêtres-missionnaires, de prêtres-pionniers ouvrant des chemins nouveaux. Jusqu’en 1908, toute l’Amérique du Nord était considérée comme une terre de mission et plusieurs prêtres d’ici ont fait leurs valises pour aller vers l’Ouest, vers le Sud ou vers le Nord comme missionnaires. Et ceux qui restaient ici ouvraient de nouvelles paroisses, bâtissaient des églises, fondaient des communautés religieuses et peut-être même devenaient chanoines.        <br />
              <br />
       	En 1921, il y a 90 ans, les évêques du Québec ont exercé leur service missionnaire en fondant une maison de formation, un Séminaire en vue d’organiser la participation de leur clergé diocésain à la mission universelle de l’Église. Ce Séminaire sera le berceau de la Société des Missions-Étrangères. À l’époque, on partait en mission au loin, comme ambassadeurs d’un peuple apostolique, pour sauver une par une les âmes « qui habitent les ténèbres et l’ombre de la mort » et surtout pour fonder une Église locale à l’image et à la ressemblance de celle qui vous envoyait. L’attitude de ces missionnaires, généreux et audacieux, n’était pas toujours une attitude de sympathie face aux autres cultures et aux autres religions. Les jugements sévères et la confrontation des différences accom­pagnaient la disponibilité à rendre service aux gens et le désir de leur faire connaître la religion du Bon Dieu, comme on disait alors. La devise épiscopale du premier évêque de la Société des Missions-Étrangères, Mgr Louis-Adelmar Lapierre, p.m.é., vicaire aposto­li­que de Szepingkai en Mandchourie était : « Caritas Christi urget nos ». Tel est notre héritage spirituel.       <br />
              <br />
       	La perspective missionnaire a beaucoup changé depuis 1921 dans la mouvance des transformations sociales, religieuses et ecclésiales du XXe siècle, mais l’imaginaire ecclésial n’absorbe que très lentement ces changements. La mission actuelle en dialogue prophétique avec les pauvres, les cultures et les religions est toujours confrontée aux tentations de puissance, d’uniformité et de confrontation qui refont surface sous des habits nouveaux.       <br />
              <br />
       	L’appel à une conversion pastora­le missionnaire lancé par le CELAM à Aparecida n’est pas une nouveauté. Comme l’a fait l’Église du Québec, par exemple avec l’enquête Risquer l’avenir il y a 20 ans, cet appel recueille l’héritage du difficile chemine­ment post-conciliaire qui a changé notre vision et notre pratique de la mission.        <br />
              <br />
       	Par exemple, ce changement était évoqué discrètement par le comité des minis­tères de l’AECQ dans un message sur l’identité presbytérale intitulé : « Les prêtres-serviteurs au cœur du monde et de l’Église ». Dans la dernière section du message, sous le titre : « Appelés et envoyés », ce message situe ainsi le ministère des prêtres dans une perspective missionnaire :        <br />
              <br />
       […] La communauté locale ne doit pas s’occuper uniquement de ses propres fidèles : elle doit veiller à maintenir vive la préoccupation missionnaire qui la fera aller vers tous les hommes et toutes les femmes de leur temps. Les prêtres ont à cœur d’animer cet esprit missionnaire de la vie de la communauté. Les prêtres, au cœur de la communauté des baptisés, se rendent ainsi disponibles, par toute leur vie, à exercer un ministère aux horizons nouveaux, afin de collaborer d’une façon particulière à la mission du Christ, une mission elle aussi aux horizons toujours nouveaux… (AECQ, Comité des ministères, Les prêtres-serviteurs au cœur du monde et de l’Église (L’identité presbytérale), Année sacerdotale 2009-2010.)       <br />
               <br />
       	En ce qui regarde le ministère des prêtres dans une perspective missionnaire, le changement évoqué par le comité des ministères va bien au-delà de l’animation missionnaire de la communauté. La conversion pastorale qu’il suggère ne signifie pas la recherche de nouvelles stratégies. Il s’agit plutôt d’élargir notre regard à la mesure des horizons toujours nouveaux de la mission pour y resituer le ministère des prêtres et l’exercice de leur charité pastorale dans cette perspective.       <br />
              <br />
       	Pour évoquer brièvement ces horizons nouveaux de la mission et y situer le ministère des prêtres aujourd’hui et demain, j’adopterai trois points de vue : d’abord celui de la théologie de la mission, puis celui de la pratique de la mission, et enfin celui de la spiritualité de la mission.        <br />
              <br />
              <br />
              <br />
       La mission a une Église       <br />
              <br />
       	Un premier point de vue est celui de la théologie de la mission. Dans la mouvance de Vatican II, nous avons redécouvert le sens théologique de la mission. Son origine, son centre et son but se trouvent dans le mouvement de l’amour trinitaire vers toute l’humanité. Plus qu’une activité de l’Église, la mission est sa raison d'être comme communauté croyante. Nous connaissons cette affirmation du décret Ad Gentes : « De sa nature, l’Église, durant son pèlerinage sur la terre, est missionnaire, puisque elle-même tire son origine de la mission du Fils et de la mission du Saint-Esprit, selon le dessein de Dieu le Père. Ce dessein découle de « l’amour dans sa source », autrement dit de la charité du Père (Vatican II, Ad Gentes, 2).        <br />
              <br />
       	Toute l’Église est missionnaire car elle trouve son origine et son but dans ce mouvement de l’amour trinitaire qui la précède et la dépasse pour rejoindre toute l’humanité et l’embrasser de ses deux mains que sont le Verbe et l’Esprit, la Parole et le Souffle de Dieu. L’horizon de la mission s’élargit considérablement. Plus qu’une activité de l’Église, c’est la mission qui a une Église. L’Église est au service de cette mission de Dieu comme signe et sacrement. Mentionnons seulement deux enjeux de ce nouvel horizon de la mission pour le service que l’Église est appelée à rendre.       <br />
              <br />
       	Un premier enjeu est le passage à une compréhension de la mission qui dépasse le salut individuel. Cette mission, qui prend forme sacramentelle dans l’Église, concerne la réalisation dans toute l’histoire humaine du dessein de Dieu dans l’ordre de l’amour, de la libération du mal, d’une nouvelle création. Il en résulte un regard plus positif quoique critique sur les projets d’humanisation que portent les différentes cultures, idéologies et traditions religieuses de l’humanité. Le service de l’Église missionnaire exige un constant discernement des « signes des temps », des signes de l’amour de Dieu à l’œuvre dans l’histoire. C’est la condition indispensable pour que l’Église soit fidèle à sa raison d’être et puisse dire aux femmes et aux hommes de son temps : « Si tu savais le don de Dieu. »       <br />
              <br />
       	Un deuxième enjeu de ce nouvel horizon de la mission est une conversion du regard ecclésial sur soi et les autres. Si nous avons longtemps défini les autres, les destinataires de la mission, en fonction de nous (qu’il s’agisse des païens, des infidèles, des hérétiques, des non-chrétiens, des non-pratiquants, des distants, etc.), le service de la mission de Dieu à l’œuvre dans le monde par sa Parole et son Esprit nous conduits à découvrir notre identité comme Église dans la relation avec les autres, dans le dialogue et le service. Selon le théologien Karl Rahner au lendemain de Vatican II, au moment où l’organisa­tion missionnaire de l’Église était en pleine crise, si l’Église est missionnaire, c’est parce qu’elle a besoin des autres pour vivre sa foi. Jean-Paul II évoquera la même pauvreté quand il affirmera que « la mission renouvelle l’Église, renforce la foi et l’identité chrétienne, donne un regain d’enthousiasme et des motivations nouvelles. La foi s’affermit lorsqu’on la donne. » (Jean-Paul II, Redemptoris missio, 2).         <br />
              <br />
       	Selon ce point de vue de la théologie de la mission, un premier point de repère pour situer le « ministère aux horizons nouveaux » des prêtres est la conscience qu’une Église missionnaire, de par sa nature, est une Église toute entière ministérielle, c’est-à-dire toute entière au service du don reçu gratuitement du Christ ressuscité pour être partagé avec tous dans la mouvance de son Esprit. Dans l’Église missionnaire, tous les baptisés incorporés au Christ sont participants de l’unique mission du Christ en coopérant selon la mesure du don reçu à sa triple fonction prophétique, sacerdotale et royale. Tous sont dans les Christ des femmes et des hommes de Dieu autant que les prêtres, quoiqu’en pense le sentiment populaire beaucoup plus sacral qu’ecclésial.        <br />
              <br />
       	Sur cet horizon nouveau, comment se situe le ministère des prêtres? Le sacerdoce ministériel se redécouvre comme un sacerdoce de service pour aider toute l’Église à devenir et demeurer elle-même à la suite du Christ qui l’appelle et l’envoie. Pour reprendre une affirmation du P. Jean-Marie Tillard : « Pourquoi donc cette nécessité du ministère, porté par l’Esprit du Christ, alors que tout vient du Christ ?  Précisément, afin de bien manifester que tout vient du Christ » (J.-M. Tillard, Chair d’Église, chair du Christ, Paris, Cerf, 1992, p. 162)       <br />
              <br />
       	Le ministère des prêtres, coopérant à la mission apostolique des évêques, se situe ainsi comme un don appartenant à la structure même de l’Église mission­naire.  Selon les mots de Jean-Paul II : « Dans son être même et dans sa mission sacramentelle, le prêtre apparaît, dans la structure de l’Église comme signe de la priorité absolue et de la gratuité de la grâce, qui est donnée à l’Église par le Christ ressuscité. Par le sacerdoce ministériel, l’Église prend conscience, dans la foi, de ne pas exister par elle-même, mais par la grâce du Christ dans l’Esprit Saint » (Jean-Paul II, Pastores dabo vobis, 1992, 16).       <br />
              <br />
       	Si, par sa nature missionnaire, l’Église n’existe pas par elle-même mais par la gratuité de la grâce du Christ, elle n’existe pas non plus pour le seul bénéfice de ses membres mais pour le salut du monde. Ici aussi le don du sacerdoce ministériel est essentiel comme signe de l’universalité de la mission du Christ confiée à l’Église. Selon les mots bien connus du décret conciliaire sur le ministère et la vie des prêtres, « le don spirituel que les prêtres ont reçu à l’ordination les prépare non pas à une mission limitée et restreinte, mais à une mission de salut d’ampleur universelle, « jusqu’aux extrémités de la terre » (Ac 1, 8) (Vatican II, Presbyterorum Ordinis, 10).       <br />
              <br />
       	Dans cette perspective, le prêtre n’est pas un agent de pastorale parmi les autres. Ce qui n’est pas sans susciter des débats. Par exemple, dans la mise en œuvre de nouveaux projets missionnaires de la Société des Missions-Étrangères, l’opportunité d’accepter la responsabilité d’une charge pastorale fut souvent questionnée par des confrères prêtres qui souhaitaient être libres pour de nouvelles initiatives d’évangélisation. Dans une Église toute entière ministérielle, le prêtre n’a pas à assurer tous les ministères dont a besoin l’Église pour accomplir sa mission. Qu’il soit de moins en moins possible de le faire est sans doute une libération. Cependant, son service spécifique dans l’Église demeure essentiel comme signe personnel de la gratuité du don du Christ et de l’universalité de son amour dont les sacrements doivent être des signes.        <br />
              <br />
       La mission en dialogue       <br />
              <br />
       	Un deuxième point de vue pour évoquer les nouveaux horizons de la mission où se situe le ministère des prêtres est celui de la pratique de la mission, à savoir comment l’Église continue et développe dans l’histoire la mission du Christ envoyé pour annoncer la bonne nouvelle aux pauvres. Selon les mots du décret Ad Gentes, « c’est par la même route qu’a suivie le Christ lui-même que, sous la poussée de l’Esprit du Christ, l’Église doit marcher, c’est-à-dire par la route de la pauvreté, de l’obéissance, du service et de l’immolation de soi jusqu’à la mort, dont Il est sorti victorieux par sa résurrection » (Vatican II, Ad Gentes, 5).        <br />
              <br />
       	La bonne forme de l’Église missionnaire est celle du pèlerinage, d’un peuple en route, Ecclesia peregrinans. Sur la route, elle se fait « parole, message et conversation » selon les mots de Paul VI dans Ecclesiam Suam. Elle passe de l’anathème au dialogue, elle se tourne vers l’autre, si différent soit-il. En partageant la recherche de salut, de libération, d’authenticité, d’harmonie des peuples dont elle se reconnaît solidaire dans sa propre pauvreté, l’Église de Vatican II approfondit l’Évangile de Jésus-Christ qu’elle proclame. Sa compréhension de l’évangélisation, au sens strict de la prédication de l’Évangile, s’élargit en cours de route. Ainsi, en 1971, le synode des évêques affirmait que « l’activité en faveur de la justice et la participation à la transformation du monde nous apparais­sent pleinement comme une dimension constitutive de la prédication de l’Évangile» Synode des évêques, La justice dans le monde, 1971).       <br />
              <br />
       	Puis, à la suite du synode de 1974 sur ce thème de l’évangélisation, Paul VI écrit l’exhortation Evangelii nuntiandi (1975), où la compréhension de l’é­van­­gé­li­sation s’élargit encore pour inclure l’évangé­li­sa­tion de la culture et des cultures. Plus encore, non seulement l’Église est-elle appelée à évangéliser, selon son identité la plus profonde,  mais elle aussi «a toujours besoin d’être évangélisée, si elle veut garder fraîcheur, élan et force pour annoncer l’Évangile» (Paul VI, Evangelii nuntiandi, 15). C’est dans le dialo­gue avec les pauvres, les cultures et les religions que se constitue une véritable Église locale, en bonne forme missionnaire. L’inculturation, un nouveau mot qui apparaît durant ces années-là, désigne cette ecclésiogénèse, cet engendrement ecclésial. Non pas une adaptation superficielle ou encore un clonage mission­naire, mais la réponse nouvelle, inédite, que donne un peuple à l’annonce de l’Évangile.       <br />
              <br />
       	La journée de jeûne et de prière pour la paix tenue à Assise en octobre 1986, il y a 25 ans, fut un évé­ne­ment hautement symbolique du nouvel horizon ouvert par la pratique de la mission en dialogue. Cette rencontre recueillait les fruits des initiati­ves de dialogue œcuménique et interreligieux qui se sont multi­pliées, avec des hauts et des bas, à la suite du concile. Jean-Paul II résumait ainsi le sens de cette rencontre : «Voyons en ceci une anticipation de ce que Dieu voudrait se voir réaliser dans l’histoire de l’humanité: un cheminement fraternel dans lequel nous nous accompagnons mutuellement vers un objectif transcendant qu’il prépare pour nous» (Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux &amp; Congrégation pour l’évangélisation des peuples, Dialogue et annonce, 1991, no 79).       <br />
              <br />
       	Cette mission en dialogue prophétique est une réalité complexe, aussi diversifiée que les situations où l’Église est appelée à servir l’Évangile. Les nouveaux horizons de la mission qui s’ouvrent ainsi dépassent largement l’image géographique des missions lointaines. Il peut s’agir de la mission ad gentes, là où l’Évangile n’est pas connu ou mal connu, souvent dans des milieux marqués par d’autres traditions religieuses ou idéologiques. Dans les milieux déchristianisés, où l’Évangile est méconnu ou archivé sur la tablette du patrimoine, on parlera de nouvelle évangé­lisa­tion. Et cette mission en dialogue se poursuit aussi à l’intérieur même de l’Église. Celle-ci a constamment besoin de se convertir à l’Évangile, qu’il s’agisse du mouvement œcuménique, des rapports entre divers réseaux d’Église portant des projets contrastés, ou encore de l’activité pastorale avec toutes ces tentations de rivalités, de cléricalisme et d’esprit de parti.         <br />
              <br />
       	Dans la diversité de ces situations, cette mission évangélisatrice est plus que l’enseignement d’une doctrine, la promotion d’une morale, l’apprentissage d’un rituel religieux et ses règles, comme ce fut souvent le cas en terres de mission. Pour reprendre l’expression très simple d’un confrère, missionnaire au Japon pendant des décennies : la mission, me disait-il, c’est d’abord et avant tout  une « affaire de relations ».  Simple, mais très exigeant.       <br />
              <br />
       	Dans les sessions de formation missionnaire, j’insiste toujours sur le fait qu’il n’y a pas de missionnaire tout seul. Si la relation de l’envoyé avec celui qui l’envoie est fondamentale, c’est dans la relation avec les destinataires que se vérifient l’authenticité et la crédibilité du missionnaire. La qualité de cette relation est le lieu vital où agit la puissance de l’Esprit du Christ, où l’expérience de la foi prend forme, où la vérité de l’Évangile est annoncée, où l’Église est convoquée. Dans le vif de la rencontre interculturelle et interreligieuse, la qualité de cette relation est mise à l’épreuve dans la mission en dialogue. 	Jusqu’où cette relation de la mission favorise-t-elle la gratuité, le partage des dons ? Jusqu’où est-elle hospita­lière, inclusive, ouverte aux pauvres, sans frontière? En somme, jusqu’où cette relation de la mission est-elle le signe du mouvement de l’amour trinitaire qui précède et dépasse le missionnaire ? C’est l’horizon nouveau qu’ouvre la pratique de la mission en dialogue.       <br />
              <br />
       	Du point de vue de la pratique de la mission en dialogue, nous identifions un autre point de repère pour situer le « ministère aux horizons nouveaux » des prêtres. La vérité de l’Évangile est annoncée et attestée d’abord et avant tout par la qualité des relations de communion et de service que l’Église suscite à l’intérieur et à l’extérieur d’elle-même. La vérité de l’Évangile, c’est-à-dire l’amour personnel et universel de Dieu manifesté en Jésus Christ et à l’oeuvre dans le monde par son Esprit, est un don reçu gratuitement et il est partagé dans une communion de vie fraternelle et de dévouement désintéressé ouverte à tous. C’est la forme de la mission en dialogue.        <br />
              <br />
       	Dans l’Église missionnaire, le ministère des prêtres comme collaboration au ministère apostolique des évêques concerne précisément la qualité de ces relations de communion et de service qui témoignent de la vérité de l’Évangile. Le sacerdoce ministériel est le signe personnel de la gratuité du don de Dieu dans le Christ et de son ouverture universelle. Sans ce ministère de la gratuité du don de Dieu et de son universalité, la communion ecclésiale risque de se replier sur elle-même, de se justifier à la mesure du milieu ambiant ou de s’effriter. Sans ce ministère, le service missionnaire de toute l’Église dans le monde peut s’essouffler, se mesurer uniquement au succès ou à la bonne réputation.       <br />
              <br />
       	Dans son ministère sacramentel, que ce soit dans l’Église ou sur le perron de l’Église, le prêtre est appelé à jouer l’Évangile in persona Christi non pas sept fois, mais soixante-dix fois sept fois. Les Évangiles sont remplis de nouveaux sacrements à découvrir en mission. Il y a beaucoup de petites eucharisties à célébrer pour conduire à la grande Eucharistie       <br />
              <br />
       	Tous les disciples du Christ sont sans doute appelés à jouer les Évangiles. La tradition apostolique nous a légués les Évangiles comme autant de partitions qui ont besoin d’être interprétées par des personnes vivantes pour exprimer toute leur beauté pour la vie du monde. L’exercice de la charité pastorale des prêtres ne consiste pas à jouer toutes les partitions, ni même à faire le chef d’orchestre. Son ministère spécifique est plus de l’ordre du diapason, du signe personnel ordonné à bien manifester que tout vient du Christ, gratuitement et pour tous.        <br />
              <br />
       	 « La charité du Christ nous presse » (2 Cor 5, 14). Devons-nous être « de moins en moins prêtres et de plus en plus évêques »? Dans une perspective missionnaire, notre service est amené à prendre autant de formes que les situations où la communauté ecclésiale est conduite dans son pèlerinage, y compris les réaménagements pastoraux que réclame la réalité du milieu. En ce sens, dans le contexte d’une nouvelle évangélisa­tion, dans ce pays où nous sommes les héritiers d’une histoire locale de l’Église avec ses grandeurs et ses lourdeurs, peut-être le temps est-il venu non pas de la démission face à des tâches qui nous dépassent mais plutôt de la « permission » dans le sens de permettre, d’encourager, d’autoriser la liberté et la créativité face à des façons de faire reçues de nos prédécesseurs et peut-être sacralisées à outrance.       <br />
              <br />
       	Oui, « pour être un héritier spirituel, il faut être un pionnier » comme dirait le rabbin Heschel. L’essentiel est de veiller à la qualité des relations de communion et de service qui attestent de la vérité de l’Évangile aujourd’hui. Dans cette perspective, le sacerdoce ministériel comme signe personnel du Christ vivant est essentiel pour aider les communautés à rester au diapason du don reçu gratuitement en vue d’être partagé avec tous.        <br />
              <br />
       	L’expérience nous apprend que des changements importants, s’ils peuvent surprendre ou bouleverser des habitudes, sont souvent le fruit d’une longue germination invisible et ils peuvent conduire à leur tour vers d’autres changements imprévisibles mais dépassant toutes nos espérances. Les conversions structurelles en cours ici et ailleurs, comme ce fut le cas dans le passé et comme cela se répétera dans l’avenir, sont le lieu où nous sommes appelés à jouer la nouveauté de l’Évangile, à être les pionniers d’une nouvelle façon d’être Église en interprétant à nouveau l’Évangile de l’accueil, du partage, du pardon, de la guérison, de la fête, de la vie. Oui, « pour être digne d’être un pionnier, il faut être un héritier spirituel. »       <br />
              <br />
       L’espérance d’une vocation : « Non plus serviteurs mais amis » (Jn 15, 15)        <br />
              <br />
       	Qu’en est-il de la dimension existentielle de l’exercice du sacerdoce ministériel dans une perspective missionnaire. Mon propos s’inspire ici d’une autre préoccupation du Conseil presbytéral de septembre dernier en relation avec l’être prêtre aujourd’hui. « Comment être des acteurs positifs au cœur des réaménagements proposés par le cadre de référence? Comment garder un équilibre dans l’exercice du ministère pour le vivre dans la durée? Quand on regarde la liste des confrères, on voit une liste de charges qui réclament d’eux qu’ils soient des supermans de la pastorale. Il faut se pencher sur ceux qui sont là et avoir de la compassion pour ceux à qui ont va donner des charges terribles. » Je m’inspire de cette préoccupation pour situer la dimension existentielle de l’exercice du sacerdoce ministériel dans une perspective missionnaire : « La charité du Christ nous presse » (2 Cor 5, 14) ou la passion des « supermans de la pastorale »       <br />
              <br />
       	La charité du Christ qui nous presse fait-elle de nous des personnes tellement pressées que nous risquons d’être écrasés? Dans sa correspondance avec l’Église de Corinthe, Paul ne se gêne pas pour évoquer toutes les tribulations qu’il a affrontées au service de l’Évangile. Il en met beaucoup au point d’écrire : « Si nous avons été hors de sens, c’était pour Dieu : si nous sommes sensés, c’est pour vous » (2 Cor 5, 13). Et c’est par la suite qu’il écrit : « L’amour du Christ nous étreint, à cette pensée qu’un seul est mort pour tous et donc que tous sont morts » (2 Cor 5, 14 - TOB).        <br />
              <br />
       	Si Paul consacre toute sa vie au Christ et affronte toutes les tribulations que nous connaissons, c’est sous la motion de la charité – celle du Christ pour lui provoquant la sienne pour le Christ. Or cet amour est actif, généreux et repose sur une conviction : Jésus a donné sa vie par amour. C’est le jugement que Paul pose sur la vie et le ministère de Jésus qui lui permet de trouver le sens des tribulations qu’il affronte lui-même. « Il est mort pour tous afin que les vivants ne vivent plus pour eux-mêmes, mais pour celui qui est mort et ressuscité pour eux » (2 Cor 5, 15). S’il y a des « supermans de la pastorale », il y a aussi des « supermans de la mission », et c’est le même problème. Un coup d’œil à l’expérience missionnaire de la Société des Missions-Étrangères que je connais un peu mieux peut être révélateur à cet égard.        <br />
              <br />
       	Une approche pour connaître l’expérience missionnaire de la Société des Missions-Étrangères pourrait être le récit de ses tribulations, individuelles ou collectives. Ces  tribulations, ce sont les conversions et les résistances de ses missionnaires, les beaux plans qui ne se sont pas réalisés, les conflits imprévus, les maladies et les accidents, les difficultés pour parler une autre langue, les malentendus et les frustrations dans le creuset de la rencontre interculturelle. Ces tribulations, ce sont aussi des événements qui bouleversent tout : guerres civiles, révo­lu­tions popu­laires, dictatu­res militai­res, séche­res­ses ou inonda­tions.       <br />
              <br />
       	Non seulement les missionnaires se sont-ils retrouvés à la merci des cir­cons­tances de temps et de lieu, mais ils ont souvent fait exprès pour se rendre vulnéra­bles en prenant l'ini­tiative de franchir des frontiè­res géographiques, mais aussi culturelles, sociales, économiques. Et que dire de l’apprentissage de la patience pour appren­dre une nou­velle langue, pour s'ini­tier à la culture d'un peu­ple, pour trouver sa place et se bâtir un réseau de rela­tions person­nelles. Le chemin parcouru fut souvent une route de tribulations, de participation au mystère pascal du Christ.       <br />
              <br />
       	Sur cette route souvent cahoteuse, le missionnaire expérimente l'action libératrice de l'Esprit du Christ.  Dans le creuset de la rencontre intercul­turelle et interreligieuse, quand apparaît la vulnérabi­li­té de ses convic­tions, de sa liberté, de son amour, il entend le Seigneur lui dire:­ « Ma grâce te suffit » (2 Cor 12, 9).­ Aller à la frontière et transgres­ser les limites ne va pas sans risque. Dans les échecs où l'orgueil est blessé, cette épreuve est féconde pour la mission si elle est le lieu d'une rencontre réconci­liatrice avec le Christ ressusci­té. Cette expérience de la joie pascale fonde le témoignage,­ inspire le courage missionnaire.         <br />
              <br />
       	Dans cette expérience de tribulations, nous avons appris la valeur de la rencontre de l’autre, si différent soit-il. Non seulement cette différence doit-elle être respectée, mais elle est une richesse offerte dans l’hospitalité. De l’accueil reçu, sans mérite de notre part, nous tenons la conviction que la mission au service de l’Évangile n’est pas d’abord une tâche à accomplir, quel que soit notre activisme. Cette mission est avant tout un don reçu pour être partagé. Un autre nous précède en Galilée et combien de fois il nous a surpris sur la route d’Emmaüs quand la tentation était forte de rentrer dans nos terres.       <br />
              <br />
       	Une leçon que nous apprenons à travers nos bons et nos mauvais coups, c’est que le missionnaire s’inscrit dans un mouvement qui le précède et le dépasse. Ce mouvement de la mission de Dieu, qui prend forme sacramentelle dans l’Église, n’est pas une idéologie, un projet bien programmé, une « success story », mais un problème de foi, la foi risquée dans la rencontre de l’autre, si étranger soit-il, où l’action de l’Esprit nous révèle le visage du Christ. Selon les mots de Jean-Paul II, « la mission est un problème de foi, elle est précisément la mesure de notre foi en Jésus et en son amour pour nous » (Jean-Paul II, Redemptoris missio, 11). Parler de la mission, c’est donc parler de la foi, de sa vitalité et de sa maturité, comme don reçu pour être partagé.       <br />
              <br />
       	Ce troisième point de vue pour évoquer les nouveaux horizons de la mission, après la théologie et la pratique de la mission, est celui de la spiritualité de la mission touchant précisément la dimension existentielle de la foi comme suite du Christ. La tradition des « missions étrangères » a été fortement marquée par une spiritualité de la configuration au Christ dans son incarnation et son sacrifice. Cette spiritualité se manifestait dans l’importance donnée à l’exode en terre étrangère sinon hostile, à l’obéissance, à la communauté de destin dans le don de soi jusqu’à la fin, le martyre étant la consécration sinon souhaitée du moins valorisée de l’identification au Christ.           <br />
              <br />
       	Dans la perspective des horizons nouveaux ouverts par la redécouverte du sens théologique de la mission et de la pratique de la mission en dialogue, la spiritualité de la mission s’est renouvelée dans le sens de l’écoute, de la présence et du dialogue pour découvrir l’action de Celui qui dans le dynamisme de son Esprit nous précède en Galilée.       <br />
              <br />
       	Une attention nouvelle est accordée à la vocation missionnaire comme charisme qui rend apte et disponible à se charger comme d’un office propre de la mission d’évangélisation qui appartient à toute l’Église (cf. Vatican II, Ad Gentes, 23). Cette vocation « est le paradigme de l’engagement missionnaire de l’Église, qui a toujours besoin que certains se donnent radicale­ment et totalement, qui a toujours besoin d’élans nouveaux et audacieux » (Jean-Paul II, Redemptoris missio, 66).        <br />
              <br />
       	Dans l’itinéraire post-conciliaire de la Société des Missions-Étrangères, au fil des transformations de notre pratique missionnaire et aussi de notre vie communau­taire apostolique avec l’association de laïques hommes et femmes ainsi que l’ouver­ture internationale de notre membership, cette vocation missionnaire commune est devenue le point de convergence qui permet de vivre la mission en communion. Et en retour, c’est le ressource­ment à cette vocation qui permet le renouveau de la  pratique missionnaire et de la vie communautaire face aux défis de l’inter-généra­tion­nel, de l’interculturel, de la diversité des ministères. Cette vocation missionnaire est l’énergie de l’Esprit qui permet de vivre la mission en communion. Je ne vous garantis pas que tout baigne toujours dans l’huile, mais la flamme se transmet même si parfois il y a des étincelles.       <br />
              <br />
       	La vocation missionnaire, vocation modelée sur celle des apôtres (cf. Jean-Paul II, Redemptoris missio, 65), est un don de l’Esprit qui rend contem­porain du Christ et permet de voir, juger et agir à sa manière. Elle permet de reconnaître avec gratitude la fidélité de Dieu dans notre histoire personnelle et collective. Elle invite à la vigilance en formant notre regard pour lire les signes des temps et discerner l’action de l’Esprit. Elle nous appelle à accueillir et servir dans l’espérance, dans le courage de l’avenir.       <br />
              <br />
       	Cette vocation missionnaire est à la source du ministère apostolique de Paul, un ministère vécu dans les tribulations selon la Deuxième Épître aux Corinthiens. Par son accent très personnel, cette lettre livre le secret même de la vie apostolique de Paul et constitue un véritable exposé de spiritualité missionnaire. « Ce trésor, nous le portons dans des vases d’argile… Pressés de toute part, nous ne sommes pas écrasés… sans cesse nous portons dans notre corps l’agonie de Jésus afin que la vie de Jésus soit elle aussi manifestée dans notre corps » (2 Cor 4, 7, 8, 10). Par opposition aux chrétiens de Corinthe qui misent sur les dons extérieurs de l’Esprit, Paul ne se lasse pas de répéter que les signes de l’apostolat ne sont autres que des signes de faiblesse et d’impuissance, des signes de conformité avec la passion de Jésus. Il voit ses tribulations en relation avec celles de Jésus. Dans cette faiblesse, il voit le Christ qui s’est fait pauvre jusqu’à la croix et en qui l’amour de Dieu s’est manifesté avec puissance jusqu’à la gloire de la résurrection.       <br />
              <br />
       	Selon ce point de vue de la spiritualité de la mission, à la lumière de la « passion » de Paul, un autre point de repère pour situer la vie et le ministère des prêtres sur l’horizon nouveau de la mission est le renouvellement dans leur ministère par ressourcement à l’espérance d’une vocation. Inspirons-nous ici encore du décret Ad Gentes. Dans la conclusion de l’article consacré à la spiritualité missionnaire où on peut lire : «  Les Ordinaires et les Supérieurs devront, à époques fixes, réunir les mission­naires pour qu’ils soient fortifiés dans l’espérance de leur vocation et renouvelés dans leur ministère apostolique » (Vatican II, Ad Gentes, 24).       <br />
              <br />
       	Quelle est la source de l’espérance de cette vocation? Un confrère qui fut longtemps missionnaire en Asie et qui célèbre cette année son 60e de sacerdoce m’a dit qu’il se reconnaissait totalement dans l’homélie faite un autre prêtre lors de la célébration de son propre 60e d’ordination. Dans cette homélie prononcée le 29 juin dernier à Rome, ce prêtre citait l’Évangile de Jean. « Je ne vous appelle plus serviteurs mais amis ! » (Jn 15, 15) – et il commentait : «  Non plus serviteurs mais amis : dans cette parole est contenu tout le programme d’une vie sacerdotale. » (Benoît XVI, 29 juin 2011). Cette amitié du Christ, dont témoignait Benoît XVI, est la source de l’espérance où se renouvelle l’exercice du ministère des prêtres. Cette amitié est un don gratuit et sans limite, accueilli dans les hauts et les bas de la mission, qui permet d’être à son tour le signe du don gratuit et sans limite du Christ à tous ceux et celles qui le cherchent.         <br />
              <br />
       	Le renouvellement du ministère des prêtres, la possibilité de faire autrement, ne tient pas d’abord à des circonstances extérieures favorables ou non. Dans une perspective missionnaire, ce renouvelle­ment ne se fait pas par adaptation mécani­que de nouvelles façons de faire mais par ressourcement à une vocation spéciale, à cette espérance que donne l’amitié du Christ. Un confrère longtemps missionnaire à Cuba et au Pérou, à qui je demandais des suggestions pour préparer cette intervention, me disait : « Demande-leur s’ils ont encore des illusions? »  En français, le mot « illusions » peut faire penser à des mirages décevants, mais selon le génie de la langue espagnole ce mot évoque plutôt les espérances qui font vivre en ouvrant des horizons nouveaux.       <br />
              <br />
       	L’exercice de la charité pastorale au cœur d’une Église missionnaire et évangélisatrice est une invitation continuelle à aller à la rencontre des surprises de la mission. En nous risquant dans l’inconnu de la rencontre de l’autre, sans craindre les tribulations, nous pouvons expérimenter combien la mission est d’abord un don, une grâce, comme l’hospitalité généreuse reçue en terre étrangère. Encore faut-il sortir et prendre le large dans l’espérance.        <br />
              <br />
                            Comme expression de cette espérance sur une route avançant vers l’inconnu, les mots les plus justes ne sont-ils pas ceux de Paul VI à des repré­sen­tants de diverses traditions religieuses du Japon venus le rencontrer à la fin de juillet 1978, quelques semaines avant sa mort? Au moment de quitter ses invités, il improvisait une salutation en leur disant simplement: «Nous prions le Seigneur de pouvoir être toujours digne de vous aimer et de vous servir» (Allocution à des représentants des religions du Japon, 26 juillet 1978, Il dialogo interreli­gioso nel magistero pontificio (Documenti 1963-1993), a cura di Francesco GIOIA, Libreria Editrice Vaticana, 1994, p. 227). Désirer être toujours digne d'aimer et de servir les personnes et les communautés vers lesquelles nous conduit la mission au service de l’Évangile, n’est-ce pas la qualité évangé­li­que du signe ecclésial que les prêtres sont appelés à offrir aujourd’hui et demain?       <br />
              <br />
       Bertrand Roy, p.m.é.       <br />
       SRHP 11406-01/115.11       <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position: relative;">Tiré du site internet de la Société des prêtres du Séminaire de Québec www.seminairedequebec.org</div>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="http://www.seminairedequebec.org/Les-defis-de-la-mission-dans-l-Eglise-de-Quebec-aujourd-hui-et-les-moyens-d-y-repondre-Bertrand-Roy-p-m-e_a441.html" />
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   <title>« Voici que nous montons à Jérusalem » Homélie pour l'anniversaire de la fondation du Séminaire de Québec 23 mars 2011 - Mercredi de la 2e semaine du Carême Année A </title>
   <updated>2011-05-09T19:28:00+02:00</updated>
   <id>http://www.seminairedequebec.org/Voici-que-nous-montons-a-Jerusalem-Homelie-pour-l-anniversaire-de-la-fondation-du-Seminaire-de-Quebec-23-mars-2011_a399.html</id>
   <category term="Allocutions/homélies" />
   <photo:imgsrc>http://www.seminairedequebec.org/photo/art/imagette/2794773-3958986.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2011-03-23T20:45:00+01:00</published>
   <author><name>Hermann Giguère</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Homélie de Mgr Hermann Giguère, supérieur général du Séminaire de Québec lors de l' Anniversaire de la fondation du Séminaire de Québec à la chapelle du Pavillon Jean-Olivier-Briand le 23 mars 2010. Textes de l'Écriture: Jérémie 18, 18-20 et Mathieu, 20, 17-28.     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="http://www.seminairedequebec.org/photo/art/default/2794773-3958986.jpg?v=1300829214" alt="« Voici que nous montons à Jérusalem » Homélie pour l'anniversaire de la fondation du Séminaire de Québec 23 mars 2011 - Mercredi de la 2e semaine du Carême Année A " title="« Voici que nous montons à Jérusalem » Homélie pour l'anniversaire de la fondation du Séminaire de Québec 23 mars 2011 - Mercredi de la 2e semaine du Carême Année A " />
     </div>
     <div>
      Les premières lignes du récit évangélique qui vient d’être lu présente une réunion au sommet, pourrait-on dire, de Jésus avec ses proches, les Douze, qu’il prend à part avant de monter à Jérusalem. « Voici que nous montons à Jérusalem » leur dit-il. Et de leur expliquer, d’un part, le sens de sa mission et, d’autre part, l’environnement dans lequel il souhaite que se transmette son héritage.       <br />
              <br />
       Arrêtons-nous un instant sur ces deux points pour en dégager des applications pour notre communauté invitée, elle aussi, à « monter à Jérusalem » dans les années à venir.       <br />
               <br />
       I – <span style="font-style:italic">Une mission qui  sort de l’ordinaire et qui dérange</span>       <br />
              <br />
       Le mouvement de la mission du Fils de l’Homme passe par un chemin inattendu pour ses proches et pour ses disciples. Jésus ne leur cache pas le sens du parcours qui sera le sien. Descendu parmi les siens, le Verbe de Dieu s’anéantit lui-même en prenant la nature humaine, il s’offre totalement à l’amour miséricordieux du Père qui le relève et le ressuscite le troisième jour (cf. saint Paul Philippiens 2, 6-11). « Voici que nous montons à Jérusalem. Le Fils de l'homme sera livré aux chefs des prêtres et aux scribes, ils le condamneront à mort et le livreront aux païens pour qu'ils se moquent de lui, le flagellent et le crucifient, et, le troisième jour, il ressuscitera.» (Mathieu, 20, 18)        <br />
              <br />
       Voilà le cœur de la mission de Jésus : s’offrir totalement à la volonté du Père pour le salut du plus grand nombre, « donner sa vie en rançon pour la multitude » comme le dit la dernière phrase de l'évangile qui vient d'être lu.(Mathieu 20, 28)       <br />
              <br />
       Frères et sœurs, consacrés par le Baptême les disciples de Jésus ne suivront pas un chemin différent. Les années qui viennent au Québec peuvent faire peur et inquiéter à certains moments. Nous montons, nous aussi, à Jérusalem. Point n’est besoin de se surprendre des difficultés du chemin. Sur les pas de Jésus, nous rencontrons la même humanité avec ses peurs, ses défis, ses attentes. Nos frères et sœurs humains ne sont pas à côté du chemin vers Jérusalem, ils sont avec nous en marche à leur façon, mystérieuse parfois, mais bien réelle.       <br />
              <br />
       Comment les accompagner? Comment vivre entre nous le chemin de Jérusalem aujourd’hui?       <br />
              <br />
       II – <span style="font-style:italic">L’environnement du chemin et des marcheurs</span>       <br />
              <br />
       La clé nous est donnée par Jésus dans sa réponse à la mère de Jacques et Jean. Sa demande reflète bien une dynamique toujours présente même après 2000 ans. Les rapports entre humains suscitent volontiers une mauvaise compétition, des abus de pouvoirs, une domination écrasante. Jésus renverse la situation et propose un environnement renouvelé où la liberté et l’entraide seront désormais le soutien des marcheurs. Pour y arriver, il faut, explique-t-il, que le marcheur se tourne vers l’autre et cesse de se recroqueviller sur lui-même dans un enfermement néfaste. Comment? En se situant dans un environnement de service à 100 pour 100.         <br />
              <br />
       Écoutez cette consigne : « Vous le savez : les chefs des nations païennes commandent en maîtres, et les grands font sentir leur pouvoir. Parmi vous, il ne doit pas en être ainsi : celui qui veut devenir grand sera votre serviteur; et celui qui veut être le premier sera votre esclave ».       <br />
              <br />
       Sur la route de Jérusalem, en ce temps de Carême, en cette relance de la vie de notre Église par l’arrivée d’un nouveau pasteur, nous avons de belles occasions de laisser naître en nous et dans l’Église des gestes concrets et porteurs de renouveau. À chacun et à chacune de les identifier et de se mettre en route.       <br />
              <br />
       III -  <span style="font-style:italic">Un fondateur toujours en marche</span>       <br />
              <br />
       Le fondateur du Séminaire, le bienheureux François de Laval, peut nous servir d’exemple et de modèle. Il fut en marche durant toute sa vie donnée pour son « Église naissante » comme il aimait à qualifier l’Église de Nouvelle-France.       <br />
              <br />
       Il fut un marcheur infatigable dans tous les sens du mot. On le voyait racontent les <span style="font-style:italic">Relations de Jésuites</span> en raquette sur la neige en hiver ou en canot faisant le tour de son immense diocèse. À son arrivée à Québec, le 16 juin 1659, il n’eut rien de plus pressé que de visiter toutes les maisons du petit village de 300 personnes qu’était Québec à l’époque ainsi que les cabanes des Amérindiens précise les <span style="font-style:italic">Relations</span>. Et cet élan ne se démentît jamais jusqu’à la fin de sa vie.       <br />
              <br />
       Pour les prêtres du Séminaire il voulait qu’ils soient disposés à être envoyés « à toutes rencontres, et au besoin dans les paroisses, et tous autres lieux du dit Pays, » où les pousseraient les besoins d’évangélisation et le souci pastoral des populations. En 1698, il envoya même un groupe de prêtres du Séminaire sur les bords du Mississipi comme missionnaires.        <br />
              <br />
       Il voulait que les séminaristes soient solidement formés pour maintenir l’élan missionnaire qu’il avait su infuser dans son Église.  Ainsi écrit-il le 26 mars 1659 dans l’<span style="font-style:italic">Acte de fondation du Séminaire</span> qui en même temps met sur pied le Grand Séminaire : « Considérant qu'il a plu à la Divine Providence nous charger de l'Église naissante du Canada dit la Nouvelle-France; et qu'il est d'une extrême importance dans ses commencements de donner au Clergé la meilleure forme qui se pourra pour perfectionner des ouvriers, et les rendre capables de cultiver cette nouvelle vigne du Seigneur, en vertu de l'autorité qui nous a été commise, nous avons érigé et érigeons dès à présent, et à perpétuité, un Séminaire pour servir de Clergé à cette nouvelle Église…dans lequel on élèvera et formera les jeunes Clercs qui paraîtront propres au service de Dieu, et auxquels, à cette fin, on enseignera la manière de bien administrer les sacrements, la méthode de catéchiser et prêcher apostoliquement, la Théologie morale, les cérémonies, le plain-chant grégorien, et autres choses appartenant au devoir d'un bon Ecclésiastique ».       <br />
              <br />
       Ces rappels de circonstance sont pour nous aujourd’hui un stimulant à prendre nous aussi la « route de Jérusalem » où remplis de confiance et d’élan, appuyés sur ces devanciers qui n’ont eu peur d’aucuns défis nous répondrons aux appels du Seigneur pour une « nouvelle évangélisation », « nouvelle »  dans ses moyens et dans son ardeur.        <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Conclusion</span>       <br />
              <br />
       Ce défi est le nôtre aujourd’hui. Nous pouvons compter que l’Esprit de Dieu souffle toujours et qu’il guidera nos pas sur cette route. Pour nous accompagner nous avons une nourriture à nulle autre pareille. Assidus à la Parole et à la fraction du pain comme les premiers chrétiens (cf. Actes 2, 42), nous pourrons rendre dans notre société le témoignage que Jésus est toujours vivant et qu’il est venu pour servir et donner sa vie pour la multitude.       <br />
              <br />
       C’est donc dans une attente vigoureuse et une espérance ferme que nous refaisons les gestes de l’Eucharistie en ce jour d’anniversaire et que nous demandons au Seigneur de devenir de plus en plus serviteurs de nos frères et sœurs. C’est la grâce que je nous souhaite à tous et à toutes.       <br />
              <br />
       Amen!       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Mgr Hermann Giguère, P.H.       <br />
              <br />
       Le 24 mars 2010</span>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
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      <Script type="text/javascript" src=https://www.carrefourkairos.net/sme/sme_homelies_classement.js></SCRIPT> 
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     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position: relative;">Tiré du site internet de la Société des prêtres du Séminaire de Québec www.seminairedequebec.org</div>
    ]]>
   </content>
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  <entry>
   <title>«  Le bon pasteur donne sa vie pour ses brebis » Homélie aux funérailles de monsieur l’abbé Georges Marceau (23 décembre 2009)</title>
   <updated>2013-03-05T04:03:00+01:00</updated>
   <id>http://www.seminairedequebec.org/Le-bon-pasteur-donne-sa-vie-pour-ses-brebis-Homelie-aux-funerailles-de-monsieur-l-abbe-Georges-Marceau-23-decembre-2009_a318.html</id>
   <category term="Allocutions/homélies" />
   <photo:imgsrc>http://www.seminairedequebec.org/photo/art/imagette/1779686-2419257.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2009-12-23T23:01:00+01:00</published>
   <author><name>Hermann Giguère</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Homélie aux funérailles de l'abbé Georges Marceau, prêtre agrégé de la Société des prêtres du Séminaire de Québec depuis 1974, à la Basilique-cathédrale Nortre-Dame de Québec, le 23 décembre 2009 par le Supérieur général, Mgr Hermann Giguère P.H.. Textes de l'Écriture: Ph 1, 8-11.19-21; Le bon pasteur Jn 10, 14-16.     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="http://www.seminairedequebec.org/photo/art/default/1779686-2419257.jpg?v=1289459876" alt="«  Le bon pasteur donne sa vie pour ses brebis » Homélie aux funérailles de monsieur l’abbé Georges Marceau (23 décembre 2009)" title="«  Le bon pasteur donne sa vie pour ses brebis » Homélie aux funérailles de monsieur l’abbé Georges Marceau (23 décembre 2009)" />
     </div>
     <div>
      Au mois de janvier dernier, lorsque l’abbé Marceau m’a annoncé qu’il était atteint de cancer et que ses jours étaient comptés, il m’a dit : « Je veux continuer mon ministère de prêtre le plus longtemps possible. C’est ce qui me fait vivre. »  Sa réflexion a suscité mon admiration. Ce qui fut dit fut fait. Lorsque les souffrances et les douleurs ont commencées au cours de l’été, Georges a continué courageusement jusqu'à quelques semaines de la fin.       <br />
              <br />
       C’est pourquoi, nous avons choisi comme texte de l’évangile, l’épisode du Bon Pasteur, ce que fut Georges admirablement.       <br />
              <br />
       En effet, l’homme solitaire qu’il était, était loin d’être refermé sur lui-même, Il était sans cesse à l’écoute de ses ouailles et se dévouait à leur service avec une assiduité et une générosité sans égale.       <br />
              <br />
       I- <span style="font-style:italic">Le berger demeure avec ses brebis</span>       <br />
              <br />
       Lorsqu’on évoque l’image du pasteur, du berger pour reprendre les termes de l’Évangile, on s’attache souvent à cette phrase : « Le berger connaît ses brebis ». Ce qui est tout à fait juste, Cependant, l’occupation du berger ne se résume pas à cet aspect de sa vie.        <br />
              <br />
       Les témoignages de ceux qui,  encore aujourd’hui en Europe et en Orient, exercent ce vieux métier, nous soulignent tous que le berger est celui qui vit un enracinement continu dans sa tâche. Il fréquente les mêmes pâturages, il refait les mêmes gestes auprès des brebis malades, il ne peut être là en passant, il est là en permanence. C’est à longueur de temps qu’il crée les liens et qu’il persévère dans ce soin de tous les instants.       <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      C’est cet aspect de l’enracinement et de la fidélité que j’ai remarqué chez notre confrère Georges depuis toujours. Georges en homme discipliné était quelqu’un sur qui on pouvait compter en tout temps. Il a accompli ses divers ministères au Petit Séminaire et dans la pastorale paroissiale avec une application et un soin qui ne sont jamais démentis. Pour lui, il s’agissait non seulement de durer, mais d’être au service. Il était très fier des ses 31 ans passé au service de la Desserte de Shannon qu’il a voulu desservir jusqu’à la fin.Voilà un bon berger qui demeure avec ses brebis quoiqu’il arrive.        <br />
              <br />
       Comme enracinement, on peut noter encore son attachement à l’Académie de Québec où il avait étudié et à la communauté des prêtres du Séminaire qui s’exprimait dans les conversations, mais aussi dans des réalisations dont nous lui sommes redevables : comme celles concernant les horloges de parquet du Séminaire, l’histoire du Séminaire en photos, les parcours de visite, les édifices du Séminaire, le Grand Escalier et concernant combien de sujets qui lui ont fait parcourir assidument le Journal et les Archives du Séminaire. Cet enracinement et cet attachement lui inspiraient une grande dévotion à notre fondateur, le bienheureux François de Laval dont il a traduit en anglais le site internet qui lui est consacré.       <br />
              <br />
       Voilà un bon pasteur, un bon berger, qui ne se lasse pas de penser aux autres, d’utiliser ses ressources et ses talents pour servir à la manière de Jésus qui n’eut d’autre volonté que d’être Serviteur et qui est allé jusqu’à donner sa vie pour ses amis.       <br />
              <br />
       On peut dire, sans exagération, que l’abbé Marceau a réellement donné sa vie au service de l’Évangile et au service des autres avec une générosité et une constance qui lui font honneur.       <br />
              <br />
       II- <span style="font-style:italic">Ma vie, c'est le Christ</span>       <br />
              <br />
       Mais où puisait-il cet élan et cette constance, me direz-vous? La question n’est pas saugrenue.        <br />
              <br />
       La première lecture nous donne une piste de réponse. Pour ceux qui ont bien connu Georges, la foi en Jésus-Christ faisait partie de lui comme une seconde nature: « Oui, ma vie c’est le Christ » aurait-il peut dire comme saint Paul à fin de ce beau texte de la lettre aux Philippiens qui a été lu comme première lecture.       <br />
              <br />
       Cette foi a été soumise au crible d’un esprit scientifique et rationnel qui n’avait pas peur des questions. Son intérêt pour les recherches sur le Saint Suaire de Turin en est la preuve. Être croyant, pour lui, ne voulait pas dire être ignorant, ni mettre de côté la science d’aujourd’hui. Comment a-t-il su réconcilier foi et raison? C’est le mystère de son âme. Mais en bon disciple de Thomas d’Aquin, il a toujours su unir les deux sans sacrifier ni l’une ni l’autre, car comme le dit l’adage célèbre de saint Anselme que commente saint Thomas « la foi cherche à comprendre » (« Fides quaerens intellectum ») et elle ne laisse pas les questionnements de côté (« Cum assensione cogitare»).       <br />
              <br />
       La vie de Georges reflétait bien dans son dépouillement son total attachement au Christ. Je me plaisais, chaque fois que j’entrais dans ses appartements, à lui dire que je me sentais comme chez le Curé d’Ars. Un dépouillement et une sobriété se dégageaient de ces lieux, sans pour autant mettre de côté ses goûts pour les horloges, pour la musique et pour l’informatique.       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Conclusion</span>       <br />
              <br />
       Ému d’avoir à accompagner avec vous ce confrère qui fut un grand ami au Grand Séminaire, je prie le Seigneur que notre célébration de l’Eucharistie, nous rapproche les uns des autres comme le font les brebis autour de leur Berger suprême : le Christ Jésus et que les gestes que nous posons en présentant le pain et le vin dans la foi soient pour nous un gage de vie éternelle… ce que je souhaite à toutes et à tous.       <br />
              <br />
       Amen!       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Mgr Hermann Giguère, P.H.       <br />
       Supérieur général du Séminaire de Québec       <br />
       23 décembre 2009</span>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      <Script type="text/javascript" src=https://www.carrefourkairos.net/sme/sme_homelies_classement.js></SCRIPT> 
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position: relative;">Tiré du site internet de la Société des prêtres du Séminaire de Québec www.seminairedequebec.org</div>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="http://www.seminairedequebec.org/Le-bon-pasteur-donne-sa-vie-pour-ses-brebis-Homelie-aux-funerailles-de-monsieur-l-abbe-Georges-Marceau-23-decembre-2009_a318.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>« Celui qui veut devenir grand sera votre serviteur » - Homélie pour la fête de l’apôtre saint Jacques le Majeur</title>
   <updated>2010-04-07T02:40:00+02:00</updated>
   <id>http://www.seminairedequebec.org/Celui-qui-veut-devenir-grand-sera-votre-serviteur-Homelie-pour-la-fete-de-l-apotre-saint-Jacques-le-Majeur_a291.html</id>
   <category term="Allocutions/homélies" />
   <photo:imgsrc>http://www.seminairedequebec.org/photo/art/imagette/1504299-2003893.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2009-07-25T22:30:00+02:00</published>
   <author><name>Hermann Giguère</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Homélie donnée en la fête de saint Jacques le Majeur, apôtre, à la Chapelle Notre-Dame du Lac Poulin dans le diocèse de Québec, le samedi 25 juillet 2009 par Mgr Hermann Giguère, prêtre desservant, dans le cadre des festivités du 50e anniversaire de la constitution de la Municipalité de Lac-Poulin . Textes de l'Écriture: 2 Co 4,7-15 et Mt 20, 20-28.     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="http://www.seminairedequebec.org/photo/art/default/1504299-2003893.jpg?v=1289459864" alt="« Celui qui veut devenir grand sera votre serviteur » - Homélie pour la fête de l’apôtre saint Jacques le Majeur" title="« Celui qui veut devenir grand sera votre serviteur » - Homélie pour la fête de l’apôtre saint Jacques le Majeur" />
     </div>
     <div>
      En juin 1961, nous disent les <a class="link" href="http://pages.infinit.net/rcc/lacpoulin_historique.htm">archives</a> de la Desserte de Notre-Dame du Lac Poulin, la première messe célébrée par l’abbé Jean Poulin l’est dans la salle qui a été construite durant l'hiver, par la municipalité de Lac-Poulin dans le cadre du programme des travaux d'hiver et qui sera vendue par la suite (le 11 avril 1962) à l'Archevêque catholique romain de Québec, au prix de $6265.14 pour qu'elle serve de lieu de culte autour du Lac Poulin et des autres lacs.       <br />
              <br />
       La <a class="link" href="http://pages.infinit.net/rcc/lacpoulin_municipalite.htm#notes">municipalité de Lac-Poulin </a> avait été  constituée en 1959 (le 5 mars 1959) par détachement de celle de Saint-Benoît-Labre. C’est l’anniversaire que nous fêtons aujourd’hui. L’abbé Bolduc et moi sommes des plus heureux de nous associer à ces fêtes. Je l’ai suivi de peu pour aider l’abbé Poulin. Lui a commencé en 1964 et moi en 1969.       <br />
              <br />
       I- <span style="font-style:italic">Les rassemblements</span>       <br />
              <br />
       Se réunir à l’église pour commencer ces fêtes est une occasion non seulement de rendre grâces, de dire merci au Seigneur, mais c’est aussi une occasion de faire communauté, de vivre des relations vivantes avec ceux et celles qui partagent le même idéal, la même foi.       <br />
              <br />
       Bien sûr que le nombre est moins grand qu’autrefois, mais le cœur est tout aussi brûlant et ouvert. Les deux textes qui viennent d’être lus nous renseignent sur la façon dont nous pouvons non seulement nous retrouver mais aussi faire communauté, nous retrouver comme de véritables disciples de Jésus, comme une famille d’esprit et de cœur.       <br />
              <br />
       II- <span style="font-style:italic">Devenir des disciples : un idéal accessible </span>       <br />
              <br />
       Cet idéal de devenir des disciples de Jésus demande de se mettre à son écoute, d’entendre son message et de le mettre en pratique le mieux possible dans notre situation de vie. C’est toute une tâche dans nos vies bousculées de diverses façons, alimentées de sollicitations nombreuses à tous les plans : affectif, social, politique, économique. Cette tâche n’écrase pas celui ou celle qui s’y laisse entraîner, au contraire. Devenir disciple  est un idéal accessible malgré notre faiblesse, notre petitesse dira saint Thérèse de l'Enfant-Jésus. Même plus, cet idéal se réalise à travers et dans notre faiblesse.       <br />
              <br />
       Écoutons saint Paul lorsqu’il présente les Apôtres dans la première lecture. Comme saint Jacques que nous fêtons aujourd'hui, ils étaient des gens simples. Saint Jacques et son frère Jean étaient pêcheurs. Saint Pierre et son frère André aussi. C'est ce qui fait dire à saint Paul qu'ils étaient des gens qui étaient conscients de porter des trésors dans des vases fragiles, « des poteries sans valeur », mais, ajoute saint Paul, loin de se décourager, ils reconnaissaient qu’une force et une liberté extraordinaires leur venaient de Dieu lui-même dans leur faiblesse.        <br />
              <br />
       Comme les Apôtres, les disciples de Jésus que nous désirons être expérimentent leur faiblesse, mais ils peuvent s’appuyer sur une force qui ne vient pas d’eux seulement. Ils subissent des épreuves, mais ils ne sont pas écrasés, ils sont désorientés parfois, mais non pas désemparés, ils se sentent combattus, mais pas abandonnés, ils sont même terrassés, mais jamais anéantis.        <br />
              <br />
       Quel soulagement et quelle consolation que d’entendre ces paroles qui s’appliquent à nous de façon particulière dans les années que nous vivons. Oui c’est dans la faiblesse que se manifeste la puissance de Dieu. Nous avons besoin d’y revenir pour ne pas céder au découragement et tourner la page sur Dieu comme bien de nos contemporains l’ont fait.        <br />
              <br />
       III- <span style="font-style:italic">Devenir disciple, c’est servir</span>       <br />
              <br />
       Le texte du passage de l’évangile de saint Mathieu qui rappelle une discussion de la mère de l’apôtre Jacques que nous fêtons aujourd’hui nous permet de saisir que devenir disciples de Jésus ne se fait pas comme se font les promotions et l’avancement dans la société. La mère de Jacques et de Jean qui fut lui aussi un apôtre est une bonne mère. Elle veut le succès de ses fils et les voyant accrochés à ce Jésus qui lui semble destiné à une belle carrière, elle lui demande de ne pas oublier ses fils.        <br />
              <br />
       Jésus engage la conversation avec elle et il lui répond de façon mystérieuse en lui disant qu’ils auront place auprès de lui s’ils le suivent jusqu’au bout : « Ma coupe vous y boirez. ». La mère de Jacques et Jean se réjouit de cette réponse dont elle ne comprend pas sur le coup toutes les implications. Les autres apôtres eux sont offusqués. Et leur mauvaise humeur permet à Jésus de préciser sa réponse en nous donnant la clé nécessaire pour devenir disciples. Devenir disciple de Jésus, c’est se faire serviteur : « Parmi vous…celui qui veut devenir grand sera votre serviteur…le Fils de l’homme n’est pas venu pour être servi, mais pour servir et donner sa vie en rançon pour la multitude. »       <br />
              <br />
       Cet idéal du service demeure l’idéal du disciple de Jésus. Il nous revient de chercher à le vivre de diverses façons. Ce peut être en privilégiant le service de sa famille, le service des concitoyens, l’aide à des gens dans le besoin, la participation à des associations impliquées socialement etc. L’important n’est pas ce que nous faisons, mais c’est le cœur que nous y mettons, car devenir disciple de Jésus c’est entrer dans une famille où il y a place pour tout le monde et où il y a de l’amour fraternel qui se sent et se voit.       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Conclusion</span>       <br />
              <br />
       Dans cette messe nous voulons vivre cet amour fraternel en nous réunissant autour de la table où nous partageons la Parole de Dieu et le Corps et le Sang de Jésus. Chaque messe nous permet d’entrer de plus en plus avec nos frères et sœurs dans la famille des disciples de Jésus que les apôtres, comme saint Jacques que nous fêtons aujourd’hui, ont contribué à développer et à soutenir ce que nous sommes appelés à faire nous aussi aujourd’hui, Avec eux nous pouvons reprendre le mot de saint Paul dans la première lecture : « Nous croyons nous aussi, et, c’est pourquoi nous parlons. »       <br />
              <br />
       Amen.       <br />
              <br />
       Mgr Hermann Giguère P.H.       <br />
       le 25 juillet 2009       <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="http://www.seminairedequebec.org/photo/art/default/1504299-2003896.jpg?v=1289459864" alt="« Celui qui veut devenir grand sera votre serviteur » - Homélie pour la fête de l’apôtre saint Jacques le Majeur" title="« Celui qui veut devenir grand sera votre serviteur » - Homélie pour la fête de l’apôtre saint Jacques le Majeur" />
     </div>
     <div>
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     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position: relative;">Tiré du site internet de la Société des prêtres du Séminaire de Québec www.seminairedequebec.org</div>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="http://www.seminairedequebec.org/Celui-qui-veut-devenir-grand-sera-votre-serviteur-Homelie-pour-la-fete-de-l-apotre-saint-Jacques-le-Majeur_a291.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>« Faites cela en mémoire de moi » Homélie pour le Jeudi Saint</title>
   <updated>2011-06-18T03:21:00+02:00</updated>
   <id>http://www.seminairedequebec.org/Faites-cela-en-memoire-de-moi-Homelie-pour-le-Jeudi-Saint_a265.html</id>
   <category term="Allocutions/homélies" />
   <photo:imgsrc>http://www.seminairedequebec.org/photo/art/imagette/1313039-1728064.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2009-04-07T15:50:00+02:00</published>
   <author><name>Hermann Giguère</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Homélie de Mgr Hermann Giguère à la messe en mémoire de la Cène du Seigneur, Jeudi Saint, le 9 avril 2009 au Séminaire de Québec. Textes de l'Écriture: Exode 12, 1-8.11-14; I Cor 11, 23-26; Jn 13, 1-15.     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="http://www.seminairedequebec.org/photo/art/default/1313039-1728064.jpg?v=1289459851" alt="« Faites cela en mémoire de moi » Homélie pour le Jeudi Saint" title="« Faites cela en mémoire de moi » Homélie pour le Jeudi Saint" />
     </div>
     <div>
      I- <span style="font-style:italic">Des gestes enracinés dans une histoire</span>       <br />
              <br />
       « Faites cela en mémoire de moi »,  écrit saint Paul dans le récit qu’il rapporte de la dernière Cène (1 Co 11, 24). « En mémoire de moi » ne peut se séparer de la mémoire d’Israël comme nous invite à le faire le choix de la première lecture tirée du livre de l’Exode où la première Pâque est racontée et présentée comme un mémorial de l’Alliance, une fête de pèlerinage où le Peuple en marche continue d’avancer sous la protection de celui qui le conduit et l’illumine.        <br />
              <br />
       En l’an 28 de notre ère, plus ou moins, Jésus célébrait, le soir de ce qui est devenu pour nous le Jeudi-Saint, la Pâque juive avec ses apôtres l’anticipant de quelques jours.        <br />
              <br />
       On le voit c’est la mémoire de l’Alliance de Dieu avec son Peuple qui le fait passer de l’esclavage à la liberté, de la mort à la vie, qui inspire les gestes de Jésus qui reprend le rituel de la tradition d’Israël. En centrant les gestes des disciples sur ce que Jésus a fait le Jeudi Saint comme l’enseigne saint Paul, on ne peut couper ces gestes de toute l’histoire où ils s’inscrivent.        <br />
              <br />
       La Cène, prend place dans l’histoire du Salut comme un moment d’un ensemble qui l’explique et lui donne sens. Le sacrement de l’Eucharistie est ainsi le sommet d’une histoire où Dieu se donne dans son Fils et ce don se réactualise à chaque fois que nous répétons les gestes et les paroles de Jésus à la dernière Cène.        <br />
              <br />
              <br />
       II – <span style="font-style:italic">Une Alliance Nouvelle</span>       <br />
              <br />
       En effet, le soir de la Cène de Jésus avec ses apôtres, les choses anciennes, les gestes et les rites prennent un tour nouveau dans les paroles de Jésus que Paul rapporte : « Ceci est mon corps » « Cette coupe est la nouvelle Alliance en mon sang. »       <br />
              <br />
       L’Ancienne Alliance se transforme en Alliance nouvelle. L’Agneau immolé n’est plus un animal, mais il est le Fils Bien-aimé. L' Alliance s’étend maintenant non seulement à Israël, à un  peuple élu, mais à toutes les nations, jusqu’aux extrémités de la terre. Le sang répandu de l’Agneau sauve toute l’humanité.        <br />
              <br />
       Quelle nouveauté! Quelle surprise pour les commensaux de la Cène autour de Jésus!        <br />
              <br />
       Et pour bien marquer cette nouveauté, l’évangile selon saint Jean nous raconte qu’au cours de cette Pâque de Jésus, celui-ci ne s’est pas contenté de laisser un signe de cette Alliance nouvelle. Il l’a mise en pratique sur place.        <br />
              <br />
       C’est pourquoi, il s’est ceint les reins d’un linge et a lavé les pieds des apôtres. Le Fils Bien-aimé, le Maître, qui se fait le serviteur obéissant en tout au Père. Le Fils Bien-aimé qui ne sauve pas par la puissance, par la gloire, par les institutions, par la Loi, mais qui sauve par l’amour qui le fait se mettre au service de tous, en se faisant humble et serviteur.  « Ubi caritas et amor, Deus ibi est » chantons-nous en cette soirée bénie : « Là où est la charité et l’amour, Dieu est présent. »       <br />
              <br />
              <br />
       III – <span style="font-style:italic">Une nouveauté toujours actuelle</span>       <br />
              <br />
       La célébration de la messe en mémoire de la Cène du Seigneur nous permet de plonger dans la profondeur de l’Alliance nouvelle en refaisant ce soir et à tous les jours la mémoire de ce que Jésus a fait le soir du Jeudi-Saint.        <br />
              <br />
       En effet, ce soir, nous ne faisons pas que célébrer la mémoire de la Cène du Seigneur, mais nous célébrons le mystère de l’Histoire du salut où Dieu instaure une Alliance nouvelle, un second Testament comme disent les exégètes d’aujourd’hui, un second Testament qui n’enlève rien du premier, mais qui le porte à sa perfection. « Je ne suis pas venu abolir la Loi et les Prophètes, mais les accomplir.»  « Je vous donne une Loi nouvelle, chantons-nous souvent, c’est de vous aimer les uns les autres comme je vous ai aimé ».        <br />
              <br />
       C’est dans cette lumière de l’Alliance Nouvelle que l’Église continue de célébrer les gestes du Seigneur, que nous répondons au « Faites cela en mémoire de moi ». Chaque fois que nous célébrons l’Eucharistie, nous entrons dans la Pâque du Seigneur, nous rappelons sa mort, nous célébrons sa résurrection et nous annonçons sa venue dans la Gloire.       <br />
              <br />
       En ce repas pascal de la Cène du Seigneur, la Pâque d’Israël devient la Pâque personnelle de Jésus qui offre sa vie et scelle la nouvelle Alliance. Dans le sacrement de l’Eucharistie, notre Pâque personnelle se réalise comme pour Jésus. Notre Pâque se concrétise chaque fois que nous refaisons les gestes de Jésus « en mémoire de lui ». Ainsi,  comme Lui nous passons de ce monde au Père. Comme Lui nous offrons notre vie en offrande agréable à Dieu. Comme Lui nous annonçons le monde qui vient.       <br />
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       <span style="font-style:italic">Conclusion</span>       <br />
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       Que notre célébration de ce soir nous rende un peu plus semblables à celui qui s’est fait le serviteur de tous pour être fidèle à la volonté du Père et qui ainsi nous est passé de la mort à la vie. Faison notre ces riches paroles de la prière eucharistique pour des circonstances particulières n. 3 : &quot;Regarde avec bonté, Seigneur, l'offrande de ton Église qui te présente par nos mains ce qu'elle a reçu de toi, le sacrifice de louange, la Pâque du Christ. Que la force de ton Esprit fasse de nous, dès maintenant et pour toujours, les membres de ton Fils ressuscité, par notre communion à son corps et à son sang.&quot;       <br />
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              <br />
       Amen!       <br />
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       Mgr Hermann Giguère, ptre p.h.       <br />
       Supérieur général du Séminaire de Québec        <br />
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       Le 9 avril 2009.       <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
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     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position: relative;">Tiré du site internet de la Société des prêtres du Séminaire de Québec www.seminairedequebec.org</div>
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