Séminaire de Québec
Société de prêtres diocésains fondée en 1663 par le Bienheureux François de Laval, premier évêque de Québec



    Homélie pour Noël

    par Mgr Hermann Giguère P.H.
    à la Messe de minuit à la Chapelle du Lac Poulin
    le 24 décembre 2007

    Textes de l'Écriture: Isaïe 9, 1-3; Tite. 2, 11-14; Lc 2, 1-14.


    « Aujourd'hui vous est né un Sauveur » 

    Chers frères et soeurs,

    Introduction

    Je fais appel à votre expérience de parents et d’enfants. Oui! je vous pose une question. Quand quelqu’un est venu vous voir ou vous rencontrer ou encore quand un ami est venu jouer avec vous ou faire une activité, qu’est-ce que vous vous dites quand la personne n’est plus là? Oh! hélas peut-être! des choses négatives du genre : « Enfin, il ou elle est partie ». Mais, il se peut aussi que vous soyez bien content. Qu’est-ce que vous dites alors? Des chose du genre : « Ça m’a fait du bien de voir cette personne et de lui parler » ou « Ça a été formidable, cela m’a comblé comme je ne m’y attendais pas » ou « J’attends avec plaisir la prochaine fois » ou encore « Ça m’a stimulé et inspiré ». Toutes sortes de réactions qui disent les effets heureux de cette visite, de cette rencontre. Hé bien! Aujourd’hui nous avons une visite qui nous fait du bien. « Aujourd’hui, avons-nous lu dans l’évangile, vous est né un Sauveur. »

    Regardons-y de plus près en pensant à ce que cette visite, cette rencontre, cette naissance apporte au monde.

    On pourrait dire que les trois choses dont notre monde a le plus besoin sont, un, de sortir de l’obscurité où il risque de sombrer à tout moment, deux, de refaire ses forces morales pour acquérir un supplément d’âme, un bonheur partagé par le plus grand nombre et, trois, de nous permettre d’agir avec confiance en nous appuyant sur une aide réelle et bienvenue. Hé bien ! ces trois choses-là sont les trois fruits de la venue de notre Sauveur Jésus-Christ que nous fêtons ce soir dans cette chapelle bien décorée et chauffée en attendant de nous retrouver en famille ou entre amis.

    Permettez-moi de revenir sur chacun de ces fruits de la fête de Noël qui aujourd’hui nous donne un Sauveur.

    I- Sortir de l’obscurité

    Un premier fruit que la naissance du Sauveur apporte au monde c’est de le sortir de l’obscurité et de laisser entrer la lumière.

    L’Enfant-Jésus de la crèche est le don de Dieu à l’humanité qui l’attendait. Le Fils de Dieu vient vers nous pour nous dire et nous montrer « cette passion amoureuse de la divinité avec l’humanité » qui s’appelle l’amour.

    C’est par amour que Dieu se fait proche de nous, qu’il illumine notre vie. Notre Dieu ne vient pas nous écraser, nous imposer des fardeaux pesants, il vient nous libérer. Il se fait l’un de nous. Il prend le même chemin que nous. Il s’incarne. Il se fait chair.

    Le mystère de l’Incarnation est celui d’un Dieu qui se penche vers sa créature blessée, qui l’enveloppe de son amour et qui lui apporte la lumière sur le chemin d’éternité. Demandons que, pour nous, Noël, cette année, laisse des traces d’amour et essayons d’en laisser autour de nous dans nos visites et nos rencontres.

    II- Refaire nos forces morales

    Le second fruit de la venue du Sauveur c’est de refaire nos forces à tous les points de vue. Pensez aux rencontres dont nous avons parlé au début. N’est-ce pas que dans notre vie des personnes nous ont fait du bien par leur présence, par leur visite? Je fais appel aux jeunes parents qui ont accueilli un enfant récemment. Leur vie a été soudainement projetée sur un autre registre. Ils ne comptent plus leur temps. Ils pensent toujours à leur bébé. Ils s’oublient eux-mêmes au point où leurs proches leur disent parfois : « Mais qu’est-ce qui se passe on ne vous reconnais plus?»

    C’est cela refaire, développer, élargir ses forces morales. On devient meilleurs, plus charitables, plus patients, plus compatissants. La naissance du Verbe de Dieu fait chair ne fait pas autre chose. Cet Enfant-Jésus que nous vénérons ce soir nous fait grandir comme personne, Il nous inspire de beaux sentiments : la joie, le partage, l’amour, le pardon même parfois…et pourquoi pas. Noël n’est-il pas le moment d’avoir de la grandeur d’âme, de regarder en avant et de se réconcilier lorsque c’est nécessaire?

    Que nos Joyeux Noël! soient non seulement des souhaits de circonstance, mais qu’ils imprègnent notre cœur de bons sentiments qui rayonneront autour de nous.

    III- Agir avec urgence et avec confiance

    Venons-en maintenant au troisième fruit de la venue de Notre-Seigneur et Sauveur Jésus-Christ. Cette naissance, cette visite nous aide à passer à l’action. Elle nous donne un modèle proche de nous.

    Regardez la crèche. N’est-ce pas une image familière? Un jeune homme, Joseph, une jeune femme, Marie qui ont un enfant, qui le gardent au chaud, qui le présentent aux visiteurs, les bergers d’abord, puis les Rois mages plus tard. Une petite famille qui se remplira des cris et des pleurs de l’enfant. Une famille où Jésus se développera, où il croîtra, où il apprendra à vivre sa vie d’homme. Une famille qu’il quittera le moment venu pour s’engager à fond dans sa mission avec courage et avec désintéressement, une mission de frère et de serviteur qui donne sa vie pour ses amis. « Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime », dira Jésus lui-même avant de mourir.

    . Le chemin de la vie est semé d’obstacles et le courage peut faire défaut parfois. L’Enfant-Jésus, devant nous ce soir, nous dit que, malgré notre petitesse, notre fragilité, nos limites nous pouvons réaliser des choses merveilleuses en nous confiant à Celui à qui rien n’est impossible.

    Nous pouvons espérer aussi ce soir que beaucoup de gens dans le monde entier se donneront la main et travailleront à changer le monde pour en faire un monde meilleur où la guerre disparaît, où le nature est protégée, où la pauvreté recule, où les nations et les peuples se rapprochent dans la paix, où les religions s’entraident à être des ferments dans la pâte humaine.

    Voilà autant de terrains d’action où la venue de Notre-Seigneur et Sauveur Jésus-Christ fait la différence, car elle nous apporte soutien et inspiration pour le pauvres humains que nous sommes, car Dieu lui-même s’est associé pour toujours à notre humanité, il s’est fait l’un de nous et il est désormais de tous les défis qui sont les nôtres.

    Conclusion

    Oui, chers parents, chers enfants, chers grands-parents, et vous tous chers amis, quelle que soit votre situation de vie, nous rencontrons ce soir un nouveau-né. Ce nouveau-né est un Sauveur qui nous est donné. Les trois fruits de cette rencontre sont de mettre de la lumière dans nos cœurs, de nous rendre meilleurs et de nous inspirer confiance dans les défis de la vie.

    De plus, cette rencontre d’un nouveau-né n’est pas seulement un souvenir. Ce soir, au cours de cette messe, nous le rencontrons réellement toujours vivant et agissant pour nous sauver, pour nous remplir de beauté, de bonté et d’élan.

    L’Eucharistie que nous célébrons nous fait vivre une rencontre actuelle avec Celui qui est venu pour la multitude.

    Qui que tu sois, tu es aimé de Dieu.

    Amen !

    Mgr Hermann Giguère, P.H.
    Supérieur général du Séminaire de Québec
    le 23 décembre 2007

    Homélie inspirée en partie du septième sermon de l'Avent de saint Bernard de Clairvaux. Pour lire le texte de saint Bernard, cliquez ici.



  • Dernière mise à jour 23 décembre 2007








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