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BULLETIN D'INFORMATION DU CENTRE D'ANIMATION FRANÇOIS DE LAVAL

Basilique-Cathédrale de Québec

Québec, QC

Bulletin d'information du Centre d'animation François de Laval
numéro 10 Été 2001
24 juin 2001


Dans le cadre de la Toussaint 2000 à Rome, une cérémonie spéciale a été vécue pour faire mémoire de personnes qui ont marqué l'histoire du christianisme. En ce mercredi 1er novembre, 600 bannières décoraient la place Saint Pierre et, parmi celles-ci, une bannière représentant François de Laval et la Cathédrale Notre-Dame de Québec.

Après avoir effectué un séjour en Europe, la bannière est de retour au Canada depuis le mois de mai. Cette bannière véhicule une recommandation particulière que François de Laval avait adressée à son ami Henri-Marie Boudon en 1677. "Je vous recommande bien les besoins spirituels et temporels de notre Église..."

En ce début du troisième millénaire, les préoccupations pastorales de l'Église du Québec se vivent dans un contexte social et culturel différent de celui qu'a connu François de Laval. Toutefois, les jeunes, l'éducation et les vocations ont été au coeur de son ministère pastoral.

Pour annoncer l'Évangile encore aujourd'hui, bien que les moyens évoluent au fil des siècles, François de Laval nous interpellerait sans doute à la confiance inébranlable en Dieu, nous demandant de fixer notre regard vers Celui qui est éternellement fidèle.

En tant que premier évêque en Amérique du Nord, François de Laval a été choisi comme porte-étendard de deux projets concernant la jeunesse qui seront vécus en 2002 : le Congrès vocationnel continental qui aura lieu à Montréal en avril 2002 et en juillet 2002, la Journée Mondiale de la Jeunesse à Toronto précédée de l'Accueil en diocèse.

Depuis son retour, la bannière circule dans les communautés chrétiennes du diocèse de Québec. Ce symbole veut favoriser une prière commune à l'intention des jeunes et des vocations.

La bannière se déplace d'une région pasto-rale à l'autre selon le calendrier suivant :

Mai-Juin-Juillet Orléans
Août Charlevoix
Septembre Laurentides
Octobre Amiante/
Lotbinière/Bois-Francs
Nov.-déc.-janv. Chaudière
Février Rive-Sud
Mars Portneuf
Avril Lorette
Mai Louis-Hébert
Juin-Juillet Québec-Centre


Dans l'iconographie québécoise, la figure de François de Laval a toujours été présente. L'article de monsieur Gilles Bureau témoigne de cette richesse patrimoniale et culturelle.

Soeur Doris Lamontagne, p.f.m.
Responsable du Centre d'animation François-de-Laval



ICONOGRAPHIE DE MGR DE LAVAL

À l'époque où notre société exprimait sa foi dans une ferveur commune, les artistes avaient de nombreuses occasions d'exprimer leur talent. La construction de nouvelles églises, de chapelles pour les communautés religieuses et les associations diverses, leur ornementation était une mine d'or pour les artistes. Même si les temps ont bien changé, les béatifications et les canonisations du règne du Pape Jean-Paul II permettent l'éclosion d'un art religieux renouvelé.

    Mgr de Laval a suscité une production artistique bien avant sa béatification en 1980. Après son décès en 1708, l'abbé Henri-Jean Tremblay, procureur du Séminaire de Québec à Paris, commande une gravure posthume qui a puissamment contribué à fixer l'image du premier évêque de Nouvelle-France. On pense que le graveur Claude Duflos s'est inspiré d'une peinture des années 1670, réalisée lors d'un séjour que l'évêque fit en France, afin d'obtenir les bulles le reconnaissant officiellement évêque du diocèse de Québec. Le tableau est toujours conservé par la famille de la Varende, en Normandie. Au Canada, on aime bien penser que l'original du graveur serait une oeuvre du frère Luc, mais c'est une autre histoire...



    Vers 1700, alors que l'évêque avait 77 ans, le futur abbé Jacques Leblond de Latour peint un autre tableau1. Alors que le premier tableau représente Mgr de Laval dans la force de l'âge, le second le montre courbé par les ans dégageant une physionomie sereine. J'ai souvent entendu dire que le cardinal Roy préférait le second. Il était de l'avis du frère Hubert Houssart, serviteur fidèle de Mgr de Laval pendant vingt ans, qui reconnaissait mieux l'évêque de la vieillesse que celui de la maturité.


La période des icônes


    Avec constance, le Séminaire de Québec, gardien attentif du souvenir de son fondateur, a multiplié les images de François de Laval. C'est habituellement la gravure de Claude Duflos qui a inspiré les artistes. La plus récente oeuvre représentant le premier évêque de Québec est une icône réalisée par Marthe Bélanger et Céline Boucher et que le Séminaire de Québec a offerte à la paroisse du Bienheureux François de Laval au début de l'année 2001. L'évêque est représenté entre la Sainte Famille et son Église; il tient un texte qui invite à la confiance en la Providence, comme il le répétait sans cesse. Cette oeuvre s'inscrit dans la tradition byzantine. L'attitude de bonté est conforme à l'homme de charité qu'il a été.


    Il existe une seconde icône réalisée par Madame Denise Gosselin-Gravel mettant en valeur davantage les oeuvres de François de Laval.



Les représentations de bronze



    En 1908, pour souligner le deuxième centenaire de la mort de François de Laval, une importante sous-cription a permis l'érection du monument du haut de la côte de la Montagne à Québec. Le sculpteur Louis-Philippe Hébert a livré à cette occasion une de ses plus importantes réalisations, peut-être même le plus beau monument de la ville qui n'en manque pas. La beauté d'ensemble de la statue empêche souvent de s'arrêter aux trois bas-reliefs installés au bas du monument.




    En 1965, le gouvernement de Jean Lesage décide de compléter la statuaire de la façade du parlement de Québec. Le sculpteur Émile Brunet réalise la statue de Mgr de Laval, utilisant le modèle qu'il avait créé pour la façade de la basilique de Ste-Anne de Beaupré.

    Lors de la venue du Pape Jean-Paul II au Canada, en 1984, le Séminaire de Québec commande au sculpteur Raoul Hunter un bronze qui fut placé sur l'autel de la chapelle extérieure. Hunter qui s'est fait connaître comme caricaturiste du journal Le Soleil, est avant tout un sculpteur renommé. Personnellement, je trouve cette oeuvre tout à fait remarquable. Il faudrait certainement la remettre en valeur.




    La décision de déplacer le corps de Mgr de Laval dans la basilique-cathédrale de Québec a permis la réalisation d'une chapelle funéraire qui est sans doute la plus belle oeuvre d'art sacré de la fin du 20ième siècle à Québec.



    Inaugurée en 1993, elle contient un remarquable gisant de bronze, création des artistes Jules Lasalle et Ducharme Marion. L'idée de représenter l'évêque les yeux ouverts, rend l'oeuvre encore plus saisissante.


Les oeuvres de pierre

    La basilique de Sainte-Anne de Beaupré compte au moins quatre représentations du premier évêque. Une mosaïque dans la voûte du choeur, une verrière dans la chapelle de la Grande Relique et deux oeuvres de pierre. Outre l'oeuvre d'Émile Brunet, réalisée par le sculpteur Maurice Lord, en 1962, la grande frise de la façade contient une procession en bas-relief dans laquelle se trouve Mgr de Laval. Cette frise conçue par André Vermare, en 1925, a été réalisée par le sculpteur Louis Parent, en 1945.



    Le grand gisant de marbre blanc du sculpteur italien Francisco Nagni, qu'on retrouve dans la chapelle funéraire de l'architecte Adrien Dufresne est certainement le premier des grands monuments de pierre représentant Mgr de Laval. Construite en 1949, à même la chapelle extérieure du Séminaire de Québec, la chapelle funéraire est enrichie d'un grand nombre de symboles religieux et artistiques qui démontrent la science et le génie de ses concepteurs.


Des oeuvres de verre

    On a aussi représenté Mgr de Laval dans des vitraux. Il en existe trois au Séminaire de Québec. Deux petits vitraux, qui datent du 19e siècle, ornent le grand salon de la Résidence des prêtres. Ils représentent l'évêque en prière et auprès des malades. Ils sont d'une rare beauté. En 1904, M. l'abbé J. A. Laflamme a offert un beau vitrail qu'on peut admirer à la tribune de l'orgue de la chapelle extérieure. À partir de 1956, le prêtre-verrier Jan Tillemans O.M.I. a réalisé une oeuvre colossale qui couvre toutes les fenêtres du grand sanctuaire de Notre-Dame du Cap. La fenêtre C du côté droit contient cinq sections représentant Mgr de Laval. L'artiste a représenté l'évêque en prière, en tournée pastorale, auprès d'une malade, ordonnant un prêtre et comme pierre angulaire de l'Église canadienne.






    Une statue de la céramiste Mona est conservée dans la chapelle du Grand Séminaire. Oeuvre d'une artiste originale et sensible, cette représentation est comme un bijou à l'intérieur de ce lieu de prière réunissant tous les jours les prêtres et les séminaristes.


D'autres oeuvres

    Deux statuettes sont conservées à l'Archevêché. Une céramique de Mona qui fut remise au Cardinal Vachon en 1985. Mgr de Laval est représenté tenant son Séminaire. L'oratoire de l'Archevêque compte aussi une petite statue de bois d'Alphonse Paré. En 1982, Mgr Leclerc laissait à l'archevêché, plusieurs statues de cet artiste de Sainte-Anne de Beaupré.

    D'autres artistes ont représenté François de Laval. En 1923, le sculpteur Henri Charlier a réalisé des bas-reliefs pour le troisième centenaire de la naissance de François de Laval. Ces oeuvres qu'on peut voir à Montigny-sur-Avre et à l'église St-Germain des Prés de Paris, sont de véritables chefs-d'oeuvre.

    Tout près de nous, un portrait de l'Évêque est peint sur le mur de la crypte des évêques de Québec. L'archiviste du diocèse, M. l'abbé Armand Gagné attribue cette oeuvre à Paul Lacroix. C'est une commande du Cardinal Roy en 1959.

    Dans l'église Saint-Zéphirin de Stadaconé, on retrouve une grande peinture d'Antonio Masselotte montrant l'évêque confirmant un Amérindien. Elle date de 1921. À Saint-Joseph de Beauce vous pourriez en trouver une aussi.

    Conservée au Musée du Québec, il y a un François de Laval sur l'Apothéose de Christophe Colomb de Napoléon Bourassa (1904 et 1912). Au Parlement de Québec, on trouve une peinture de Charles Huot (1925) montrant l'évêque siégeant au Conseil souverain.

    Conclusion

    Nous avons la chance de posséder le véritable portrait de Mgr de Laval. Tant d'autres personnages du passé comme Cartier, Champlain ou Frontenac sont des créations d'artistes. Chaque génération reprend les traits de l'évêque et les interprète selon son époque. À vous maintenant d'ajouter une oeuvre, si vous en avez le talent ou encore de trouver d'autres représentations de l'évêque que je ne connais pas. C'est une bonne façon de rendre un bel hommage à François de Laval, bienheureux fondateur de notre Église. En terminant, je tiens à remercier mon ami Jean-Claude Filteau pour son aide et sa science.

    Gilles Bureau
    Professeur retraité d'histoire
    au Petit Séminaire de Québec
    __________
    1 L'oeuvre lui est attribuée. Ce portrait orne les murs du grand salon de l'Archevêché de Québec. L'original est conservé au Musée de l'Amérique Française.

    Est-il possible qu'il soit mort, cet homme qu'on avait tant de plaisir de voir vivre et dont la mémoire ne mourra jamais!
    (De la Colombière, 1708)



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Dernière mise à jour 30 avril 2016