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UN ILLUSTRE ÉVÊQUE!
pour le 350e anniversaire de l'arrivée de François de Laval à Québec
16 juin 2009 -


Article de Jean-Guy Roy, directeur de Radio Ville-Marie sur le blog du DG. Reproduit avec son autorisation.

Chaque nation compte parmi les siens des hommes hors du commun, exceptionnels quoi. En ce mois de juin, à quelques jours de la fête nationale des Québécois, il est bon de revisiter notre histoire, de s’inspirer de ces grandes figures qui ont marqué la fondation et l’évolution extraordinaires de ce coin d’Amérique. Le Québec recèle de ces figures marquantes qui ont façonné son histoire, donné une identité à sa population, transmis des valeurs profondes et suscité un espoir en l’avenir. Il y a 350 ans aujourd’hui, soit le 16 juin 1659, que le premier évêque de l’Amérique du Nord, Monseigneur François de Montmorency Laval débarquait à Québec en provenance de La Rochelle en France. Figure de proue de la colonie, dénommée alors Nouvelle-France, il a légué à cette terre d’Amérique un héritage inépuisable.

Le parcours de cet homme de foi, béatifié par Jean-Paul II en 1980, est héroïque à bien des égards et demeure une source d’inspiration pour nous tous. Doté d’une riche personnalité, Mgr de Laval était selon de nombreux biographes un administrateur avisé, un ardent missionnaire, un homme fier et humble, un prêtre dévoué et incontestablement un mystique. Ce prélat, fils d’une noble famille française, aura passé cinquante ans à gouverner cette petite colonie qui ne comptait alors que 2 500 personnes à son arrivée et cinq décennies d’existence. Tout était à faire dans cette nation naissante, dans cet immense territoire de forêts, de lacs et de rivières. Son diocèse était imposant, il s’étendait de Québec jusqu’en Louisiane. Imaginez, un si vaste territoire à une époque où les moyens de communication étaient plus que limités. Il fallait du courage, une foi à déplacer les montagnes.

En ce grand siècle de l’apogée du pouvoir royal, les instances religieuses et politiques étaient étroitement liées. C’est Louis XIV, le roi soleil, qui nomma Mgr François de Laval évêque de la Nouvelle-France. Le tout ne fut ratifié par Rome qu’en 1674 en décrétant du même coup la fondation du diocèse de Québec. Dès son arrivée, ce prêtre dévoué découvrit l’immensité de la tâche. Habité par l’esprit de restauration de l’Église qui prévaut en Europe, Mgr de Laval désire donner naissance à une Église nouvelle dans un pays neuf aux immenses possibilités. Ses fondations et ses initiatives seront nombreuses, mais c’est du Séminaire qu’il fonda en 1663, centre névralgique, que tout émanait : formation du clergé, direction des paroisses, financement de la colonie, création d’écoles. Il gagna rapidement la confiance de ses contemporains grâce à sa personnalité, sa foi et son discernement. Fondateur de l’Église canadienne, il contribua admirablement bien à la formation tant civile et religieuse du pays naissant.

On dit de cet homme, plus grand que nature, qu’il fut l’ami des grands et des petits, des Amérindiens et des Français, des gouverneurs de Québec, des fondateurs de Montréal et de Trois-Rivières. Homme au sens pastoral perspicace, il puisa son énergie, sa détermination et son inspiration dans une vie spirituelle intense faite de détachement, de pauvreté et de confiance inébranlable en la volonté de Dieu. Une des luttes que mena avec vigueur Mgr de Laval fut celle qu’il livra contre le trafic de l’eau-de-vie qui suscitait à cette époque désordre, violence et même meurtres. Il obtint de Louis XIV l’interdiction d’échanger de l’eau-de-vie contre des fourrures avec les Amérindiens afin que ces derniers ne perdent pas leur dignité par des comportements déshonorants.

Les historiens rapportent plusieurs mesures d’opposition de la part du pouvoir séculier contre son action pastorale. Homme courageux et tenace, Monseigneur de Laval ne capitula jamais malgré les pressions constantes et les stratagèmes, souvent proches de l’odieux, de ses adversaires. Sévère et austère envers lui-même, on dit qu’il était prodigue envers les pauvres. Après sa mort le 6 mai 1708, il légua tous ses biens aux plus démunis. Il faut se le rappeler avec fierté que notre coin de pays a été fondé par des hommes et des femmes bien enracinés comme ces immenses arbres qui couvrent notre Québec et qui se déploient majestueusement en plein ciel. C’est une terre sacrée que nous foulons encore aujourd’hui, marquée à jamais par la foi et la détermination des ces nombreux héros de notre histoire, une terre où l’on a planté des milliers de croix sur les rivages.

Trois cent cinquante ans plus tard, le Québec se souvient toujours de cet homme illustre. Aujourd’hui, une ville importante, une université de renom, de nombreux établissements, plusieurs associations et d’innombrables rues à travers le Québec portent son nom. Mais le plus grand héritage est sans contredit d’ordre spirituel. Sans lui, les valeurs du catholicisme ne seraient pas aussi présentes et toujours sources d’inspiration dans notre culture, dans nos engagements caritatifs, dans notre cœur. Si vous vous rendez à Québec cet été, vous constaterez que les traces de son passage y sont toujours présentes; le Grand Séminaire, le Petit Séminaire et le musée parlent de lui et de ses œuvres avez éloquence. Vous pourrez même vous arrêter quelques instants devant le monument érigé en l’honneur de Mgr de Laval, en face de l’édifice Louis Saint-Laurent dans le Vieux-Québec, pour lui faire un salut. Il mérite bien cela, car sans lui, le Québec ne serait pas le même!

Article publié sur le Blogue du DG de Radio Ville-Marie le 16 juin 2009.

Jean-Guy Roy, s.c. est directeur général de Radio VIlle-Marie.
Site :www.radiovm.com






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Publié 19 juin 2009 - Dernière mise à jour 30 avril 2016