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CHOIX D'ÉCRITS SPIRITUELS DU BIENHEUREUX FRANÇOIS DE LAVAL (1623-1708)



Écrits d'amitié spirituelle


Lettre au Père Eudes pour appuyer et recommander son livre "Le Coeur admirable de la Très Sacrée Mère de Dieu", 23 décembre 1662.

Le Saint-Esprit ayant publié par les divines Écritures et par la bouche des saints Pères les excellences du Sacré Cœur de sa très digne Épouse, la bienheureuse Vierge, et ayant par ce moyen puissamment exhorté tous les fidèles à une dévotion et vénération singulières vers ce même Cœur, ce livre, qui est fait pour allumer et enflammer de plus en plus cette dévotion du divin Cœur avec celle du saint Nom de Marie dans les cœurs de ceux qui le liront, n'a pas besoin d'approbation, puisqu'il est conforme aux desseins et intentions de l'Esprit de Dieu.

Aussi notre prétention n'est pas tant de l'approuver en écrivant ceci, comme de donner un témoignage de l'estime très particulière que nous en avons conçue après l'avoir lu soigneusement, et du désir que nous avons que la dévotion qu'il enseigne soit profondément gravée dans les cœurs des Chrétiens, que le très aimable Cœur de la Mère de Dieu, qui est tout embrasé d'amour vers sa divine Majesté et de charité au regard de tous les hommes, et son très auguste Nom soient loués et honorés par tout le monde.

Et que les fêtes avec les offices et messes contenus en ce livre en soient célébrées avec une solennité et piété qui leur soient convenables. Ce sont les sentiments que nous avons de ce livre, lequel par conséquent nous jugeons très digne d'être donné au public.

En foi de quoi, Nous avons bien voulu donner ce témoignage écrit de notre propre main et scellé du sceau de nos armes. A Paris, ce vingt-troisième jour de décembre mil six cent soixante-deux.

François, évêque de Québec

Altera nova positio p. 877

Lettre à Monsieur Poitevin, prêtre, 8 novembre 1668.



Monsieur.



Le zèle que Notre-Seigneur vous a donné pour cette Église naissante, qu'il lui a plu confier à notre conduite, et les soins que vous continuez de prendre avec tant de charité pour tout ce qui peut contribuer a son accroissement, m'obligent à vous faire part, à mon ordinaire, de l'état auquel elle se trouve présentement.



Le secours des ecclésiastiques que vous nous avez envoyés par les premiers vaisseaux, nous est verni fort à propos pour nous donner le moyen d'assister divers lieux de cette colonie qui en ont un notable besoin et sans lesquels ils auraient été destitués de tout secours.



La venue de M. l'abbé de Queylus avec plusieurs bons ouvriers tirés du Séminaire de Saint-Sulpice ne nous a pas moins apporté de consolation; nous les avons tous embrassés in visceribus Christi. Ce qui nous donne une joie plus sensible est la bénédiction de voir notre clergé dans une sainte disposition de travailler d'un coeur et d'un même esprit à procurer la gloire de Dieu et le salut des âmes tant des Français que des sauvages.



Les tendresses de père que le Roi fait paraître pour la Nouvelle-France et les dépenses notables qu'il fait pour la rendre nombreuse et florissante, fourn[issent] à tous une fort ample moisson pour employer dignement leur zèle et consumer leur vie pour l'amour de Notre-Seigneur Jésus-Christ, qui leur a, par sa bonté infinie, donné les premières inspirations de la lui venir consacrer dans une Église sur laquelle il a dès son berceau versé ses plus tendres bénédictions et dont il continue de la combler incessamment.



L'humiliation dans laquelle sont présentement nos ennemis (gli Irochesi) ne nous a pas seulement ouvert la porte à la conversion des infidèles dans les nations les plus éloignées, mais encore les a rendus eux-mêmes capables de prendre part à ce bonheur.



Les Pères Jésuites s'y emploient toujours avec le même zèle qu'ils y ont travaillé depuis quarante ans; j'en ai reçu des témoignages sensibles après le retour de nos visites, dans celle que nous avons faite ce printemps à Tadoussac, trente lieues au dehors de Québec, ayant trouvé les sauvages de cette mission dans des dispositions telles que depuis qu'il a plu à Notre-Seigneur de nous donner la conduite de ce Christianisme, je ne sache rien qui m'ait donné plus de consolation.



Nous y avons reconnu quelle bénédiction ce peut être à ces nouveaux Chrétiens de se trouver hors des occasions des boissons enivrantes, lesquelles, à raison de la faiblesse qu'ils y ont, causent des excès de désordre parmi eux, qui nous font souvent gémir devant Dieu et déplorer le malheur de ceux qui en sont la cause.



Cette Église de Tadoussac, exempte de ce mal, est dans une piété vraiment solide et chrétienne. Nous avons donné la confirmation à cent quarante-neuf, très bien disposés à recevoir les effets de ce sacrement.



Si Notre-Seigneur me donne autant de santé l'an prochain que j'en ai ce printemps, j'espère encore y retourner; car je vous avoue que s'ils ont témoigné de la joie de nous y voir, nous n'en avons pas moins ressenti de notre côté en cette visite.



J'ai donné mission depuis un mois à deux très vertueux et bons ouvriers pour aller dans une nation iroquoise, qui s'est établie depuis quelques années assez proche de nous du côté du nord du grand lac nommé Ontario, dont la communication ne nous est pas difficile. L'un est M. de Fénelon, duquel le nom est assez connu dans Paris et l'autre M. Trouvé. Nous n'avons pu encore savoir le succès de leur emploi, mais nous avons tout sujet d'en espérer un très grand fruit.



Comme le Roi m'a témoigné qu'il souhaitait que l'on tâchât d'élever à la manière de vie des Français les petits enfants sauvages pour les policer peu à peu, j'ai formé exprès un séminaire où j'en ai pris un nombre à ce dessein. Et pour mieux y réussir, j'ai été obligé d'y joindre des petits Français, desquels les sauvages apprendront plus aisément et les moeurs et la langue en vivant avec eux.



Cette entreprise n'est pas sans difficulté, tant du côté des enfants que de celui des pères et des mères, lesquels ont un amour extraordinaire pour leurs enfants, à la séparation desquels ils ne peuvent presque se résoudre, ou s'ils la souffrent, il y aura une peine tout à fait grande qu'elle soit pour beaucoup de temps, a raison que pour l'ordinaire les familles des sauvages ne sont pas peuplées de beaucoup d'enfants comme celles de nos Français où dans la plupart en ce pays ils se trouvent huit, dix, douze et quelquefois jusqu'à quinze et seize enfants, les sauvages au contraire n'en ont pour la plupart que deux ou trois et rarement ils passent le nombre de quatre; ce qui fait qu'ils se reposent sur leurs enfants, lorsqu'ils sont un peu avancés en âge, pour l'entretien de leur famille, qu'ils ne peuvent avoir que par la chasse et d'autres travaux dont les pères et les mères ne sont plus capables, lorsque leurs enfants sont en âge et en pouvoir de les secourir; à quoi pour lors, il semble que la loi naturelle oblige indispensablement les enfants. Cependant nous n'épargnerons rien de ce qui sera de nos soins pour faire réussir cette heureuse entreprise, quoique le succès nous en paraisse fort douteux.



Les prêtres de notre Séminaire des Missions étrangères ne nous ayant pas moins fait paraître de soin et de vigilance dans l'éducation des enfants de ce pays, que nous leur avons donnés à former à l'état ecclésiastique, qu'ils nous ont donné des marques de leur zèle dans les travaux qu'il y a à souffrir dans tous les lieux des habitations de ce pays où nous les employons, nous avons estimé ne pouvoir rien faire qui soit plus à la gloire de Dieu et pour le bien de notre Église, que de leur confier de nouveau la direction de ce second Séminaire; d'autant plus que nous avons jugé à propos de le renfermer dans l'enceinte de notre Séminaire, dans laquelle nous avons fait accommoder un logement propre à ce dessein. Il y a déjà, grâces à Dieu, pris ses premiers commencements depuis un mois.



Je supplie Notre-Seigneur, au nom de la très sainte Famille, en l'honneur et sous la protection de laquelle notre Séminaire est établi, d'y vouloir donner le succès et la bénédiction que nous nous en promettons.



Voilà succintement ce que je puis avoir pour le présent à vous dire de ce qui regarde notre spirituel. Souvenez-vous, je vous conjure, de recommander à Notre-Seigneur au saint autel les besoins de notre troupeau et d'implorer sa divine miséricorde pour celui qu'il lui a plu en établir le pasteur.



Et me croyez avec vérité, Monsieur,



Votre très humble et obéissant serviteur,



François, évêque de Pétrée, premier évêque de la Nouvelle-France nommé par le Roi.



À Québec, ce 8 novembre 1668.



Altera nova positio pp. 248-251



Lettre au Père Eudes pour accuser réception du livre le "Coeur admirable de la Sainte Vierge" que l'on venait de rééditer, . Il s'agit d'un encouragement donné au P. Eudes pour la promotion de la dévotion au Coeur de Marie, 12 novembre 1682.



J'ai reçu le livre que vous m'avez envoyé, du Coeur de la très Sainte Vierge comme une marque de votre affection. C'est un présent qui m'est fort agréable, tant à raison du sujet qui y est traité que de la personne qui l'a composé, dont nous honorons la mémoire. J'espère que ce Coeur admirable, dont le propre est d'unir en soi tous les coeurs, sera le lien des nôtres d'une manière particulière, et notre Séminaire n'aura pas de plus grande joie que de se voir uni à votre Congrégation, qui est toute à Jésus et Marie que nous faisons profession d'honorer sous le titre de la Ste Famille, à qui nous avons dédié notre Séminaire. Et comme ne vertu de cette union, vous participerez à tout le bien qui s'y fait, nous attendons de votre Congrégation la même grâce, que vous n'oublierez pas de prier pour cette Église naissante qu'il a plu à Notre-Seigneur de nous confier, afin qu'elle aille toujours croissant jusque dans sa perfection. [...]



ASQ 7, n. 78c



Extrait des Annales de la Congrégation de Jésus et Marie dite des Eudistes, Année 1682 conservé aux Archives du Séminaire de Québec.

Lettre d'appréciation d'un livre sur la " Défense des nouveaux Chrétiens et des Missionnaires de la Chine et du Japon " par le P. Le Tellier, jésuite, 25 octobre 1687.



Approbation de Mgr Messire François de Laval, premier évêque de Québec.



Il est du devoir et du zèle de ceux que Dieu a établis pour pasteurs dans son Église, d'arrêter autant qu'il est en eux les scandales qui s'y élèvent.



J'estime que c'en était un très grand que l'on voulût rendre suspectes la foi et la piété des Chrétiens nouvellement convertis dans les pays étrangers, que l'on décriât la conduite des hommes apostoliques qui leur vont annoncer l'Évangile et que l'on fournît en même temps par là aux ennemis de la religion catholique de quoi contester à l'Église la possession où elle a toujours été du vrai zèle et du soin de convertir les peuples et de les faire passer de l'idolâtrie à la connaissance et au culte du vrai Dieu.



Les deux livres, dont le titre est marqué à la tête de celui-ci, produisaient ces méchants effets. C'est ce qui m'a fait prendre avec joie l'occasion que la divine Providence m'a offerte d'ajouter ici à toutes les preuves que l'auteur de cette défense apporte pour mettre la vérité en évidence, le témoignage particulier que je puis rendre de la pureté de la Foi qu'ont embrassée et que conservent par la miséricorde de Dieu les nouveaux Chrétiens du Canada, et de la vie vraiment apostolique qu'ont menée les missionnaires qui travaillent parmi eux, ainsi que je l'ai reconnu certainement par une expérience de vingt-huit années, durant lesquelles il a plu à Dieu de me charger, nonobstant mon indignité, du soin de cette Église naissante, où je me suis appliqué à connaître assez à fond toutes les choses qui se sont passées tant de la part des peuples sauvages qui ont reçu l'Évangile, que de la part de ceux qui le leur ont porté.



Je puis assurer en particulier à l'égard des Jésuites, qui y travaillent avec zèle et bénédiction depuis longtemps, que j'ai été témoin de la sagesse, de la droiture, du désintéressement et de la sainteté de leur conduite dans ces missions.



Il y a lieu de croire qu'ils agissent partout ailleurs par le même esprit; car c'est ce que prétendent (quoique avec malignité) leurs adversaires, quand ils répètent si souvent que par la conduite des particuliers il faut juger de l'esprit qui anime tout le corps.



J'ajoute enfin qu'un des souhaits les plus utiles que je crois pouvoir former pour l'Église du Canada, c'est que Dieu lui choisisse par sa bonté dans la Compagnie de Jésus un très grand nombre d'ouvriers semblables à ceux que cette Compagnie lui a déjà fournis, et qui ont travaillé avec tant de grâce et de fruit.



J'ai lu attentivement cet ouvrage qui porte pour titre: Défense des nouveaux Chrétiens et des Missionnaires, et je n'y ai rien trouvé qui ne mérite d'être mis au jour et qui ne soit très propre à réparer le mal que les mauvais livres qu'il combat ont causé dans l'Église.



Fait à Paris, le 25 d'octobre 1687.



François, premier évêque de Québec.



Altera nova positio pp. 600-601

Extraits d'une lettre à M. Dudouyt, procureur du Séminaire de Québec à la Cour, sur un projet de fusion entre le Séminaire de Saint-Sulpice de Montréal et le Séminaire de Québec

Québec, ce 12 novembre 1689.

Puisque la barque que l'on a envoyée en France ce printemps est arrivée, vous aurez su l'accident d'une chute très dangereuse qui m'était arrivée, de laquelle je gardais encore le lit quand je vous écrivis. J'en suis demeuré fort incommodé du bras gauche; à quoi est survenu un autre accident qui m'a retenu cinq mois sans exercice, étant arrêté par le pied et la jambe. Vous le connaîtrez par diverses lettres où il en parle plus au long et ce ne serait qu'une répétition que de vous le réitérer. Notre-Seigneur et sa sainte Mère en disposeront comme il leur plaira.

Je ressens bien que mes forces s'affaiblissent beaucoup; à l'âge de soixante ans passés, nous ne pouvons pas attendre autre chose que l'accroissement de nos infirmités...

M. Poitevin était un bon serviteur de Dieu. Ce que j'estime plus en sa mort et qui est une marque de l'esprit de Notre-Seigneur, est le bon usage qu'il a fait de tout ce qu'il possédait. C'est une grâce bien particulière de Dieu, puisque sa Providence a voulu lui inspirer de vous résigner son prieuré de Château Portien. Nous avons sujet de l'en bénir de la manière dont vous me parlez. Il serait bien difficile de le pouvoir réunir au Séminaire, [ce] qui serait un bien, s'il en donnait les moyens et les ouvertures. Notre-Seigneur et sa sainte Mère en disposeront comme il leur plaira.

Puisque ce que vous m'écrivez qui regarde Saint-Sulpice n'a pas été exécuté suivant les vues que l'on avait eues, il faut se conformer aux desseins de Dieu, qui fait tout pour le mieux.

Nous conservons toujours une grande union avec le Séminaire de Montréal, rempli de bons et vertueux ecclésiastiques. Nous avons cette année donné l'ordre de prêtrise à M. de Belmont.

Ce que vous avez fait au regard de Saint-Sulpice et des ouvertures que vous y avez faites, seront utiles et feront (sic) du bien sur les esprits. Je crois qu'il ne faut pas pousser la chose plus avant. Dieu en tirera sa gloire.

Je bénis Notre-Seigneur et sa sainte Mère de ce que le Séminaire de Paris reprend plus en plus son premier esprit. C'est une chose bien nécessaire et importante pour le bien et avancement de celui de Québec. Ils feront très bien d'en bannir les abbés mondains, ce qui lui a fait un grand tort par le passé. C'est une bonne chose que vous y demeuriez; cela fortifiera l'union qui doit être entre les deux Séminaires et donnera plus de facilités pour beaucoup de choses qui concernent l'établissement de celui-ci, temporelles et spirituelles.

François, évêque de Québec

Altera nova positio pp. 372-374

Lettre au Nonce apostolique auprès du Roi de France, François Nerli, 1673



J'avais prié ce matin M. Castel de vouloir recevoir trois mille livres qui sont mille écus et de les remettre ensuite entre les mains de qui vous auriez agréable. Il a été ce matin pour avoir honneur de vous voir, mais il ne vous a pas rencontré. Il a témoigné à M. votre auditeur que je n'ai que mille écus c'est-à-dire trois mille francs de notre monnaie de France. C'est ce que j'ai toujours compris ne sachant pas même la différence de la valeur de monnaie lorsque M. Castel me l'a fait connaître aujourd'hui.



Je vous prie, Monseigneur, si l'on faisait quelque difficulté en cour de Rome sur ce point, de vouloir employer votre autorité et crédit afin que je puisse avoir l'expédition de mes bulles pour cette somme, n'ayant rien à espérer de la cour de France dans les conjonctures fâcheuses de la guerre.



J'ai été obligé d'emprunter cette somme de deux personnes, ce qui est à vrai dire, eu égard à l'état de mes affaires et des grandes charges que j'ai à porter pour le soutien de mon Église, faire l'impossible et au-dessus de mes forces; mais je suis bien aise d'avoir cette consolation de n'avoir rien omis de ma part pour me donner le moyen de retourner ce printemps-ci à mon Église, qui souffre de mon absence et si longue. J'espère de votre bonté que vous écrirez si fortement à Sa Sainteté, à Mgr le Cardinal Altieri et à Messeigneurs les Cardinaux de la Congrégation Consistoriale qu'ils accorderont cette grâce à cette somme pour toute chose.



Du moins je puis assurer que c'est tout l'effort que je puis faire et duquel même je demeurerai incommodé à la suite. Que si absolument l'on exige une plus grande somme, vous pourriez avoir la bonté de donner l'ouverture de la prendre sur les fonds que la Sacré Congrégation de la Propagation a entre les mains et que vous m'avez fait la grâce de me proposer pour commencer quelque établissement qui puisse servir de subsistance aux ecclésiastiques qui feront les fonctions de chanoines dans mon église de Québec; pour laquelle affaire je vous supplie de vouloir continuer vos soins auprès de Messeigneurs de la Congrégation de la Propagation de la Foi.



Il y a seulement à observer qu'il est beaucoup plus à la gloire de Dieu et plus utile pour l'état de l'Église du Canada que 1'évêque puisse changer et disposer de ses ecclésiastiques dans les dites fonctions, ainsi qu'il le jugera à propos et nécessaire pour le bien de son Église ainsi que Sa Sainteté me l'a déjà accordé par un bref pour les fonctions curiales, pour raison du besoin que l'évêque aura toujours de missionnaires et d'ouvriers qui soient amovibles ad nutum et d'en envoyer à la place de ceux que l'on jugerait plus propres pour des fonctions plus sédentaires.



Je prends bien de la liberté, mais je connais votre bonté et votre zèle pour les oeuvres de piété. Vous aurez part en celui-ci aux bénédictions d'une Église naissante et je serai toujours avec bien du respect, Monseigneur,



Votre très humble et très obéissant serviteur,



François, évêque de Pétrée.



À Paris, ce 12 jeudi après-midi 1673.



Altera nova positio pp. 129-131



Lettre au Duc de Beauvilliers, automne 1689.



Monsieur.



Je ne puis, quoique je sache les grandes et continuelles occupations que vous avez pour le bien de l'État, me dispenser de vous témoigner ma reconnaissance de toutes les bontés que vous continuez de faire paraître pour cette Église, en particulier pou le Séminaire, qui vous en rend avec moi ses très humbles action de grâces. Je puis vous assurer qu'il a reçu avec respect et sou mission les articles que vous avez bien voulu prendre la peine de régler. S'ils étaient bien observés de part et d'autre ce serai le véritable moyen de conserver la paix dans cette Église. M. l'abbé de Brisacier vous informera de tout aussi bien que M. le marquis de Denonville, qui a une parfaite connaissance de ces affaires. Le Séminaire s'est entièrement remis à son jugement tant de l'exécution de ce qui s'est réglé que pour ce qui reste régler. \mais ayant trouvé de l'opposition, il a jugé plus à propos que la chose se décide en France. Toute cette Église espère que vous aurez la bonté d'achever ce que vous avez Si bien commencé pour le bien de la paix qui en a toujours depuis trente ans fait toute la bénédiction.



Je vous avoue, Monsieur, que comme mes continuelles infirmités jointes à mon âge me donnent sujet de croire qu'il me reste peu de temps à vivre, j'aurais eu une grande consolation de voir avant ma mort l'établissement de Séminaire affermi et dans un état de continuer à rendre à cet pauvre Église naissante de laquelle il a été jusqu'ici un des plus grands appuis, tout le service qu'il a fait jusqu'à présent. C'est ce qu'il y a sujet d'espérer étant sous votre protection, de laquelle je vous demande la continuation et quelque part à vos prière vous assurant qu'il n'y a personne qui soit avec plus de respect que moi, Monsieur.



Altera nova positio p. 448



Lettre à l'archevêque de Paris de Noailles signée par le bienheureux François de Laval et Mgr de Saint-Vallier, 25 septembre 1698.



Monseigneur.



Après vous avoir témoigné le véritable respect que nous avons pour votre vertu et la reconnaissance sincère que nous conservons de la protection que vous accordez à cette Église naissante, c'est avec confiance que nous vous faisons naître l'occasion de lui en donner une nouvelle preuve dans l'approbation et le soutien que nous vous supplions, Monseigneur, de donner à la glorieuse entreprise que le Séminaire des Missions étrangères de Québec vient de faire pour l'établissement de plusieurs missions sauvages sur le grand fleuve Mississipi et dans toutes les nations les plus éloignées de cette partie du monde, auxquelles il donne ouverture, dont les peuples sont en Si grand nombre que l'on y peut compter plusieurs millions d'âmes qui sont toutes abandonnées, aucun missionnaire n'ayant encore tenté de s'y établir.

Cependant l'esprit et la fin principale de l'institut du dit Séminaire étant de travailler au salut des infidèles et des peuples les plus abandonnés, il a cru ne pouvoir différer et se dispenser de se servir de l'ouverture que la divine Providence lui a faite pour y envoyer des missionnaires.



L'effort qu'il a été obligé de faire cette année au-dessus de ses forces pour l'envoi des premiers dans les lieux les plus éloignés, lui a fait assez paraître qu'il lui est possible de pouvoir continuer ce grand ouvrage si avantageux et nécessaire à cette Église et fournir à toutes les dépenses qu'il faut faire pour y en envoyer de nouveaux qui doivent seconder et secourir les premiers dans des missions Si peuplées et de si grande étendue, s'il n'est aidé considérablement, comme nous avons tout sujet d'espérer, de la piété, du zèle et de la générosité du Roi qu'il voudra bien lui donner les moyens de soutenir une entreprise commencée avec tant de courage.



Sa Majesté, qui répand libéralement ses grâces sur les Pères Jésuites qui sont appliqués à la conversion des sauvages auxquels elle accorde annuellement la somme de six mille livres sur l'état des charges du pays, et Messieurs de Saint-Sulpice qui reçoivent tous les ans une pareille somme sur le même fonds pour la mission des sauvages qu'ils ont dans l'île de Montréal, se portera sans doute à gratifier le Séminaire des Missions étrangères de Québec, Si vous avez la bonté, Monseigneur, de lui représenter l'importance des nouvelles missions qu'il vient d'entreprendre et l'union parfaite clans laquelle nous vivons et à laquelle vous avez Si fort contribué.



Nous espérons que Dieu versera ses bénédictions sur le grand ouvrage que nous vous recommandons, et que vous nous ferez la grâce, Monseigneur de le soutenir par le crédit que vous avez auprès du Roi aussi grand et religieux que le nôtre, pour lequel nous continuerons d'offrir nos voeux et nos prières.



Nous sommes avec tout le respect possible. Monseigneur,



Vos très humbles et très obéissants serviteurs



François, ancien évêque de Québec.

Jean, évêque de Québec.



Altera nova positio pp. 579-580







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Dernière mise à jour 30 avril 2016