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Le monachisme au Moyen Âge: Saint Anselme, Cluny et Cîteaux (saint Bernard)



L'école bénédictine
1.1 Caractéristiques
Les efforts de Charlemagne, avec saint Benoît d'Aniane réussissent à imposer la règle de saint Benoît dans l'empire. Il y a donc à cette époque un style de spiritualité qui s'inspire de la règle de saint Benoît. Elle va se généraliser dans la plupart des monastères et dans l'école bénédictine.
1.1.1 Spiritualité affective et pratique
L'influence de la scolastique et de la théologie n'est pas fortement sentie dans les milieux monastiques, ni dans le milieu monastique bénédictin. Ils ne prennent pas beaucoup de poids aux disputes théologiques, mais le cheminement spirituel est vécu communautairement et dans l'intérêt de l'accompagnement. En gros, c'est l'esprit de saint Grégoire le Grand qui paraît à ce moment; on est loin de Denys et des écrits dyonisiens. L'importance est mises sur l'expérience intérieure, sur les voies pour y arriver et sur le cheminement dans cette expérience. Cette facette de la spiritualité bénédictine sera reprise avec beaucoup d'insistance dans l'école cistercienne en particulier avec Guillaume de Saint-Thierry et saint Bernard dont nous reparlerons dans un instant. Il ne s'agit pas ici des expressions sensibles de la foi à travers des dévotions extérieures, mais des résonnances affectives intérieures des mystères de la foi. Les moines restent toujours réservés dans les expressions extérieures spontanées de la foi.
1.1.2 Spiritualité des mystères de la vie du Christ
On va nourrir une tendre dévotion aux mystères de la vie terrestre du Sauveur; par exemple on aura des méditations écrites sur la vie du Christ, un style de prière pour intérioriser les sentiments du Christ et des méthodes de méditation. On aura aussi des pratiques, comme de se lamenter devant un crucifix, de célébrer la nativité, la passion, la résurrection et l'ascension et les autres mystères de la vie du Christ à travers la liturgie. On aura aussi une dévotion aux cinq plaies du Christ; sainte Gertrude dira que la plaie du côté est la porte d'entrée dans le coeur du Sauveur. On s'attache à l'humanité du Christ, à sa personne physique, terrestre.
1.1.3 Spiritualité liturgique
La spiritualité est très centrée sur le culte liturgique, la messe, l'office divin, les fêtes liturgiques et le temps liturgique. La liturgie sert à rythmer toute la vie des monastères et des villages qui gravitent autour des monastères. Cette orientation lirturgique de la spiritualité bénédictine est inscrite dans la Règle de saint Benoît elle-même. Elle a commencé a prendre une grande importance dans les abbayes carolingiennes (cf saint Benoît d'Aniane). Elle va se développer en un cadre de vie qui va mème tuer le travail manuel (comme à Cluny). Au Moyen Age les monastères bénédictins auront tendance à rajouter à la liturgie des prières personnelles comme les intercessions pour les bienfaiteurs, les prières pour les défunts, les hymnes à la Vierge etc....La spiritualité bénédictine est ainsi créatrice comme l'est la dévotion populaire tou en respectant le cadre liturgique où elle s'exprime.
1.1.4 Spiritualité créatrice
Il y a donc un grand esprit de liberté. On est très inventif, très libre de ses expériences. Chaque monastère est invité à développer des dévotions particulières, à ajouter des prières à l'office, d'où il résultera des longueurs indues. Ce sont les " Preces" du Bréviaire qu'on avait avant la réforme du concile. Dans ce sens la piété en dehors de l'office est laissée un peu à la liberté de chacun. Ce sont seulement les pratiques communautaires qui sont réglementées.
1.2 Saint Anselme
Un des principaux représentants de la spiritualité bénédictine au début du Moyen Age est saint Anselme. Il est né vers 1033-4, dans le Val d'Aoste en Italie, près du Mont Blanc. Il reçoit une bonne éducation. Vers l'âge de vingt ans, il cherche un monastère et va se retrouver en Normandie à Le Bec. Il fait profession en 1060. Très tôt après trois ans, en 1063, il deviendra écolâtre ou professeur, pour les jeunes moines. Il s'intéresse à la méditation de l'Ecriture Sainte, à la formation spirituelle et intellectuelle des moines et des jeunes seigneurs.
Son école est importante; le monastère a un grand rayonnement en Normandie et en Angleterre. En 1079, il devient abbé de monastère. Il est amené à aller en Angleterre souvent et est ainsi connu de ces seigneurs. Il est choisi comme archevêque de Canterbury le 6 mars 1093. Il est mêlé à toutes les querelles entre les rois d'Angleterre et de France pour la possession des territoires. Il connaîtra deux exils et mourra en 1109.
Il est un des grands auteurs spirituels de son époque par la profondeur de sa pensée. Il annonce les grands spirituels du XIIe et XIIIe siècles. Il est aussi théologien. Les caractéristiques de son enseignement et de sa spiritualité, qu'illustrent bien la spiritualité bénédictine sont:
a) la rectitude: idéal spirituel. Il met une équivalence entre la rectitude, la vérité et la justice. La rectitude est un principe de vie, une conformité à mettre entre vie et action.
Avec la grâce, l'homme a le pouvoir de vivre de façon droite. Il fait beaucoup confiance aux possibilités de l'homme.
b) La recherche de Dieu. Il insiste sur le thème de la recherche de Dieu. Pour lui, l'homme doit chercher Dieu. Chaque croyant est quelqu'un qui cherche à découvrir le visage de son Dieu. Le psaume 26: "C'est ta face que je cherche, Seigneur".
c) La recherche intellectuelle. Cette recherche de Dieu va se faire dans une certaine recherche intellectuelle. Il est à l'origine de l'adage:" Fides quarens intellectu": la foi cherche à comprendre. Pour lui, il ne faut pas mésestimer la capacité de la raison.
2. L'école clunisienne
2.1 La congrégation de Cluny
L'école clunisienne et l'école cistercienne sont dans le prolongement de l'école bénédictine. Cluny marque le point de départ d'une réforme du monachisme. Il est le premier des ordres religieux au sens où nous l'entendons aujourd'hui, c'est-à-dire un monastère sous l'autorité d'un seul abbé ou supérieur général.
Le rôle de Cluny est très important dans la diffusion de la règle de saint Benoît. Selon les historiens il marque un sommet, une réussite exceptionnelle dans l'Eglise, due à des abbés de grande envergure et d'une exceptionnelle longévité à la tête de l'ordre. En cent quatre-vingts ans, il n'y aura que quatre abbés, dont l'un sera supérieur pendant soixante ans et un autre, pendant cinquante-deux ans. Ces abbés ont su insuffler un esprit et bâtir cette congrégation qui, à son apogée, comptait 1184 monastères sous sa dépendance.
Les débuts furent modestes. Une période de très grande prospérité et de rayonnement suivit, puis vint la décadence. Saint Bernard, au début du XIIe siècle, entre dans un tout petit monastère à Cîteaux et prendra la relève du monachisme de Cluny. Ce dernier continuera encore quelque temps, mais avec difficulté, puis sera supprimé au moment de la Révolution française
Naissance le 2 septembre 909 quand le duc d'Aquitaine donna la villa de Cluny à l'abbé Bernon qui s'installe avec douze frères. Le monastère est soumis à la règle de saint Benoît et est exempt de toute juridiction ecclésiastique autre que celle du pape. Il est immédiatement rattaché au Saint-Siège, à la basilique de Saint-Pierre et Saint-Paul. Par la suite, saint Pierre et saint Paul seront les propriétaires des abbayes. Le pape sera leur responsable. Ils payeront le cens, petite redevance annuelle, au pape, étant un peu les vassaux du pape.
L'exemption de l'autorité épiscopale et de celle des princes laïcs. C'est la source des réalisations de Cluny et la raison principale du succès de ce premier ordre monastique.
Les évêques où se trouvaient des monastères rattachés à Cluny n'avaient pas autorité sur les moines et ne pouvaient pas intervenir dans le choix des supérieurs. Il n'y avait donc pas de contrainte pour le choix des abbés, comme c'était le cas lorsque les seigneurs voulaient faire mettre des parents à la tête des monastères. Il n'y avait aucune redevance économique non plus. Cluny était un peu un vassal de Rome ne devant redevance qu'au pape.
Au Moyen Age, Cluny s'est mis sous l'autorité et la protection du pape, un peu comme un serf faisait pour sa protection. Grégoire VII se sert de Cluny pour faire sa réforme et pour mettre un frein à l'intervention de l'Empereur; cf.la querelle des deux glaives.
C'est la première fois qu'un ordre aussi centralisé et un groupe peut agir en tant que groupe aussi puissant. C'est une force de pression.

Le deuxième abbé est Odon, mort en 942; le troisième est Aymar, mort en 965; le quatrième est Maïeul qui fut abbé de 948 à 994; le cinquième est saint Odilon, abbé de 994 à 1049; il fut très important; le sixième est saint Hugues, abbé de 1049 à 1109.
La constitution de l'ordre de Cluny se fit surtout sous l'abbatiat de saint Odilon qui réunit en fédération ou ordre religieux les monastères ou prieurés qui voulaient suivre Cluny. C'est une organisation de type féodal. De ce côté, ils ne ressemblent pas aux congrégations modernes. C'est une hiérarchie verticale, pyramidale. Des monastères sont rattachés à Cluny par d'autres monastères, mais sans lien entre eux. La ligne est toujours verticale.
Cluny fonde La Charité, lequel fonde plusieurs monastères en Angleterre, dont celui de Lebes qui fonde à son tour d'autres monastères. L'abbé de Cluny ne déléguait jamais ses pouvoirs et n'avait aucun représentant. Il était presque toujours en voyage. A son apogée Cluny compte 1184 monastères répartis comme suit: 883 en France, 99 en Allemagne et Suisse, 54 en Lombardie au nord de l'Italie et 31 en Espagne.
Pour le nombre des moines, voir l'article de Knowles. Il est difficile de dire le nombre des moines là-dedans, car certains observaient les règles de loin. Il pouvait y avoir de 14,000 à 15,000 moines qui dépendaient de l'abbaye de Cluny.
2.2 L'école clunisienne
C'est toujours la spiritualité bénédictine. Ce qui caractérise Cluny c'est, avant tout, une organisation et un cadre donné au monachisme. Le monachisme va prendre une conscience plus claire de ses tâches spécifiques. On va généraliser une vision du monachisme et beaucoup de moines vont s'y identifier.
2.2.1 La première caractéristique concerne le rôle de l'abbé et la communauté.
Cluny est une fédération administrative de monastères et une fédération au point de vue des usages, des coutumes et des observances monastiques, comme la façon de célébrer l'Office, de construire les monastères, etc. L'abbé a la main sur toute la fédération.
Cluny amènera les monastères à développer des ensemble très forts. Il donnera au monachisme une puissance spirituelle et politique importante, parce que c'est à un moment où les régionalismes sont encore très forts en Europe. La plupart des abbés de Cluny ont refusé d'être pape ou évêque parce qu'ils avaient plus de pouvoir que le pape n'en avait à Rome. Cluny est la nouvelle Rome. L'Eglise est dirigée par la chancellerie de Cluny plutôt que par la chancellerie de Rome. Il y a trois types de rattachements qui renforcent cela.

a) Chaque moine fait acte de soumission personnelle à la personne même de l'abbé.
b) Chaque maison, monastère, abbaye ou prieuré accepte la règle de saint Benoît tel que l'interprète la communauté de Cluny, même pour les usages de Cluny.
c) La charte de dépendance, signée entre les monastères et Cluny, impose des obligations au plan financier et concède des privilèges, entre autres, l'exemption de la juridiction des seigneurs locaux et permet d'être rattaché au pape comme l'abbaye-mère. Les évêques et les seigneurs locaux ne peuvent intervenir. Sous Hugues, l'Eglise de Cluny était plus grande que celle de Saint-Pierre de Rome; c'était la plus grande de toute la chrétienté. Ce privilège a fait que Cluny a pu se développer et vivre une vie monastique beaucoup plus cohérente, en conformité avec la règle de saint Benoît.
2.2.2 Deuxième caractéristique: orientation intellectuelle
Les études vont être très valorisées à Cluny. Et c'est ainsi que va apparaître, petit à petit, la distinction entre moines prêtres et ceux qui ne le sont pas, ou frères convers (lais). Les premiers étaient les moines qui se consacraient aux études et à la récitation de l'Office. Pour cela, ils avaient besoin d'être aidés. De là, l'institution de ce groupe de frères, pour le travail manuel; ils étaient généralement illettrés, avaient une place spéciale au choeur, récitaient des Pater et des Ave durant l'Office et se consacraient aux travaux des champs pour faire vivre les abbayes.
C'est une dépréciation du travail manuel, d'où déséquilibre face à la règle de saint Benoît qui voulait l'Opus manuum joint à l'Opus Dei. Ils sont au service des moines. Cluny n'était pas loin de Taizé; c'est un endroit froid. Saint Bernard reprochera aux moines de réciter l'Office avec des pelisses de fourrure, d'avoir des réchauds et une nourriture particulière.
Cluny s'est recruté dans toutes les couches de la société. A cette époque, environ 5% à 10% seulement des gens savaient lire. Ils ont beaucoup de moines venant de la petite noblesse régionale et non seulement de la grande aristocratie.
2.2.3 Troisième caractéristique: Une insistance sur la magnificence dans la célébration de la liturgie.
Cluny conformément à la Règle de saint Benoît va insister sur la liturgie, mais sur un liturgie plutôt extérieur. C'est la splendeur dans la célébration des offices liturgiques qui devient la choses la plus importante. Cf. abbé Suger: par la médiation du sensible, arriver à Dieu. On va développer une architecture, l'usage de pierres précieuses, le luxe des décorations, les églises très grandes, beaucoup apparat dans les cérémonies liturgiques qui deviennent très longues, des ornements liturgiques très riches, brodés d'or.
Petit à petit, la longueur des cérémonies liturgiques devient fatiguante. On en arrive même à réciter tout le psautier chaque jour. Cet aspect est une des causes de la désaffection vis-à-vis Cluny. Ca devient une magnificence qui tourne à vide car le coeur n'y est plus. Saint Bernard prendra une option complètement à l'opposé avec les cisterciens.

Conclusion
Cluny est une réussite remarquable, mais d'autre part les raisons de son succées amenèrent son déclin. La "Congrégation" n'a pu, malgré l'action d,abbés remarquables, comme Pierre le Vénérable, se réformer de l'intérieur.
Parmi les causes de la décadence de Cluny, il y a leur réussite même, la puissance de Cluny et la suppression du noviciat pour les nouveaux moines, ce qui entraîna des sujets indésirables.
C'est de Bourgogne encore que se lèvera une semence de renouveau. Un peu comme pour Cluny, les débuts sont modestes, puis l'action d'un abbé hors du commun, en l'occurence saint Bernard, va renouveler l'Institution monastique bénédictine de l'intérieur. Notons ici qu'à partir de cette période La règle de saint Benoît a supplanté toutes les autres règles monastiques en Occident. L'histoire du monachisme désormais va se signaler par une multitudes de réformes ou retours à la règle primitive toujours en référence à la Règle de saint Benoît. La diversité du monachisme qui s'est longtemps exprimé dans des règles différentes deviendra une diversité d'usages et de coutumes rattachés à une mème rèlge.
3. L'école cistercienne
3.1 La spiritualité cistercienne
3.1.1 Première caractristique: Le retour à la stricte observance
L'école cistercienne est dans la ligne de la règle de saint Benoît. Les moines de l'abbaye de Cîteaux, sous la direction de Robert de Molesme, en 1098 vont opérer une réaction aux exagérations des monastères clunisiens. Cette réaction se caractérise par un retour à la règle de saint Benoît observée à la lettre, de façon stricte. Tous les usages ajoutés par Cluny, on les fait disparaître et on s'en tient strictement à la règle de saint Benoît.
Par exemple, le vêtement monastique est plutôt blanchâtre, fait de laine non teinte. Cluny avait un vêtement noir, donc teint. On les appellera les moines blancs qu'on opposera aux Clunisiens, appelés les moines noirs. Encore aujourd'hui, les Cisterciens de Rougement et d'Oka portent un vêtement blanc, avec un scapulaire noir par-dessus, tandis que les Bénédictins portent un vêtement noir.
Robert de Molesmes
En 1098, Quelques moines se détachent de l'abbaye bénédictine de Molesmes (rattachée à Cluny) avec leur abbé Robert et leur prieur Albéric. Leur but est de vivre dans "le nouveau monastère" inspiré par une observance intégrale de la règle de saint Benoît qui était souvent modifiées dans les monastères par des usages particuliers qui la détournaiet même de son esprit. Ils s'inspiraient aussi des Cassien et des Pères du désert.
Ils s'installent en Bourgogne à Cîteaux (de cistels qui veut dire roseaux)
Les quatre filles de Cîteaus (1098) sont La Ferté (1113), Pontigny (114) Clairvaux ( )et Morimond (1115).
Ils sont les ancêtres des Cisterciens d'aujourd'hui. Il existe aujourd'hui deux groupes de moines qui se rattachent aux Cisterciens de cette époque: les Cisterciens de la commune observance comme ceux de Rougemont, et les Cisterciens de la stricte observance comme les Trappistes d'Oka. Ils sont nés comme trappistes au XVIIe siècle. Ils originent de Normandie d'un endroit appelé la Trappe, d'où leur nom. L'abbé de Rancé, de la cour de Louis XIV, les fonda après sa conversion. Ils ont une très grande austérité. L'ordre cistercien emprunte beaucoup à Cluny. Mais la fondation de Cîteaux en 1098 est un retour aux sources du christianisme et dans le sillage de la réforme inaugurée par Grégoire VII.


3.3.2 Deuxième caractéristique: l'austérité.
Les premiers cisterciens fondent leur abbaye loin des lieux habités, dans des forêts et des lieux marécageux, afin de mener une vie consacrée uniquement à la prière. Ils vivent l'idéal du "désert", de séparation du monde, selon la règle de saint Benoît dans toute sa pureté, sans les usages ajoutés.
Ils s'inspirent des premiers moines en particulier de Cassien et des Pères du désert.
Les monastères seront très sobres. Les églises cisterciennes auront une architecture très dépouillée, peu d'ornements, des chandeliers de fer. Et le monastère lui-même ne distinguera pas trop les moines prêtres des frères convers, même si les deux existent. Mais il fait peu de différence.

3.3.3 Le rôle de l'abbé et de la communauté
La fédération des monastères est fondée sur la charte de charité. Ce ne sera plus une sorte de contrat de droits et devoirs. Mais ils vont s'aider mutuellement à progresser dans l'amour de Dieu. Le but spirituel de l'institution est mis en valeur. Les monastères sont plus décentralisés, plus autonomes. A chaque année il y aura une réunion des abbés pour faire un consensus des idées à réaliser.
Comparé à Cluny, l'ordre de Cîteaux est organisé de façon moins pyramidale. Cîteaux avait quatre filles: Clairvaux, fondé par saint Bernard et dont quatre-vingt monastères dépendaient; Pontigny qui avait seize monastères sous sa dépendance; La Ferté qui avait cinq filles; Morimond qui avait vingt-huit filles. De plus vingt-huit monastères dépendaient directement de Cîteaux.

Conclusion

Il produit des écrivains spirituels de très haute qualité, inspirés beaucoup de saint Grégoire le Grand; ainsi, saint Bernard et Guillaume de Saint-Thierry. Il développe des théologiens de l'union mystique avec Dieu, comme saint Bernard, qui auront une inspiration très grande, issue des Pères latins et grecs.


3.2 Saint Bernard, 1090-1153
3.2.1 Le personnage et son influence
Saint Bernard est le dernier des Pères de l'Eglise. Il a eu beaucoup d'influence. Il fut abbé à partir de 1515 et le sera pendant trente-huit ans. Il fera soixante-huit fondations.
Bernard est né près de Dijon, à Fontaines, d'une famille de petite noblesse bourgignonne. Sa mère s'appelait Aleth de Mombard et son père, Teacelin, finira ses jours au monastère de son fils.
a) Sa jeunesse
Il est un enfant studieux, mais ardent. Il a un caractère assez vif. Dès sa jeunesse, il a une grande piété envers Marie. Il est un enfant assez timide, avec des détentes brusques d'humeur. Il a un tempérament un peu silencieux, renfermé, dans sa jeunesse et parfois il laissait sauter la vapeur. On retrouve cela plus tard, par exemple, dans la lettre sous la pluie, lettre qu'il écrivit à un de ses neveux qui voulait quitter Cîteaux pour Cluny: on y voit sa vigueur et sa fougue.
Il va faire des études sérieuses. Vers vingt-deux ans, en 1112, il entre au monastère avec trente personnes: tous ses frères, sauf le plus jeune, ses cousins et ses amis. Cela donne une idée de son attirance et de sa force de leadership naturel. Ses amis lui resteront fidèles et le soutiendront dans son oeuvre de fondation. Son plus jeune frère et son père le rejoindront plus tard.
b) Le moine
Il entre à Cîteaux et fait un noviciat d'un an, puis fait ses voeux. Après quelques années, on lui demande de fonder à Clairvaux en 1115. Il n'est pas encore prêtre, mais le deviendra dans l'année. Ils vont aller à Clairvaux, dans la forêt. Il sera abbé en 1118, pendant trente-huit ans. En trente-trois ans, il fondera trente-huit monastères.
Il y aura un très grand nombre de moines. Clairvaux, à son apogée, compte trois cents moines. Bernard sera souvent utilisé pour le discernement dans des questions litigieuses au plan politique. Il sera arbitre de la chrétienté. Mêmes les papes référeront à lui. En 1146, il prêchera la deuxième croisade. Il a écrit un ouvrage destiné à un de ses moines devenu pape, Eugène III," De la "Considération. Ce sont des conseils au pape.
A partir de 1128, il a un rôle important au plan politique et dans les croisades. Il fonde l'Ordre des Chevaliers et s'occupe des affaires de la papauté.
c) Le théologien
Il a une activité théologique importante. Il écrit plusieurs traités dont les principaux sont: "La grâce et le libre arbitre"; "Les degrés de l'humilité et de l'orgueil"; "Le traité de l'amour de Dieu"; "Apologie à Guillaume".
En plus, on a de nombreux sermons sur les cycles liturgiques. Par exemple, le sermon sur le Cantique des Cantiques; un sur l'Evangile de l'Annonciation intitulé "Missus est"; un autre sur Marie: "De l'aqueduc", qui est très célèbre. On a attribué beaucoup de gestes de dévotion à Marie, à saint Bernard, mais ce n'est pas très juste, car il n'avait pas une dévotion sentimentale à Marie.


Session sur les courants de spiritualité pour l'Internoviciat (région de Québec)

Hermann Giguère, professeur

Tous droits réservés

Mis sur le site le 20 janvier 2001
Corrections mineures 1 décembre 2012
Corrections mineures 3 décembre 2014



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